La Revue de Presse du jour – 12/12/2018

La revue de presse… avec le retour de l’horreur.

Horreur, terreur, carnage, les mots reviennent à la Une… Le tireur, identifié grâce à des caméras de vidéo surveillance, était connu pour des faits de droit commun, mais fiché S… pour sa radicalisation islamiste en prison.

Le marché de Noël de Strasbourg était une cible bien identifiée…

Comme la Tour Eiffel et d’autres symboles, le marché traditionnel au cœur de Strasbourg était depuis longtemps dans le collimateur des terroristes islamistes, rappelle Le Figaro.
Il y a bientôt 20 ans, un groupe allié à Al Qaïda, avait ainsi préparé un attentat pour Noël 2000.
Strasbourg et sa région, comme les régions lyonnaise ou parisienne, sont connus depuis des décennies comme un bastion de l’islam radical. Au printemps dernier, un élu local n’hésitait pas à affirmer qu’un dixième des individus fichés S en France résidaient sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg…
L’an dernier, plus de 200 personnes résidant dans le Bas-Rhin étaient inscrites dans le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.
Le Figaro ne manque pas de souligner que la sanglante fusillade a éclaté alors que le pays s’enlise depuis un mois dans une spirale de violences en marge du mouvement des gilets jaunes…

Une juxtaposition de faits qui favorise les thèses complotistes…

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour lire sur Facebook des commentaires sur une supposée diversion fomentée par les autorités…
Rumeurs les plus tordues, volonté permanente de jeter le discrédit, méfiance vis-à-vis des discours officiels et des médias… Le complotisme s’est emparé d’une partie des gilets jaunes… Le populisme se nourrit de ce nouveau conspirationnisme, alors que l’on pourrait évoquer l’un des essais marquants de la rentrée : Un temps pour haïr de Marc Weitzmann.
Le journaliste et écrivain note que le basculement des islamistes dans une logique identitaire les fait converger avec les populistes…

Les Unes des journaux témoignent que nous avons basculé en « urgence attentat »…

Partout, les mêmes photos de Strasbourg hier soir… Les illuminations de Noël… Les membres de l’opération Sentinelle. Des policiers leur arme braquées sur un assaillant toujours introuvable, cliché choisi par Les Dernières nouvelles d’Alsace…
Manchette des DNA : Terreur à Strasbourg.
Le journal note que le tireur n’a même pas cherché à éviter les importantes mesures dites de sécurité, pieusement multipliées au centre-ville, mesures qui au moment fatidique se sont révélées vaines…
« Quiconque veut commettre un attentat peut le faire aisément », constate Dominique Jung, l’homme aurait pu tuer n’importe où, à la gare SNCF par exemple qui est hors des checks points, mais il a choisi de défier les contrôles avant de commettre ses crimes tout près de la cathédrale et de s’enfuir malgré les patrouilles policières et militaires.
Les barres de bêton peuvent arrêter un camion-bélier, pas un homme déterminé dont la foule paisible est la meilleure protection avant d’être la cible.
(Notons que les DNA n’ont pas pu être imprimées hier soir, l’accès des ouvriers aux rotatives n’a pas été autorisé dans le cadre des mesures de confinement)

Tous les journaux ont bien sûr refait leurs Une…

Tous, y compris Libération. Mais à moitié. Moins même puisque les trois quarts de la Une restent consacrées, je cite, au « retour sur une humiliation »…
L’histoire des 150 lycéens de Mantes-la-Jolie interpellés jeudi dernier par la police à la suite de scènes de grandes violences…
150 ados interpellés et priés par des policiers pas assez nombreux à s’agenouiller, en mettant les mains derrière eux ou sur la tête…
Carnage à Strasbourg, HUMILIATION à Mantes-la-Jolie…
La photo à la Une, dans son flou, suggère ce que le journal exprime clairement : l’image de cette « humiliation massive » par « des policiers bottés et masqués » fait penser aux pays « soumis à la dictature ».
L’édito de Libération est titré… « Soumission », mais il ne s’agit pas d’une référence au livre de Michel Houellebecq sur une France soumise à une autre forme de dictature…
Bref, cette Une provoque des indignations en cascade depuis hier soir, depuis hier soir des policiers poursuivent la traque du tireur de Strasbourg…
Le philosophe Raphaël Enthoven a moqué ce désir éperdu de certains de « vivre » en dictature : désarroi de révolutionnaires sans cause.
On pourra aussi lire dans Le Monde la réalité d’une répression. En Turquie. Séquestration et torture… Une centaine d’opposants au régime ont été enlevés à l’étranger, de l’aveu même des autorités…

Que devient le mouvement des gilets jaunes ?

Nous sommes à l’heure des comptes, pour plusieurs journaux. Le commissaire européen Pierre Moscovici se montre bienveillant, dans une interview au Parisien, sur le dérapage attendu du déficit…
Il fait une différence avec le cas italien… ce qui va alimenter la polémique, alors que Le Figaro souligne que la crédibilité de la France en Europe en sortira affaiblie…
Comme celle d’Emmanuel Macron qui a reçu ces derniers jours un renfort…
Un conseiller de l’ombre nommé Nicolas Sarkozy, qui a été reçu à l’Elysée vendredi dernier à l’heure du déjeuner, à l’invitation de Nicolas Sarkozy. Information de Valeurs actuelles confirmées par Le Monde…
Il a glissé des conseils au chef de l’Etat… et a été entendu sur certaines mesures annoncées lundi (la défiscalisation des heures supplémentaires)…
Donc une influence réelle, assumée d’ailleurs par l’exécutif alors qu’un proche d’Emmanuel Macron va jusqu’à présenter l’ex-président comme le « corédacteur du discours de l’actuel chef de l’Etat.
« C’est totalement faux », jure l’entourage de M. Sarkozy qui dresse le portrait d’un homme « en retrait de la vie politique », uniquement prêt à « partager son expérience pour le bien de la démocratie. »

 

Michel Grossiord