La Revue de Presse du jour – 19/12/2018

La revue de presse… Michel, vous êtes venu avec un parapluie magique…

Je l’ai emprunté à Mary Poppins, qui fait un retour apprécié au cinéma… Merveille ! s’enflamment les critiques.
Mary Poppins revient la fois intacte et renouvelée… Chorégraphies éblouissantes. Emily Blunt relève haut le gant 54 ans après Julie Andrews…
On redescend du ciel… Ce n’est pas un parapluie mais une baguette magique qu’il faudrait pour réenchanter la France…

En un mot, toutes les catégories sociales françaises semblent « à cran »…

A cran : les policiers. Gilets bleus. Gyros bleus. « En intervention, il n’y a pas assez de casques pour tout le monde. On est tous fatigués. Physiquement et psychologiquement. Au niveau de la vie de famille, ça commence à coincer aussi » (La Voix du Nord)
A cran : les pompiers. Agressions en hausse. « Ca devient de plus en plus compliqué pour nous. On n’hésite pas à nous taper dessus » (Le Parisien)
A cran : le personnel hospitalier. Le cri d’alarme d’une ponte de l’Assistance-Publique Hôpitaux de Paris dans Libération. La neurologue Sophie Crozier témoigne : « Je vois mes équipes effondrées, je vois des gens qui pleurent tous les jours. Ils arrivent la boule au ventre. Ils enchaînent des heures supplémentaires, travaillent 12 heures de suite. »
« Je ne peux pas me résigner à voir l’hôpital couler », déclare la responsable de l’unité des urgences cardio-vasculaires à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière…

A cran, le pouvoir semble l’être aussi…

Epuisé lui aussi…
Ratés… Rectifications. Volte face hier sur les premières mesures qui ont failli être balayées… Edouard Philippe attribue à Emmanuel Macron des changements de cap continuels et épuisants, rapporte Le Canard Enchaîné, qui décrit un premier ministre très en colère. Voire déchaîné.
L’exécutif est sinon à cran, du moins « sur la corde raide », titre La Provence, journal que Bernard Tapie va ouvrir aux gilets jaunes. La salle des rotatives pour qu’ils puissent se réunir.
Les gilets jaunes sont évacués des ronds-points, mais se retranchent dans d’autres lieux : c’est le constat dressé par la presse régionale.
Les gilets jaunes, la France des ronds-points, « tout un monde qui a été abîmé et lessivé par la violence de la mondialisation », avance l’universitaire Pierre Vermeren dans Le Figaro, journal qui publie chaque jour une analyse bienveillante pour les classes populaires françaises. La fameuse France périphérique qui trouve aux ronds-points d’autres lieux de sociabilité que le supermarché. « Sait-on que plus de la moitié des femmes adultes vivent seules en France, qu’elles soient célibataires, divorcées, veuves (seules ou seules avec un ou deux enfants) ? »

Vous évoquiez des professions à cran, on peut en citer une autre : les bouchers !

Ils sont à cran mais accrocs.
« Les bouchers, accrocs mais à cran ».
Enquête signée Elsa Freyssenet dans Les Echos sur des artisans fiers de leur savoir-faire qui ont décidé de se défendre… Après avoir été malmenés par la domination de la grande distribution, les bouchers subissent désormais les attaques des véganes.
Ca met à cran…
Les artisans récusent l’élevage intensif… Ils achètent leur viande à des éleveurs qui bien souvent font le trajet jusqu’à l’abattoir avec leurs vaches pour leur éviter tout stress.
Aussi ont-ils le sentiment de payer pour les excès de l’industrie agroalimentaire… Ces 13.000 bouchers (et leurs 37.500 salariés, la profession attire de plus en plus d’apprentis), ne se voient pas du tout comme « les derniers des Mohicans ».
Et c’est là, Guillaume, que je vais lire quelques lignes qui font écorcher certaines oreilles…

Les oreilles de qui ?!

Des veganes… qui osent utiliser le terme de génocide et faire des comparaisons avec la Shoah…
Et bien, armé d’un couteau qu’il plonge dans la chair crue, le professionnel assume, je cite le boucher star Hugo Desnoyer, « la sensation de soyeux, la matière fine et délicate de la viande », le côté « sensuel, tactile » du métier »…
Notre consoeur des Echos, qui précise ne pas être une « viandarde », s’est assuré de cette approche en allant observer un jeune boucher installé près de Rennes.
Elle l’a regarder désosser méthodiquement une demi-carcasse de bœuf : la séparation minutieuse des os et de la viande (pour ne pas gaspiller), l’ « épluchage » pour dénerver et prélever les morceaux de graisse dure, la découpe qui suit toujours le tracé du muscle et le sens des fibres, le bardage et le ficelage.
Quand c’est bien tranché, on parle de « coupe glacée ».
« On n’a pas un métier de bourrin, il faut être méticuleux et un peu artiste ».
Je referme la fiche pratique de la découpe, mais il est important quand on apprécie la viande de savoir qu’elle est issue d’un animal…

Un peu de musique pour évoquer une histoire formidable…

Le minot prodige de Marseille…
Au tour du Parisien de nous présenter Mourad, 14 ans, surdoué du piano, qui a trouvé un instrument grâce à un bel élan de solidarité…
Enfant de la Castellane, Mourad faisait jusque là des kilomètres pour s’installer des heures devant un piano en libre service de la gare Saint Charles ou de la Timone…
Il y avait ses habitudes…
Mourad… 14 ans… un peu dépassé par tout ce qui lui arrive… Il va aussi falloir le protéger… Il va intégrer une école de musique, après avoir appris les morceaux (Chopin, Mozart, Bach…) et tout au début improviser avec les touches noires et toutes les touches

Michel Grossiord