La Revue de Presse du jour – 13/12/2018

La revue de presse… Le choc, l’émotion et des questions dans les journaux…

Le choc d’une nuit de terreur. La chasse à l’homme. Bien sûr l’émotion après la profanation… « Un attentat terroriste est une profanation », écrivent Les Dernières nouvelles d’Alsace. « Il souille l’image que nous nous faisons d’une ville fière de ses valeurs, parmi lesquelles la tolérance et la curiosité d’esprit viennent en tête ».
Les questions. La presse (Le Courrier Picard ou Libération) dénonce « le concours de critiques à la Wauquiez ou Le Pen pour dénoncer la politique du gouvernement face aux fichés S, « simple logique d’opportunisme qui ne répond pas à l’ampleur de la menace ».
Pour autant, souligne Le Figaro, ce débat qui ressurgit à chaque attentat sur l’utilité de ces fameuses fiches S, renforce aux yeux de l’opinion le sentiment de faiblesse d’un Etat incapable d’empêcher un individu pourtant identifié de passer à l’acte…

La presse donc de poser des questions…

Il est légitime de s’interroger sur la manière de mieux conduire cette guerre conduite sur notre sol… Position exprimée par L’Est Républicain.
La Montagne pose 3 questions :
-Premièrement, quand le fichier S sera-t-il réellement clarifié pour cibler les jihadistes potentiels…
-Deuxièmement, comment imaginer un milieu carcéral qui ne soit pas une école du djihad ?
-Troisièmement, comment traiter tous les djihadistes aujourd’hui détenus qui vont être bientôt libérés ?
Le Figaro estime que seuls les aveugles ignorent que s’est installée par endroits sur notre territoire une contre-société où des individus vivent, trafiquent et préparent leurs crimes avec en commun la haine de la France… Des individus qui vivent « au carrefour entre la délinquance, la salafisme et la prison », expose Gilles Kepel, grand spécialiste de l’islamisme…

Il insiste justement sur le terreau des prisons…

Les conditions d’incarcération font qu’un certain nombre de braqueurs issus de quartiers « sensibles » se convertissent facilement au djihadisme quand ils retrouvent derrière les barreaux des amis passés par la Syrie…
Gilles Kepel pointe le déni complet qui fut longtemps celui de l’Administration pénitentiaire face à l’importance idéologique de la propagande djihadiste… On s’est principalement intéressé à la psychologie des djihadistes et à leurs capacités affectives (ils devaient jouer avec des peluches et faire du sport pour revenir dans le droit chemin). Nous en payons aujourd’hui les conséquences.

Gilles Kepel situe l’attentat de Strasbourg dans le contexte de la crise des gilets jaunes…

Il a observé que depuis le mouvement des gilets jaunes, les sites djihadistes qui émettent depuis la Syrie ont multiplié photos et commentaires sur les manifestations en France. « Il semble, déclare Gilles Kepel, que ces événements ont donné une forme de courage après l’abattement dans lequel les avaient placés la chute de Raqqa. Pour eux, c’est le signe que la société française a des faiblesses et des failles profondes dans lesquelles il est possible de se glisser. » Fin de citation de l’auteur de Sortir du chaos.

Les appels à la suspension des manifestations se multiplient d’ailleurs dans la presse…

Si L’Humanité estime, je cite, que des forces politiques s’efforcent d’alimenter les peurs pour occulter la force de l’urgence sociale et démocratique, La Voix du Nord juge que les responsables politiques devraient appeler à la suspension des manifestations qui mobilisent les forces de l’ordre depuis un mois.
Le Midi Libre hausse le ton : tout en trouvant attachant le mouvement des gilets jaunes (Le Figaro le dit aussi à travers son reportage sur la mobilisation des femmes aux carrefours solidarité, fraternité)… tout en trouvant attachant le mouvement des gilets jaunes, Le Midi Libre lui trouve un visage inquiétant avec le torrent d’absurdités que véhiculent sans filtre les réseaux sociaux…
Les réseaux sociaux mais aussi les chaînes d’info en continue, ajoute toujours dans Le Midi Libre le sociologue des médias Dominique Wolton : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui, qui dit n’importe quoi dans la rue. Oui à l’expression à condition de ne pas la confondre avec l’information ».
Dans Libération, le secrétaire de la CFDT (devenu le 1er syndicat de France) Laurent Berger dit qu’il n’est pas fasciné par ces gilets jaunes, des choses sous-jacentes le gênent… (Laurent Berger n’apprécie pas la contestation de la démocratie représentative et se méfie de la démocratie participative à tous crins)

Bien sûr le complotisme est dénoncé ce matin….

La théorie du « comme par hasard »… soupire La Charente Libre
Mardi soir, certaines victimes de l’attentat de Strasbourg gisaient encore dans les rues de la capitale alsacienne que les réseaux sociaux déversaient flots d’idioties et torrents d’indignité, déplore Paris Normandie…
L’ignominie s’ajoute à l’horreur… C’est ce qu’on a vécu toute la journée d’hier.

 

Michel Grossiord