La Revue de Presse du jour – 25/04/2019

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

La revue de presse… Les qualificatifs sont innombrables pour définir Jean-Pierre Marielle…

Acteur truculent, bon vivant, l’air désabusé, le verbe traînant… Une allure de seigneur revenu de tout (Le Monde)
Mort d’un seigneur, c’est la manchette de La Provence qui nous rappelle une déclaration de Jean-Pierre Marielle : « Je ne suis qu’un amateur défrayé. Je n’ai jamais rien pris au sérieux. Je n’ai pas grand-chose à dire et ne je sais pas le dire »…
Belle manière de rejeter le mythe du « grand acteur »…
Peut être pour avoir la paix, suggère Le Monde, du moins avec les cons qu’il craignait comme la peste…
Réponse en 2012 à une interview sur petits papiers de Télérama…
Les Césars ? « J’en ai rien à foutre, je suis pas un acteur de tombola. L’important, c’est devant la caméra. C’est servir un auteur, en découvrir un nouveau ». Citation rapportée par Le Parisien qui lance un « Nom de Dieu, Marielle est mort ! » Oh non, c’était le dernier des grands ducs…

On pourrait multiplier les qualificatifs…

Epicurien, inattendu, excessif…
Un vrai gentilhomme, écrit Armelle Héliot dans Le Figaro.
Une voix, puissante, bien timbrée, rocailleuse.
De l’allure. Une élégance naturelle
« Au théâtre, on aimait sa présence, cette voix magnifique et une sensibilité jamais pesante »..
Au cinéma, sa réplique préférée ?

Truculent à l’écran, on imagine aujourd’hui l’exposition aux accusations de sexisme…
Ce qui marque aussi dans la vie de Jean-Pierre Marielle, c’est la fidélité à ses amitiés de jeunesse : l’école de la rue Blanche, le Conservatoire, la Comédie Française… Belmondo, Jean Rochefort, Claude Rich, Bruno Cremer, Françoise Fabian…
On l’écoute encore…

Jean-Pierre Marielle s’est éteint à 87 ans…
Ce grand lecteur, amoureux de l’art, disait pourtant de lui-même qu’il n’était calé en rien : « Je suis décalé, pas calé. Il n’y a rien de mieux que d’être décalé »…

L’autre grand sujet à la Une des journaux, c’est «la grande explication» attendu d’Emmanuel Macron…

La grande explication, titre Le Parisien… Beaucoup de questions, les mêmes partout: quelles seront les mesures annoncées, comment va-t-il tenter de rallumer un pétard mouillé (titre de L’Opinion), a-t-il prévu des surprises pour « faire événement », selon une expression lu dans ce dernier journal…
Il y a aussi cette question : assis ou debout ?
Elle figure dans Le Parisien qui a cherché à en savoir plus sur la forme : assis ou debout ? devant ou au milieu des journalistes ?
Suspens…
Mais le même journal nous dit « en même temps » que les ministres seront sagement assis en rangs serrés pendant que le président répondra aux questions…

Et apparemment, ils vont se tenir à carreau…

« On a intérêt à bien écouter, redoute un ministre. Macron aura l’œil sur nous ».
Un autre : « S’il y en a un qui plonge sur son téléphone, même discrètement, il est mort. Ca va être deux heures de garde à vous »…
Le management par le stress…
Question : Emmanuel Macron va-t-il apprécier la couverture du Point ?
Gros titre : Le nouveau « cerveau » de Macron…
Le nouveau « cerveau » est celui d’un ministre…
Jean-Michel Blanquer. Le Point annonce « le programme du ministre de l’Education nationale pour relancer le quinquennat » (récompense du mérite, égalité des chances, anticommunautarisme, famille…)
Jean-Michel Blanquer trouve curieuse l’expression du Point sur le cerveau, « Personne ne prend possession du cerveau de personne et encore moins de celui du Président de la république »… mais l’hebdo nous remet évidemment en tête la formule prêtée à Dominique de Villepin « J’ai pris possession du cerveau de Chirac…»

Ne pas confondre vitesse et précipitation : la parole d’un autre ministre est-elle démentie ?

Ce ministre, c’est celui de la Culture, Frank Riester qui avait rappelé que pour reconstruire Notre Dame de Paris il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation.
Or, hier, un projet de loi a été présenté au Conseil des ministres pour s’affranchir des réglementations applicables à ce genre de chantier (normes et règles diverses)
Un encadrement très allégé des travaux motivé par le souhait d’Emmanuel Macron de voir les travaux d’ici 5 ans… Ca questionne, dit Le Figaro (qui par ailleurs lance un SOS pour les quelque 5.000 églises françaises menacées de délabrement…)
Sud Ouest lance de son côté un « pas si vite » à propos de Notre Dame…
Brûler les étapes, s’asseoir sur les procédures, c’est risquer de bâcler le travail, pour Christophe Lucet qui rejette l’idée de la cathédrale plongée dans le temps bref de la politique…
Une polémique après l’autre : les dons, la reconstruction à l’identique ou pas, la vitesse de la restauration… Notre confrère de Sud Ouest de juger à la fois puéril et dangereux l’idée d’adopter une allure record.. ; pour « embellir la vitrine parisienne des JO…

 

Michel Grossiord

 

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