La Revue de Presse du jour – 11/12/2018

La revue de presse… Les journaux parlent d’un tournant, mais pas Emmanuel Macron !

Un virage social, annonce en gros La Montagne. C’est aussi le titre de l’éditorial de Ouest-France…
Le tournant social, confirme Le Télégramme…
Virage, tournant… Emmanuel Macron n’en a parlé à aucun moment, observe Le Monde pour qui le Chef de l’Etat concède plutôt que manger son chapeau…
Mais lui guette un tournant : celui de l’opinion publique… A l’évidence, hier soir, Emmanuel Macron ne s’adressait pas seulement aux gilets jaunes (pour qui le compte n’y est pas, constate La Voix du Nord, mais peut-il en aller autrement ? Ils sont -insatiables- installés dans une forme de routine, la contestation permanente, juge L’Opinion).
Emmanuel Macron donc ne s’adressait pas hier soir aux seuls gilets jaunes, mais à l’ensemble de la nation dont il espère qu’elle se désolidarise du mouvement de protestation…
(Macron croise les doigts, titre Paris Normandie)

La presse montre ce matin plus de compréhension pour le pouvoir…

Virage ou pas, « cette fois il a répondu », estime Le Parisien qui sous la plume de Nicolas Charbonneau voit s’ouvrir de nouvelles perspectives… et dénonce l’opposition pitoyable qui appelle à de nouveaux barrages.
Le Figaro reçoit 5 sur 5 l’acte de contrition sur l’arrogance et l’inflexion sociale, même si celle-ci va avoir un coût. « Mais si tel est le prix à payer pour rétablir la paix civile dans le pays, qui s’en plaindra ? » écrit Alexis Brézet pour qui ce qui se joue aujourd’hui dans les rues de nos villes et les routes de France, c’est notre avenir démocratique…
« Mais il n’est pas sûr que la société française sorte indemne de ce précédent grave, car la violence a payé », juge Jean-Francis Pécresse des Echos pour qui Jupiter est mort ce 10 décembre 2018…
A propos de Jupiter, un jeu de mots d’André Santini… C’est une spécialité du maire d’Issy les Moulineaux (78 ans) dont la carrière est jalonnée de bons mots. Curieusement, le voilà de retour, cité dans un article des Echos : « Jupiter, c’est bien, mais terre à terre, c’est mieux… »

Soyons terre à terre : il y a c’est sûr un « tournant dépensier »…

Le déficit sera proche de 3 et demi % l’an prochain…
L’Humanité veut faire payer « les riches ». Libération aurait voulu « sur le plan symbolique » précise-t-il, l’annonce d’une contribution des plus riches.
Au bas mot, la facture pour calmer la colère s’élève à 10 milliards d’euros (coût des mesures)… auxquels s’ajoutent les 2 milliards que va coûter le mouvement des gilets jaunes à la croissance.
Le Parisien est allé à la rencontre de commerçants écoeurés pour qui décembre est habituellement faste. Boutiques dévastées et pillées. Les nombreuses attaques ont fini par les épuiser…
On tourne la page du Parisien qui interroge des élus parisiens… notamment Daniele Simonnet de La France insoumise : « Bien sûr, dit-elle, je comprends le ras le bol et l’inquiétude des commerçants et riverains parisiens, mais qu’ils comprennent aussi le ras le bol du peuple ! »
Le peuple… L’élue attribue au peuple les dégradations… On peut imaginer que ces commerçants font aussi partie du « peuple », mais nous sommes dans une grande confusion, constate Jean-Marc Vittori dans Les Echos : Les gilets jaunes veulent une autre forme de démocratie. La confusion est grande. La rue n’est pas la foule, qui n’est pas la majorité, qui n’est pas le peuple »…

Le ton de l’intervention d’Emmanuel Macron a marqué certains…

Pour L’Opinion, il avait un ton crépusculaire…
Dans ce registre, on lit une nouvelle interview du grand Jean-Louis Trintignant. Ce matin dans Le Parisien.
D’interview en interview, alors qu’il remonte sur scène pour lire des poèmes, l’immense comédien qui fête aujourd’hui ses 88 ans se présente comme un raté…
« J’ai raté beaucoup de choses, en amour, des rencontres, même dans mon métier »…
Jean-Louis Trintignant évoque la mort proche : Est-ce que c’est l’enfer après ? Est-ce que c’est comme quand on dort ? Si c’est ça, je signe tout de suite…

Une note joyeuse maintenant ?

Tous au cirque… Cet art populaire ne cesse de se réinventer, s’émerveille Le Figaro…
Bien obligé : les animaux ne sont plus les rois de la parade… Les cirques qui mettent en piste des animaux sauvages sont désormais interdits dans près de 110 villes dont Ajaccio, Grenoble, Montpellier ou Strasbourg…
Alexis Gruss a décidé de se séparer de son éléphante, alors que le cirque Aïtal utilise un éléphant gonflable…
Les animaux ont leurs défenseurs actifs… Libération nous entraîne dans le sillage d’antispécistes radicaux, jusqu’au boutistes de la cause animale qui se disent en guerre contre les abattoirs…
Une association anti viande a son refuge secret baptisé « sanctuaire »… chargé « d’accueillir des réfugiés » rescapés du « génocide »… et exfiltrés des abattoirs…
Le Figaro économie présente de son côté les maisons de retraite pour les poules pondeuses. Monoprix soutient cette initiative : une retraite pour les poules quand elles cessent de pondre suffisamment, gagnées par l’âge… à 18 mois…
Objectif : limiter l’abattage, car on tue 50 millions de poules par an…
Et voilà comment une vieille promesse sociale du Royaume de France, mettre une poule au pot chaque dimanche, apparaît en 2018 comme une infamie…

 

Michel Grossiord