La Revue de Presse du jour – 20/12/2018

La revue de presse… avec un échange imaginaire entre Emmanuel Macron et Kylian Mbappé !

C’est le président qui s’adresse au joueur star qui fête aujourd’hui ses 20 ans : « Moi aussi j’étais jeune, brillant et adulé… Mais là, je traverse une mauvaise passe ».
Dialogue imaginé par le dessinateur Ranson du Parisien, journal qui consacre un supplément de 8 pages à… Mbappé (Un « trésor » ce joueur, symbole d’excellence, d’humilité, de fraternité…)
Mbappé le surdoué… qui a connu une ascension hors norme… et l’exécutif qui n’inspire pas les mêmes qualificatifs à la presse…

Les mots sont sévères…

Les apprentis, titre Libération sur une photo du couple exécutif. Annonces démenties dans l’heure, communication défaillante, tergiversations en tout genre…
Sud Ouest invente le terme « Couacophonie »… La Montagne dit simplement cacophonie. Le Figaro n’est pas en reste, et avance que la mise en place des mesures pour le pouvoir d’achat, émaillée de cafouillages et de confusions, révèle une tension grandissante entre l’Elysée et Matignon…
L’Elysée privilégie l’apaisement social sur la rigueur budgétaire, alors que Matignon aimerait que l’un et l’autre aille de pair.
L’éditorial des Echos est titré « Gueule de bois budgétaire » : c’est celle d’Edouard Philippe…

Il y a de bonnes raisons d’avoir la gueule de bois budgétaire…

107 milliards et demi d’euros. Ce sera le déficit de l’Etat l’an prochain, la barre des 100 milliards est franchie avec les mesures de pouvoir d’achat décidées par Emmanuel Macron. L’Etat va ainsi dépenser l’an prochain 37% de plus qu’il n’encaisse de recettes !
Après la fièvre des gilets jaunes, le réveil sera difficile, préviennent Les Echos, quand L’Opinion se dit estomaqué par la rapidité avec laquelle les policiers ont obtenu satisfaction quand ils sont venus réclamer leur dû… « Au cul du camion. » Signe de l’affaiblissement du pouvoir, spectacle funeste, écrit L’Opinion (qui ne conteste pas la légitimité des revendications des policiers comme des gilets jaunes d’ailleurs)

Emmanuel Macron peut compter sur un soutien : Nicolas Sarkozy…

Ils se sont vus récemment, pour parler du plan pouvoir d’achat… « M. Macron fait ce qu’il peut, et je veux aider mon pays. Je ne le critiquerai nullement »… Nicolas Sarkozy a prononcé une conférence hier à Montpellier à l’invitation du groupe Altrad.
Il a tout de même exprimé ses réserves sur l’organisation d’un grand débat : « Le monde accélère une vitesse stupéfiante et nous, non seulement nous sommes à l’arrêt, mais nous reculons. Là, on va discuter, on va demander l’avis aux gens dans la rue pour faire quelque chose. Avec ça, vous ne ferez plus rien ! Si pour faire quelque chose tout le monde doit être d’accord, restez couchés… »
Propos de Nicolas Sarkozy rapportés par Le Midi Libre…
« Le leader doit avoir raison avant les autres, tandis que les réseaux sociaux, c’est M. Inconnu qui a plus de choses à dire que M. Einstein… »
Nicolas Sarkozy a aussi évoqué son avenir…

Son retour en politique ?

Il a semblé fermé la porte à Montpellier en précisant : « Je déteste le retour aux sources. Les seuls qui en font, c’est le saumon, et ça se termine mal ! »
Du Sarko dans le texte, un peu du Michel Audiard…
C’est pas des propos de la technostructure… les technocrates qui aujourd’hui apparaissent quand même comme de parfaits bouc émissaires, selon L’Alsace.
C’est vrai que nos élites sont à l’ouest, selon L’Opinion : nos élites, la génération au pouvoir n’a pas été confrontée à la dramaturgie de l’histoire… Elle est issue d’une poignée de grandes écoles qui n’ont guère évolué alors que le monde change à toute vitesse… Dans L’Opinion, le directeur de l’ENA, Patrick Gérard, assure d’ailleurs que les élèves de son école n’ont pas de légitimité particulière à faire de la politique…

Il est utile d’aller sur le terrain, au plus près de certaines réalités… Vous avez un conseil ?

La Dalle de la Défense à Paris. Ou plutôt sous la dalle du quartier d’affaires où siègent les fleurons du CAC 40. Un sous-sol qui offre une multitude de cachettes. Impressionnante plongée en 12 pages dans ces sous-sols où vivent une centaine de sans-abri… La Croix est partie à la rencontre pendant deux semaines de ces hommes seuls, de jeunes en errance, de femmes. Les journalistes ont aussi croisé une famille.
L’édito de La Croix se réfère à Victor Hugo qui dans un autre siècle avait voulu rendre aux misérables toute leur dignité…
On saluera aussi ce matin l’enquête des Echos sur Carlos Ghosn : récit de 4 semaines en enfer. Les coulisses du séisme qui a frappé l’Alliance Renault-Nissan. Et un coup de projecteur sur les efforts du PDG déchu (et de ses proches) pour que sa rémunération reste opaque. On comprend mieux la méfiance née côté japonais…

Avec ces deux coups de chapeau, un bonnet d’âne journalistique !

Comment le Spiegel, l’hebdomadaire allemand réputé, a été trompé par un de ses reporters vedette, primé au début du mois pour un reportage sur la guerre en Syrie…
Meilleur reportage de l’année.
C’était bidon.
De la gloire à l’opprobre pour le journaliste de 33 ans, inventif, mensonger, il n’en était pas à son coup d’essai. Citations, lieux, scènes, personnages créés de toutes pièces…
Pour expliquer son besoin d’enjoliver ses reportages, le journaliste Claas Relotius, aurait évoqué « la peur de l’échec » vu son succès grandissant…
« Je suis malade et j’ai besoin qu’on m’aide ».
On le croit ?

 

Michel Grossiord