La Revue de Presse du jour – 27/02/2019

La revue de presse… Ma pauvre dame !

Ma pauvre dame, y-a plus de saison…
On se le répète, on va beaucoup se le dire aujourd’hui…
Y a vraiment plus de saison, constate Sud-Ouest… qui annonce un record en vue pour un 27 février : 25 degrés aujourd’hui à Bordeaux ?
Sud-Ouest évoque, photos à l’appui, février comme le mois du T-shirt en terrasse… En terrasse aussi face aux cimes enneigées : tenues légères à la montagne comme on le voit cette fois dans Le Dauphiné libéré : Coup de chaud sur l’hiver…
Une interrogation : est-ce un fait exceptionnel ou le signe du réchauffement climatique ? Les avis divergent, selon Le Dauphiné… Il y a un point d’interrogation aussi pour Les Dernières nouvelles d’Alsace…

Le doute n’est pas permis pour d’autres journaux…

L’Alsace demande bien sur toute sa Une « Pourquoi fait-il si chaud ? », mais L’Alsace dans son éditorial d’évoquer… la « discordance cognitive »…
Késako ?
On parle aussi de dissonance cognitive en psychologie sociale : quand nos pensées et nos croyances entrent en contradiction les unes avec les autres…
Dans nos têtes (peut-être pas dans toutes nos têtes), tout se passe comme si la catastrophe climatique annoncée (le déluge ou la fournaise), était trop vaste pour qu’on puisse la prendre en compte…
Mais L’Alsace de rappeler que les meilleurs experts répètent qu’il reste entre 10 et 15 ans pour inverser la tendance…

En attendant, le danger est déjà là !

Danger de la pollution, mis en avant par La Provence (Alerte rouge), Le Courrier Picard (Sous le soleil, un air médiocre), Le Parisien, qui nous fait tousser… Les particules fines (que la circulation différenciée est censé limiter aujourd’hui en Ile de France et à Lille) sont à l’origine de maladies cardiovasculaires et de retard de croissance intra-utérine… Et le footing ? Pas une bonne idée ce mercredi : on respire environ 15.000 litres d’air, mais le double voire 5 fois plus (en fonction de l’effort) lorsqu’on court. Cette soupe infâme composée de particules et de gaz va dans le sang…
Sans vouloir noircir encore le tableau et faire du catastrophisme, j’ajoute (lu dans Le Parisien) des interrogations sur les stratocumulus ! Censés nous protéger de la chaleur, ces nuages sont menacés par les émissions de carbone…

Un autre printemps suivi de près dans la presse : le printemps arabe… en Algérie.

« Nous voulons un changement radical ». Le mot d’ordre qui a circulé sur les réseaux sociaux a provoqué hier des rassemblements dans de nombreuses villes du pays, raconte Le Monde.
Cette explosion de colère, alors qu’Abdelaziz Bouteflika va se représenter (ou être représenté) pour un 5ème mandat lors de l’élection présidentielle du 18 avril), cette explosion de colère en Algérie restée à l’écart des printemps arabes surprend par son ampleur, souligne La Croix.
Ces jeunes ne demandent pas grand-chose, avance Le Télégramme : un peu de foi en l’avenir exprimée par un politique qui saurait leur parler…
Mais à Paris, note La République des Pyrénées, ce qui domine c’est surtout l’inquiétude d’un chaos qui profiterait aux islamistes (et d’un exode massif)…

A propos des islamistes, reportage en Syrie sur les dernières heures du Califat…

Aux confins de la Syrie et de l’Irak, les forces kurdes et arabes s’emparent du dernier bout de territoire contrôlé par Daech… « Les dernières heures de l’Etat islamique », racontées par l’envoyé spécial du Figaro.
Adrien Jaulmes raconte la dernière position de Daech à Baghouz qui ne ressemble pas à un retranchement militaire, mais à un mélange de casse automobile et de festival en plein air après un orage de grêle…
Des combattants au milieu de civils pour empêcher les avions de la coalition de les bombarder…
Terrible image : les femmes forment une foule noire et sans visage, entourées d’enfants sales et affamées. Les orphelins forment une autre catégorie: enfants hagards ou le regard dur, marqué de rides d’adultes. Les plus âgés ont peut être combattu dans les rangs de Daech, enfants-soldats endoctrinés et élevés dans la haine des kouffar, les mécréants.
« La célébration béate de la victoire sur Daech n’est pas de rigueur, car les symptômes du mal ne sont pas vraiment soignés », tient à préciser Arnaud de La Grange dans l’éditorial du Figaro qui serait sans doute rejoint dans son analyse par le colonel François-Régis Legrier, officier sanctionné pour son parler-vrai…
Il a osé qualifier d’échec stratégique la guerre menée en Syrie sous l’égide des Américains (le tout bombardement qui détruit des cibles comme au champ de foire et, selon ce colonel, donne à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale)
Le Monde publie et fait sa Une sur ce texte du haut gradé retiré de la revue Défense nationale…
Dans cette tribune, l’officier confirme que l’information fait partie de la guerre, en expliquant qu’il faut toujours avoir un temps d’avance dans l’information car « Est cru par le plus grand nombre ce qui est affirmé en premier ».
Intéressante réflexion à l’heure du complotisme triomphant et de la communication omniprésente.

Michel Grossiord