La Revue de Presse du jour – 15/01/2019

‌La revue de presse… Grand débat et revendication à la Une…

« On veut… du soleil ! »
C’est une manchette du jour…
L’Ardennais réclame -et ses lecteurs seront d’accord- que le soleil brille. Aucune éclaircie depuis le 1er janvier… Du coup, L’Ardennais comme L’Union de Reims donnent 5 conseils pour lutter contre la grisaille ambiante (sans lien avec le climat social) : bougez, partez, testez la luminothérapie, prémunissez-vous avec des aliments riches en vitamines D et oméga 3, devenez poète !

Tentez la revue de presse en vers, Michel…

Le journal régional donne la recette d’un psychanalyste à Reims : devenez poète plutôt que de ruminer sur le temps et de broyer du noir… « Il existe plein de nuances de gris ou de blanc pour qualifier le brouillard, cela permet d’aménager la façon dont on se projette dans le monde, dont nous préparons notre corps à affronter la météo », assure le psy.
Il faut y croire…
Comme il faut croire au succès du grand débat… Beaucoup misent sur l’échec de cet exercice démocratique sans précédent : c’est irresponsable et dangereux, pour Le Monde. Parier sur son succès relève certes de la foi du charbonnier, mais l’essentiel aujourd’hui est d’y participer…

Des incitations à participer dans la presse du jour…

De La Montagne (qui lance « C’est l’affaire de tous ») à Sud-Ouest, en passant par La République des Pyrénées et Libérationn Ouest-France : mot d’ordre : il faut donner sa chance au débat… et même qu’il réussisse. Si Emmanuel Macron rate cette étape, les dégâts pour lui comme pour le pays seront considérables…
Je parle d’un mot d’ordre de la presse, disons plutôt encouragement raisonné pour éviter la sanction populiste…
La presse n’a pas bonne presse et n’est guère en état de prescrire un comportement (contrairement aux réseaux sociaux)…
Mais la presse sonne l’alarme sur les violences qui s’abattent contre les journalistes. Un « vent mauvais qui souffle sur la liberté de la presse et une escalade de la haine » longuement analysés par Le Figaro…

Les brutalités du week-end sont rappelées…

Bourges. Une douzaine de personnes organisées en « milice », rapporte le reporter de BFM-TV, s’est mise à procéder à des contrôles d’identité… Quand ils n’entonnaient pas le chant de la « quenelle »…
Toulouse. Une jeune pigiste pour La Dépêche du Midi encerclée par un groupe d’individus cagoulés, et menacée de viol.
Rouen : une équipe de LCI attaquée, son agent de sécurité violemment frappé au sol.
A Valenciennes, les pompiers ont dû intervenir pour des feux de poubelles derrière les bureaux de La Voix du Nord…
Dans ce journal, qui n’avait pas pu être distribué samedi dans ce secteur après le blocage d’un dépôt, Hervé Fabre constate désabusé : « Hier, on recommandait aux reporters couvrant des manifestations à risque de mettre un brassard presse, aujourd’hui on leur recommande de mettre un casque mais surtout pas de brassard presse… Pour les équipes de télévision, le recours à des gardes du corps devient pratique courante. Voilà où on en est aux pays des Lumières, des droits de l’homme et de la liberté de la presse.

Tentative d’explication ?

Le directeur général de La Voix du Nord, Gabriel d’Harcourt, pointe la responsabilité des politiques : majeure selon lui.
Le Figaro cite Sarkozy, Fillon et Marine Le Pen qui font siffler les médias en meeting, Mélenchon et « la haine saine et juste des médias », Macron qui accuse « une presse qui ne cherche plus la vérité » au moment de l’affaire Benalla…
Mais ce n’est pas la seule explication pour Valérie Toranian dans La Revue des deux mondes… La haine remonte à plus loin, selon elle. « Pendant des années, écrit-elle, les médias n’ont pas été, y compris et surtout à gauche, des relais, des vigiles, des lanceurs d’alerte de la condition des classes moyennes de cette France périphérique et déclassée.
Que de silences, que de péchés par omission à propos des oubliés du système… Le ras le bol du système d’assistanat qui exaspère ceux qui travaillent et n’arrivent pas à joindre les deux bouts ? Du poujadisme. La défiance envers l’Europe ? Du populisme de bas étage. Les inquiétudes sur l’immigration ? Du racisme.
Une auto-critique s’impose, comme l’a suggéré Jean-François Kahn…

Vous avez évoqué la France pays des Lumières… Elle ne l’est plus aux yeux des deux plus grands écrivains algériens…

Le Figaro a réuni Kamel Daoud et Boualem Sansal pour une conversation sur l’Algérie, l’islam, la France et leur maître commun Albert Camus…
Ces deux figures de la vie littéraire se respectent et se retrouvent : adversaires des islamistes et du régime de Bouteflika… Censurés dans leur pays, tous deux défient les bigots et les fanatiques…
Daoud raconte comment adolescent , tenté de choisir le prêcheur, le piège s’était refermé sur lui : « Le seul moyen de sortir de la caserne, c’était la mosquée ». Ce qui sauvera le jeune homme, c’est la lecture et l’écriture. « La culture est vraiment vitale. Vitale pour sauver les gens. Il faut transmettre aux jeunes le maximum de culture pour leur permettre de se prémunir contre les manipulations religieuses et les idéologies les plus morbides. »
Kamel Daoud et Boualem Sansal vivent toujours en Algérie et hésitent à s’exiler pour rejoindre la France en quête de sécurité… Car notre pays leur apparaît désormais de moins en moins comme la nation de Voltaire et de plus en plus comme le pays de Soumission de Houellebecq.

Michel Grossiord