La Revue de Presse du jour – 14/01/2019

La revue de presse… avec un vœu !

Un journal ose braver le scepticisme dominant qui entoure le lancement du grand débat nationale: Les Echos.
« Faisons un vœu », lance, audacieux, Guillaume Maujean. Que ce débat remette un peu de raison sur la place publique, et repousse ces passions tristes (la haine, la peur, la colère ou le mensonge) qui sont en train de triompher en Italie, aux Etats-Unis ou en Hongrie…
Demain en France ? Libération ironise avec son jeu de mots du jour, « Macron dégaine l’épistolaire », mais glisse qu’en cas d’échec, il ne resterait à Emmanuel Macron que la dissolution de l’Assemblée nationale dont chacun s’accorde à considérer qu’elle pourrait déboucher sur un raz de marée populiste…
Conditionnel et euphémisme sous la plume de nos confrères de Libération qui évoquent « l’humeur plus que grincheuse du pays »…

Grincheuse, c’est peu de le dire…

Le noyau dur des gilets jaunes est déterminé à engager une lutte sur la durée, avance dans Le Figaro Jérôme Fourquet de l’IFOP.
« Toute cette France en bas du millefeuille ne prête qu’une oreille très distraite à ce qui se dit dans les médias traditionnels, canaux choisis pour la publication de la lettre présidentielle »…
Cette lettre, on la trouve évidemment dans tous les journaux. Mais Le Progrès de Lyon juge nécessaire de se justifier : s’il faut y voir un engagement de notre part, c’est sans ambiguïté celui de participer au débat démocratique de notre pays… Ce n’est pas un engagement politique ou idéologique…
Et le journal de rappeler qu’il a aussi beaucoup donné la parole aux occupants des ronds-points…
Apparemment, les attaques de plus en plus violentes de journalistes, les tentatives de bloquer l’impression de certains quotidiens régionaux amènent à ce genre de justifications !…

Justification encore, cette fois de BFM TV…

« Pas de regret sur le traitement des gilets jaunes », assure dans Les Echos le directeur général de la chaîne d’information leader, mais Hervé Béroud reconnait, je cite, des imperfections : « Donner la parole à des gens que nous ne connaissons pas est compliqué. Je reconnais qu’il est arrivé que des personnes disent des choses inexactes à l’antenne et que d’autres n’ont pas été suffisamment reprises sur ce qu’elles disaient ».
Pour L’Opinion, ce sont les cahiers de doléances ouverts dans les mairies qu’il faudrait corriger sur ce qu’ils disent… Eric Le Boucher y a lu des suggestions sans cohérence d’ensemble mais relevant, écrit-il, de la pensée cégétiste, un édifice idéologique si bien entretenu depuis 30 ans.
L’Humanité, de son côté, tire à boulets rouges contre le grand débat, y voyant une ruse d’Emmanuel Macron. Edito du journal communiste titré Lettre morte, lettre qu’on ne lit pas dans L’Huma qui juge que cette lettre est une provocation…
Débattre plutôt que s’affronter, c’est le leitmotiv de Ouest-France et de La Croix, du Figaro et du Parisien qui relève que le cadre fixé par le Chef de l’Etat est finalement plus large que ce que certains imaginaient puisqu’il va jusqu’à évoquer le thème de l’immigration.

Mais tout le monde s’accorde sur l’idée que c’est la dernière chance pour Emmanuel Macron…

Quitte ou double ? s’interroge La Provence qui compare sa lettre à une séance d’humilité
Une dernière chance, confirme Le Figaro. En tout cas s’il veut régler la crise autrement que par des scénarios politiques catastrophes pour lui !
La Croix juge qu’il manque désormais à Emmanuel Macron « la crédibilité nécessaire pour convaincre qu’il va vraiment lutter contre les fractures sociales et territoriales »… La Croix glisse tout de même en page intérieure, « Grand débat, et si ça marchait ? »
La Croix ne parle pas de miracle, mais croit aux miracles, peut être pas en politique…

Pessimisme, humeur « grincheuse »… Rien sur le versant de l’optimisme clairement assumé ?

Rien, mais un remède peut être.
La France est le peuple le plus déprimé de la planète, nous ont appris certaines études. La confiance des ménages a chuté depuis décembre. Ajoutez à cela la dépression hivernale…
Que faire ?
Changer son alimentation. Pour agir sur les neurones de notre intestin…
L’alimentation favorise (aussi) la dépression. La mauvaise qualité de ce que nous avalons jouerait un rôle de premier plan dans la montée des troubles dépressifs observée en France, lit-on, assez stupéfié, dans Les Echos.
A la lumière des découvertes scientifiques récentes, on peut affirmer que la dépression se joue aussi en partie dans notre assiette… car on mange des aliments de plus en plus riches en sucres raffinés et en graisses saturées… Aliments qui affaiblissent notre défense immunitaire…
Ordonnance donc pour tous les Français : une cure de vitamine D.

Michel Grossiord