La Revue de Presse du jour – 16/01/2019

La revue de presse… en forme de bulletin météo !

La Grande-Bretagne s’enfonce dans le brouillard (résument Les Dernières nouvelles d’Alsace), et Emmanuel Macron, au milieu de la tempête, entrevoit une « éclaircie salvatrice », selon Le Canard Enchaîné…

…qui s’inspire de propos rapportés du Chef de l’Etat à la fin de la semaine dernière.

Malgré la crise aiguë des gilets jaunes, il se serait félicité de l’accélération de la restructuration politique : « Il n’y a en face d’En marche ! que le Rassemblement national… La droite est démantibulée et la gauche ne va pas mieux. Avec le grand débat, nous sommes en train d’inventer une nouvelle forme de gouvernance ».

Sur ce grand débat, changement de ton de la presse… qui a bien des reproches à adresser au chef de l’Etat (sa petite phrase sur les personnes en difficulté qui déconnent… Attention aux mots qui ressortent trop souvent de son inconscient, écrit La Charente Libre. Inutile provocation, juge La Provence) mais la presse dans son ensemble salue le coup d’envoi de la grande consultation devant 600 maires normands…

Arrivé à 15 heures dans le gymnase, le président en est parti à plus de 22 heures !…

La parole des maires a été appréciée. Citons Jean-Michel Bretonnier de La Voix du Nord : « De l’air, enfin ! On avait oublié depuis 2 mois que nos nombreux problèmes peuvent être exposés avec conviction, précision et pondération. On croyait depuis 2 mois le pays menacé par la misère, voire la famine. On pensait la démocratie confisquée par une oligarchie cosmopolite. On imaginait le pays au bord de l’insurrection… »

« Et puis les maires sont apparus comme l’exact contraire des porte-parole auto-désignés des Gilets jaunes», poursuit l’éditorialiste de La Voix du Nord : il ne déblatèrent pas avachis dans un sofa, d’un ton faussement dégagé mais un œil sur les connexions pendant d’interminables et délirants Facebook live… »

Fin de citation.

Les maires ruraux encensés donc pour leur apport dans cet échange-marathon… Pour Le Midi Libre, ils ont fait prendre conscience à Emmanuel Macron de la mesure du chantier qu’il a devant lui… Une ‘éclaircie’ ? C’est sans doute un peu tôt pour le dire…

 

Autre responsable politique en grande difficulté : Theresa May…

Pas de doute, elle et son pays sont plongés dans un épais brouillard…

Elle se voit de fait dessaisie du dossier du Brexit à l’issue de sa sévère défaite au Parlement britannique… Désastreux et humiliant pour elle, résume Le Monde. Libération la voit proche de l’exit…

Pour le pays, c’est le saut dans l’inconnu, titrent à la fois Les Echos et Le Télégramme.

Mais le fiasco est à l’origine celui de David Cameron, l’ancien premier ministre par qui le Brexit est arrivé, souligne Le Figaro.

Au lendemain du référendum, qu’il était sûr de gagner, il avait annoncé sa démission devant le 10, Downing street avant de rentrer dans sa résidence en sifflotant, oubliant que son micro était toujours branché.

Depuis, David Cameron fait beaucoup de sport (jogging, tennis, surf au Costa Rica) « pendant que le reste du pays fait face au chaos », persifle de Daily Mail.

Il s’est acheté un abri de jardin de luxe, une roulotte à 30.000 euros, pour y écrire ses Mémoires dans sa maison de campagne…

 

Quelles leçons tirer de ce chaos britannique ?

Ce que nous dit le Brexit, écrit Laurent Marchand à la Une de Ouest-France, c’est qu’un référendum peut exprimer un choix, même radical, mais pas nécessairement les solutions pour le mettre en pratique.

Alors que le sujet est sur la table depuis… 2013 (depuis la convocation du référendum par David Cameron), les Brexiters ont été incapables de trouver une ligne commune au sein du parti conservateur… Incapables de définir leur future relation avec l’Union Européenne. « Comme si leur seul objectif était essentiellement la rupture, le saut dans le vide, sans se soucier des répercussions… »

Ouest-France suggère qu’il y a des leçons à tirer pour la France où la demande de référendums est en haut de certaines revendications…

« Comment écouter le peuple ? » C’est le thème de l’hebdomadaire Le 1 cette semaine… Réponse complexe : qui peut parler au nom du peuple ou plutôt le peuple peut-il parler en son propre nom et , si c’est le cas, à travers quelle voies et voix ?

(v o i e s, v o i x)

-La démocratie, quel numéro de téléphone ? pourrait-on demander en détournant le trait féroce jadis lancé par Henry Kissinger à propos de l’Europe, écrit Eric Fottorino.

 

Attention en tout cas à ne pas alimenter le sentiment de haine…

« Quel que soit le meurtrier du maire de Gdansk en Pologne, c’est l’escalade de la haine dans la vie publique qui est en cause », met en garde Sylvie Kaufmann dans Le Monde.

Un meurtre qui fait inévitablement penser à celui de la députée britannique Jo Cox, une semaine avant le référendum du Brexit en 2016…

Même toile de fond tissée de détestation, de colère et de rancœur qui s’étend d’Ouest en Est… et que l’on découvre aujourd’hui en France…

La journaliste du Monde écrit : Si un ministre (les membres du gouvernement se livrent à un nouveau rituel chaque mercredi avant le conseil des ministres, ils comparent le raffinement des dernières menaces de mort reçues), si un ministre ou un maire ou l’un des députés qui ont été la cible de menaces ou d’agressions, était assassiné demain, les Français redescendraient-ils dans la rue, unis comme il y a 4 ans ? (après les attentats djihadistes contre Charlie Hebdo, une policière et des clients d’une épicerie cacher)

« On aimerait le penser ».

 

Michel Grossiord