La Revue de Presse du jour – 26/11/2018

La revue de presse… Ouvrez bien vos oreilles : le prix du pétrole dégringole…

Le baril n’a jamais été aussi bas depuis plus d’un an… Depuis le début du mois d’octobre, le recul est de 30% ! Cette dégringolade signalée par Les Echos ne se traduit pas par une baisse de même ampleur à la pompe (ça règlerait certains problèmes…) L’essence et le diesel à la station-service, c’est aussi des coûts de transports et de raffinage, des frais de change dollars-euros, et… des taxes !

Donald Trump s’attribue cette baisse dans un tweet !…

« Merci Président T » a-t-il twitté… comparant la baisse des cours du pétrole comme une grosse réduction d’impôt… Tout à ses réjouissances, qui l’on fait aussi twitté sur les « vastes manifestations » en France, Donald Trump n’a pas eu de se plonger dans les 1.656 pages de son Administration sur les changements climatiques dont les conséquences pour les Etats-Unis s’élèvent déjà à 400 milliards de dollars… Incendies de forêts, sécheresse, ouragans (qui menacent désormais l’intérieur du pays), invasion de parasites, baisse des récoltes, épidémies affectant le bétail…
Trump corrigé par son Administration qui pointe la responsabilité humaine, écrit Le Figaro.

En France, le même titre revient pour 2 sujets différents…

Le Brexit, et maintenant ? demande Le Télégramme (sujet de Une aussi de Libération, des Echos…)
Les gilets jaunes, et maintenant ? s’interroge Paris Normandie.
Les réponses commencent à se dessiner (améliorer les transports collectifs, ouvrir la concertation…). Le Figaro est doublement critique, demandant un moratoire sur les prix des carburants et condamnant je cite Yves Thréard « les élucubrations ministérielles » assimilant les gilets jaunes à une « peste brune » aux relents fascisants.
Mais Ouest-France pointe chez les manifestants, partout, une tonalité antiparlementaire. « La colère est mauvaise conseillère ».
Dans Le Parisien, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, voit la justice sociale mais aussi la démocratie en danger. L’Opinion a vu des factieux infiltrés sur les Champs Elysées, et titre : qui paiera l’addition ? En termes politiques, les partis modérés… Les autres sont pointés du doigt par Eric Le Boucher qui écrit : « Les deux champions de la récupération sont Nicolas Dupont-Aignan et François Ruffin. Le premier grâce à une démagogie qui coupe le souffle, le second avec une mise en scène de son égo qui laisse interdit. Nous avons nos sous-Mattéo Salvini et sous Beppe Grillo. Ils sont prêts. » Fin de citation.

Il flotterait donc comme un parfum d’Italie…

Le Pen-Mélenchon : un parfum d’Italie. Dans sa chronique des Echos, Cécile Cornudet part d’un constat : la fraternité des ronds-points. « Un insoumis, entendu à la radio, explique qu’« il y a des gars du Rassemblement national sur notre rond-point. J’ai constaté qu’on pensait au fond la même chose »…
Cécile Cornudet de s’interroger : une convergence l’italienne peut-elle naître sur les nouvelles barricades ? A 6 mois des élections européennes sur lesquelles elle mise beaucoup, Marine Le Pen ne semble plus en faire un tabou. En privé, elle ne voit aucun problème à ce que des voix d’extrême-gauche permettent demain au parlement européen de dégager « des majorités de voix sur des sujets précis ».

Même si un parallèle avec l’Italie est dressé, il y a une « exception française », selon plusieurs observateurs…

La violence. Se souvient-on en France, dans l’histoire contemporaine, de beaucoup d’actions collectives ayant provoqué en aussi peu de temps 2 morts, des centaines de blessés ? s’interroge Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées.
L’inculture économique, autre exception française selon Jean-Michel Bezat du Monde qui ne nie pas la souffrance sociale des manifestants, mais demande : où trouve t-on 2 citoyens sur 3 qui ne font pas confiance à l’économie de marché ? Où trouve t-on 64% de citoyens qui estiment que la lutte des classes reste une réalité (20% de plus qu’à la veille de mai 68 !)
La lutte des classes illustrée dans L’Humanité avec un « reportage » des sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot qui ont rejoint les gilets jaunes sur les Champs-Elysées… Du côté des « gueux » donc, face à la « richesse arrogante » de clients attablés à proximité : Profitez-en, ça ne va pas durer. Picolez car vous n’allez pas rire longtemps.
Les « gueux » aussi face à Emmanuel Macron dont ils contestent « la légitimité, son élection n’étant que le résultat du pouvoir de l’argent sur le monde politique » !

Michel Grossiord