La Revue de Presse du jour – 12/11/18

La revue de presse… La paix, d’abord !

Ce 11 novembre du centenaire de l’armistice fut inédit et inquiet, souligne La Croix.
La presse reçoit 5 sur 5 la mise en garde d’Emmanuel Macron contre le retour du nationalisme qui a mené aux deux guerres mondiales du XXème siècle…
Mais est-ce le cas des 72 dirigeants mondiaux présents ce week-end à Paris ?
La paix, d’abord ! L’Amérique d’abord, dit Donald Trump qui a tout fait pour afficher son unilatéralisme forcené, constate La Nouvelle République. Lui et Poutine restent des adeptes du rapport de forces permanent, déplore de son côté L’Alsace…

Mais l’image, les images des cérémonies étaient belles…

Et émouvantes.
Reste que la convocation des symboles ne suffira pas, prévient Le Figaro. Un sursaut s’impose, celui de l’Europe traversée par les divisions.
Le discours d’Emmanuel Macron était aussi politique (souligne Le Monde) en vue des prochaines élections européennes : il se pose en héraut de l’ouverture, du multilatéralisme face au nationalisme et aux mouvements populistes…
Le chef de l’Etat s’apprête néanmoins à modifier son discours politique, avance L’Opinion : il change même son fusil d’épaule, selon ce quotidien. Au revoir la confrontation progressistes-nationalistes peu porteuse en France et mal accueillie en Europe, au profit de la « souveraineté » de l’Union européenne…

La paix d’abord… mais de nouveaux fantômes rodent !

La guerre a déjà changé de nature avec les armes numériques : désinformation, manipulation de l’opinion, déstabilisation voire prise de contrôle d’infrastructures stratégiques (hôpitaux, grandes entreprises, transport, distribution d’eau, d’énergie…)
A l’occasion du Forum sur la gouvernance de l’Internet, Emmanuel Macron va lancer aujourd’hui un nouvel appel. Pour un cyberespace plus sûr. C’est la Une de Libération qui parle des cyberattaques comme d’une nouvelle guerre froide.

L’usage des réseaux sociaux ne connaît pas de limites…

En temps de paix, les Etats y ont recours… et la France d’y envoyer une armée un peu particulière. Toute pacifique, mais non sans intention claire. Les agents du fisc !
Nous en avons parlé ce matin sur Radio classique, et Les Echos d’entrer dans les détails de cette cyberguerre aux fraudeurs potentiels : Bercy va tester la surveillance des réseaux sociaux…
Big Brother is watching you (voiture de luxe, residence secondaire non déclarée); Big brother is taxing you.
L’administration fiscale va pouvoir “liker” les messages des utilisateurs de Facebook, du moins ceux qui exposent certains éléments de leur train de vie peu en rapport avec leurs revenus declares…
Une vingtaine d’agents fait déjà tourner les algorithmes qui croisent comptes bancaires, factures EDF… et donc demain publications Facebook pour déceler des comportements s’écartant de la moyenne…

Il vaut mieux crier misère sur les réseaux sociaux donc, pour ne pas soulever trop de curiosité…

Crier misère, ou à tout le moins se plaindre du recul de son pouvoir d’achat, un penchant qui mobilise aussi les pouvoirs publics : réunion ce matin à Matignon pour trouver des réponses à la hausse du carburant…
Débat sur la hausse ou la baisse du pouvoir d’achat des Français. Pour L’Opinion, l’écart entre la perception de l’opinion publique et la progression réelle du pouvoir d’achat n’a jamais été aussi importante. En 20 ans, nous nous sommes aussi créé de nouveaux besoins (abonnements divers dont le téléphone).
L’Opinion parle d’une grande méprise, mais les retraités ont fait leurs comptes, on les retrouve dans Le Midi Libre qui titre ainsi son numéro du jour : Pouvoir d’achat, nos solutions… Témoignages, astuces, innovations… Du garage libre (où vous pouvez louer votre pont élévateur et tous les outils… et vous faire aider) aux paniers surprises avec des invendus à petit prix… Plutôt que le restau, des repas entre voisins…
Evidemment, ça met en péril des pans entiers de l’économie, reconnait un prof de Sup de co Montpellier…

Autre regard sur un pouvoir d’achat qui s’effondre : au Vénézuela…

« J’ai voulu boire un soda, ça coûtait un sixième de mon salaire… » Ainsi est titré le reportage de Libération au Vénézuela où la situation se dégrade encore…
Avec l’hyperinflation, le pouvoir a beau augmenter les salaires, ils ne valent plus rien dès le lendemain parce que les prix ont déjà doublé…
Un professeur raconte qui doit faire du troc pour s’en sortir… J’échange un peu de sucre contre un bout de pain, ou du pain contre du poulet, et ainsi de suite.
Salaire minimum : 1.800 bolivars souverains (avant la dévaluation, c’était 180 millions de bolivars), soit 24 euros (en réalité 7 euros au taux de change parallèle considéré comme la valeur de référence du marché)…

Restons dans les grands débats sociaux…

La retraite, autre sujet sensible avec le pouvoir d’achat… Les négociations se corsent, précisent Le Figaro Economie. On entre dans le dur, la question explosive des points…
Là encore comparaison n’est pas raison, mais la plongée dans l’article des Echos sur la retraite au Japon fait frémir : l’idée du gouvernement est de faire travailler plus longtemps (au-delà de 70 ans) pour gagner moins… On trouve déjà au Japon des chauffeurs de taxis de 75 ans, des grands-mères qui servent au Mc Do… Il faut dire qu’un dicton dit : qui ne travaille pas, ne mérite pas de manger…
En France, les syndicats sont donc sur le pied de guerre, mais FO est encore plus affaiblie ce matin. Le Parisien révèle les comptes dans le rouge du syndicat (64% de subventions dans le budget) et des faits « accablants » dit le journal : après le fichier illicite de basse police, on découvre les notes de frais salées des cadres de FO (jusqu’à des milliers d’euros chez Air France pour des déplacements fin juillet), des salaires confortables (plus de 100.000 euros brut par an pour Jean-Claude Mailly)…
Opération vengeance de Pascal Pavageau ? Non, lui aussi est épinglé comme l’un des plus dépensier comme secrétaire confédéral chargé de l’économie…
Edito du Parisien titré Faillite.

 

Michel Grossiord