La Revue de Presse du jour – 11/09/2018

La revue de presse… Ô temps, suspends ton vol !

Et vous, heures propices, suspendez votre cours !
Les vers de Lamartine hantent les couloirs du ministère de l’Intérieur, où plus personne ne se risquerait à prendre le moindre engagement tant que le nouveau ministre ne sera pas nommé, rapporte Le Figaro…
Beaucoup de dossiers sont en suspens, confirme Le Parisien : l’intérim (du premier ministre) s’éternise)
Déjà une semaine qu’Edouard Philippe assume les deux casquettes… Et sachant, selon un commissaire, qu’il faut plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour commencer à maîtriser ce ministère, le nouveau ministre ne sera vraiment opérationnel qu’à la fin de l’année…
Sauf, bien sûr, si le profil retenu est celui qui connait déjà la maison…

Edouard Philippe se démultiplie, en allant sur le terrain…

Sortie nocturne mardi soir avec des policiers de la brigade anticriminalité du nord de Paris…
Justement, les riverains et les commerçants de la place Stalingrad, dans le XIXème arrondissement de la capitale, attendent une réponse à leur dernier courrier au… ministre de l’Intérieur.
Le quartier est devenu invivable, plus que jamais sous l’emprise du crack.
Reportage de Stéphane Kovacs du Figaro. Il y a quelques semaines, des bateaux de Canauxrama, qui organise des croisières sur le canal Saint-Martin, ont été attaqués à coup de hache. Des toxicomanes piochent dans l’assiette des clients en terrasse, attrapent des couteaux, empochent les pourboires. Au Jaurès Café, on a créé un poste juste pour la protection des clients.
Devant le cinéma MK2, dont les ouvreuses se font régulièrement agresser, on doit enlever les seringues devant les salles chaque matin. Le Franprix, victime de trop de vols, a arrêté le réassort de dizaines de produits…

Ô temps, suspends ton vol !

On pourrait poursuivre avec les vers de Lamartine :
« Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »
Réflexions dans la presse sur le temps qui passe dans l’attente du remaniement… L’attente, un moment clé du temps politique, analyse un historien dans Libération. Nous sommes dans un entre-temps, temps mort plus ou moins long…
Un temps perdu, pour Le Figaro (c’est son édito) : Pourquoi transformer un remaniement en psychodrame ?
Emmanuel Macron a égratigné la presse hier matin lors du Conseil des ministres, un couplet désormais habituel dans sa bouche. « Cette séquence remaniement n’intéresse personne à part les journalistes politiques qui n’ont rien d’autres à faire », a-t-il taclé… S’il parcourt la presse régionale, c’est son habitude chaque matin, il lira quelques commentaires peu aimables : L’Union de Reims évoque un vaudeville hors normes, et Nice-Matin trouve incompréhensible qu’il soit aussi mauvais dans la gestion de ce remaniement…

Égratigner la presse : un couplet désormais habituel chez lui ?

Oui, si l’on croit Le Point (titre de couverture : « Le teigneux. Pourquoi il ne veut rien lâcher ».
Plusieurs citations du Chef de l’Etat entre guillemets : « Les journalistes veulent ma mort », répète-t-il. « On n’a pas envie que je réussisse, peste-t-il…
Mais aussi des réflexions sur lui-même : « 15 mois après, les gens s’interrogent sur qui je suis, murmure-t-il. J’aurais dû apaiser et je clive… Il y a un problème ».
On évoquait le psychodrame du remaniement, parlons psy ! Macron et les psys !
Le voici qui passe sur le divan de L’Obs, après son prédécesseur (Hollande vu par les psys, peut-il changer ? s’était interrogé Le Point), après Nicolas Sarkozy…

Que disent les psys ?

Les psys, car 6 sont mobilisés, et non des moindres : Boris Cyrulnik, Serge Hefez, Ali Magoudi…
Est-il égocentrique, jupitérien, a-t-il un complexe de supériorité, est-il capable d’empathie, est-il séducteur, quel travail doit-il effectuer sur lui-même…
Son vocabulaire, ses gestes sont passés au crible…
L’analyse court sur 10 pages…
Comment résumer le diagnostic sur le moi présidentiel ? « Emmanuel Macron affiche une identité trop complexe ». Les spécialistes le voient fonctionner à l’affectif (comme avec Gérard Collomb), séducteur, avec la peur de ne pas être aimé, il a bénéficié d’un coup de foudre qui , par définition, ne pouvait qu’être éphémère…
La reine dans Blanche Neige qui répète « je suis la plus belle » est convoquée : Le jour où le miroir lui dit « ce n’est pas sûr », tout s’écroule…
Le mot de la fin au psychanalyste Jean-Pierre Winter : Evitons de psychologiser à outrance notre rapport au président de la République…
Ah, bon !
Ca n’annule pas tout ce qui est écrit ?

Un personnage lié au couple Macron en vedette…

Mimi Marchand, la spécialiste des images people, patronne de Bestimage, qui a ses entrées à l’Elysée, et qui a désormais sa biographie (les bonnes feuilles dans Le Point)
Elle a connu le milieu des gangsters, elle règne désormais sur les paparazzi.. A ses côtés, Alexandre Benalla ferait figure d’enfant de cœur, avance Le Point. François Hollande juge que Mimi Marchand est avant tout un sujet politique explosif…
Parmi les autres sujets de Une… Me Too, an II, à la Une de Libération pour qui le combat des femmes ne fait que commencer… alors que les derniers propos du pape sur l’avortement (œuvre de tueurs à gages) font bondir… Indignation du Journal de la Haute Marne et de Paris Normandie qui reprochent au pape fouler aux pieds le respect de droits acquis de haute lutte par les femmes au nom de la liberté !

 

Michel Grossiord