La Revue de Presse du jour – 23/10/2018

La revue de presse ou plutôt ce matin la revue de tweets…

Un hashtag (Pas de vague)… Et soudain, l’omerta se brise…
Les profs dénoncent à la fois leur sort et leur isolement face aux violences, insultes, dégradations quotidiennes et au silence de l’éducation nationale…
Une enseignante écrit : « J’aurais aimé être soutenue lorsqu’une élève m’a tapé dessus dans un couloir de mon établissement. Mais le conseil de discipline ne l’a pas même exclue. Et on m’a expliqué qu’il fallait prendre les choses moins à cœur. Voilà la réalité du terrain. »
Une autre : « Je fais cours porte ouverte, un élève passe dans le couloir et crie ‘Madame M, sale pute !’ Première réaction de la principale : ‘Vous avez peut-être mal entendu car ce n’est pas sa version des faits’. Heureusement que j’avais une douzaine de 6ème comme témoins ».
Insultes, table retournée, jets d’objets. Un professeur de Lille raconte que sa principale lui a reproché de ne pas savoir gérer son cours. « En réponse, j’ai eu droit à une inspection, une inspection sanction… »

Une omerta est brisée, et une réalité terrible apparaît dans toute sa dimension…

Une prof remplaçante en éducation prioritaire raconte le jour où une élève mécontente de ses notes a jeté 3 œufs dans sa direction « qui ont fini sur mes cahiers ».
« J’ai eu le sentiment que l’affaire aurait été étouffée si je n’avais pas eu les collègues derrière moi. L’élève a écopé d’une exclusion de l’établissement, mais avec sursis car le brevet arrivait. »
Le pire, pour les profs, c’est de voir un élève qui n’a pas été sanctionné revenir triomphant dans la cour de récréation. « Là, dit un enseignant, vous savez que cette impunité va donner des idées aux autres, et que votre année sera encore plus difficile. »
« Une fois on m’a dit : Vous êtes payés par l’Etat, vous ne devez pas faire de vague. Cette phrase, je m’en souviendrai toujours »…
Sous le hashtag Pas de vague, une prof raconte avoir été menacée par un élève parce qu’elle écrivait un mot dans son carnet. « Après un arrêt maladie, l’Inspection me convoque : Faut se blinder mademoiselle. Y a pire. Retournez travailler. J’ai démissionné ».

Ce genre de témoignages, il y en a des pages dans les journaux du jour…

Ceux que je vous ai lu figurent dans Le Parisien, La Voix du Nord, Le Monde, Le Figaro (A l’école de la violence ordinaire. Constat d’une déliquescence généralisée de l’autorité à l’école).
L’Union : Depuis des décennies, le lent délabrement de l’Education nationale se poursuit inexorablement avec la bénédiction de l’ensemble de l’équipage du paquebot…
Le Journal de la Haute Marne appelle comme tous au respect d’autrui et à la discipline, notions que des esprits faibles ou des bisounours ont trop longtemps fait passer pour surannées ou réac. On voit aujourd’hui qu’elles sont plus que jamais nécessaires dans notre République.
La République, il en est question par ailleurs. Au sujet de Jean-Luc Mélenchon !

« La République, c’est moi », « La République, c’est nous. Eux, c’est le monde de la caste », a lancé le leader de la France insoumise, rappelle Gérard Courtois qui s’étonne à son tour dans Le Monde.
« Etrange conception de la démocratie, celle qui consiste à crier haro sur tout ce qui constitue la République : un pouvoir politique légitimé par l’élection, des institutions policières et judiciaires respectées, des contre-pouvoirs vigilants, à commencer par celui des médias ».
« Irresponsable et inquiétant dans un pays où les poisons du complotisme et de la dénonciation des élites sont déjà à l’œuvre. Le pire serait que le détestable brouet servi depuis des jours par Jean-Luc Mélenchon ne le desserve pas. »
Fin de citation de Gérard Courtois dans Le Monde, journal qui accueille dans ses colonnes les petits personnages du dessinateur Xavier Gorce, les Indégivrables…
L’un deux s’exclame « Je vous appelle à pourrir les journalistes !
-Chez nous, c’est fait, répond un autre portant keffieh princier et une hache ensanglantée…

Une information qui intéressera les lecteurs du Monde (et ses journalistes) sur l’avenir du journal…

L’actionnaire et banquier d’affaires Matthieu Pigasse avait prévu initialement de céder toutes ses parts au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, avant de se raviser.
Le sujet fait toute la Une de Libération, il pose la question de la transparence et des garanties sur les intentions des nouveaux entrants dans le capital des entreprises de presse.
On évoquait Jean-Luc Mélenchon. Le président du Sénat, Gérard Larcher, considère que le leader de la France insoumise est comme les vegans : il faudrait qu’ils acceptent l’Etat de droit. « Toutes ces destructions de boucheries sont inacceptables. Bien sûr qu’il faut contrôler l’abattage industriel. Comme vétérinaire, je sais mieux que personne que l’animal souffre, mais ça ne le fait pas accéder à la pensée humaine !
Il était en colère Gérard Larcher en vous disant cela, Guillaume, puisque ces propos sont rapportés dans un article que vous signez dans L’Opinion ?

Il parlait en passionné de zootechnie, l’étude scientifique de l’élevage des animaux…
Vous êtes ressorti de son bureau avec la recette des tripes à la fertoise…
(avec le soupçon de Calvados)
L’hebdomadaire Le 1 lance cette semaine une question sacrilège pour les amateurs de tripes et autres viandes : Et si j’arrêtais la viande ?
Le 1 nous y pousse… avec l’assurance d’un nutritionniste qu’il n’y a pas d’aliment indispensable…
Avis pas forcément partagé par les scientifiques… La vitamine B 12 n’est fourni que par des produits d’origine animale… Les vegans doivent donc prendre des compléments alimentaires…
Ceux qui se privent de produits de la mer doivent trouver d’autres sources d’iode. S’ils font aussi une croix sur les produits laitiers, ils sont mal…
Bpn appétit.

 

Michel Grossiord