La Revue de Presse du jour – 14/09/2018

La revue de presse… une fois n’est pas coutume, un peu de coloriage pour commencer !

Sortez les crayons de couleurs !
Jaune pour la coiffure de Madame…
Bleu pour la cravate de Monsieur…
Rouge pour le collier de Nemo…

Nemo ?… Le chien du président.

Bien vu. Je vous présente les « goodies » siglés Elysée… En Français : les produits dérivés.
A l’occasion des Journées du patrimoine, la présidence de la République lance une série d’articles en vente dans une boutique éphémère à l’Elysée ce week-end (également en ligne).
Croquignolesque. Le t-shirt avec ce mot présidentiel est venu 55 euros… Il y a aussi « Poudre de perlipinpin » (même prix). Mais l’autodérision ne va pas jusqu’à proposer un t-shirt floqué de l’inscription « Gaulois réfractaires » ou « Pognon de dingue »…
Le sweat shirt est pour les premiers de cordée (115 euros), mais les profits des vêtements, mugs, macarons bleu-blanc-rouge (cassis-vanille-framboise, Pierre Hermé s’il vous plait) et cahiers de coloriage (que du made in France) financeront la restauration du patrimoine élyséen, précise Le Parisien qui souligne le risque de surjouer la personnalisation du pouvoir… On trouve ce genre de boutique à l’Assemblée nationale aussi…

Personnalisation dans un autre domaine : Emmanuel Macron veut rejouer le duel de la présidentielle…

Il s’y prépare en tout cas, la stratégie du Chef de l’Etat s’organise autour de cet affrontement, écrit Le Figaro qui publie un sondage plaçant les listes La République en marche et Rassemblement national au coude à coude pour le scrutin de mai prochain…
« Les Européennes seront-elle la revanche du second tour de la présidentielle ? »
Une compétition entre « progressistes » et « populistes »…
Ou, clivage préféré par François Bayrou (qui fera liste commune avec La République en marche), entre « démocrates » et « démagogues » : « Le populisme, je n’aime pas cette expression. Je ne leur concède pas le peuple », explique le président du Modem à Marion Mourgues du Figaro…
On retrouve aussi François Bayrou dans Les Echos week-end… dans le registre critique… Une critique contenue. Et en même temps.
Emmanuel Macron est pour lui « un personnage hors norme et hors du moule », le meilleur président depuis Mitterrand, mais il est victime… de son entourage (les grands corps, la technocratie)…
Cibler les entourages plutôt que le chef, le procédé est vieux comme le monde, souligne Elsa Freyssenet… François Bayrou met bel et bien en garde le Chef de l’Etat : il faut que sa promesse se réalise… Dans Le Figaro, il veut que le président retrouve avec les Français l’élan du printemps 2017…

Avec lui à Matignon ?

La logique des institutions est que le premier ministre reste 5 ans, affirme t-il dans Le Figaro, mais pour Les Echos week-end, François Bayrou caresse encore l’idée que la porte de Matignon ne lui est pas fermée pour toujours.
Les Echos comme l’ensemble de la presse relèvent que le Chef de l’Etat a envoyé hier des signaux à la gauche : plan pauvreté, reconnaissance de la torture durant la guerre d’Algérie…
Les mesures pour éradiquer la pauvreté sont diversement commentées… Une bonne orientation. Insuffisantes…
La relance du débat mémoriel sur la guerre d’Algérie divise aussi. Grande satisfaction de L’Humanité, mais réserves du Midi libre, qui en raison de sa situation géographique, se soucient des harkis (pour qui des mesures vont être étudiées), les harkis, « fidèles serviteurs de la République abandonnés, massacrés par milliers, oubliés dans des camps de transit comme celui de Rivesaltes ».
« Une injustice pour leurs enfants auxquels il faudra aussi, un jour ou l’autre demander pardon », écrit Jean-Michel Servant dans Midi Libre…
Même tonalité dans Le Figaro qui mentionne la répression implacable de l’armée française mais aussi la terreur instaurée par le FLN…
« Il revient en priorité au Chef de l’Etat d’enjoindre aux jeunes Français (descendants des protagonistes de la guerre d’Algérie) de regarder l’avenir, c’est-à-dire de le construire », écrit Etienne de Montety dans l’édito du Figaro…

Terminons par là où nous avons commencé : le patrimoine…

La passion des Français va s’exprimer ce week-end… 35ème journées européennes… 17.000 monuments seront visités par des dizaines de milliers de Français… souvent prêts à faire la queue de longues heures
Passion pour les vieilles pierres, comme dit Paris Normandie… qui nous présente un restaurateur patient…
La presse régionale se mobilise, citant par exemple les vacheries, petites constructions (qui abritaient les vaches, les bergers jusque dans les années 50), en danger dans la vallée de la Vésubie, au dessus de Nice…
Alain Rémond lance un Sauvons les vacheries dans La Croix… mais il range aussi les vacheries au sens de perfidies, remarques « vachardes » dans notre patrimoine immatériel…
Il en cite une, mémorable…
Un jour, dans un couloir du Figaro, François Mauriac croise Michel Droit, besogneux plumitif et servile intervieweur du général de Gaulle, qui a un pied dans le plâtre…
Et Mauriac, de sa voix flûtée, la main devant la bouche, de s’apitoyer : « Oh, mon pauvre monsieur ! Mais comment allez-vous faire pour écrire ? »

 

Michel Grossiord