La Revue de Presse du jour – 11/01/2019

La revue de presse… Comment sortir de cette crise des gilets jaunes… S’il suffisait d’appuyer sur un bouton !

Eh bien figurez-vous Renaud que fut un temps à l’Elysée où il suffisait d’appuyer sur un bouton pour régler les problèmes…
« A l’Elysée, vous appuyez sur un bouton et tout fonctionne »… Plus facile apparemment que diriger un parti, car là « vous devez gérer des cons chaque jour, je le sais, je l’ai fait aussi »…
Qui parle ? Nicolas Sarkozy. Evidemment, il réécrit ‘un peu, beaucoup…’ la réalité puisque lui-aussi à dû gérer des crises comme président (de la République) : le bouton magique n’existe pas…
En tout cas il s’agit d’une citation de l’ancien Chef de l’Etat rapportée et faite à Cécile Duflot, l’ancienne patronne des Verts qui a droit à son portrait dans Le Figaro…

La crise des gilets jaunes est d’une telle ampleur qu’il faudrait disposer de plusieurs boutons…

Elle est inédite en effet, comme l’est aussi la défiance des Français vis-à-vis de leurs institutions et de leurs représentants…
Politiques, médias, syndicats : tous les indicateurs sont au rouge pour les différents acteurs de la vie démocratique (maires exceptés), témoigne l’enquête annuelle du Cevipof détaillée par Le Figaro. Une défaillance collective, souligne ce journal.
Cette défiance alarmante, alimentée par un sentiment d’injustice, se traduit notamment par une demande de plus en plus forte de « démocratie directe » avec les référendums d’initiative citoyenne…

Mais cette défiance gonfle aussi les voiles du populisme !

Les Gilets jaunes, 5 étoiles plein les yeux, titre L’Opinion : le mouvement populiste italien 5 étoiles qui gouverne avec l’extrême-droite espère avoir trouvé des alliés en France…
Certains gilets jaunes se réjouissent du soutien du ministre italien Luigi Di Maio, numéro 2 du gouvernement à Rome où deux manifestants seront présents ce week-end…
« Je suis heureuse qu’une personne comme Di Maio me tienne la main, je suis prête à la saisir », aurait déclaré à une agence de presse Indrig Levavasseur (celle que BFM TV convoitait comme chroniqueuse)… « Aurait déclaré » car, précise L’Opinion, elle refuse de confirmer ou d’infirmer ses propos…
Mais les Cinq étoiles -antisystème, eurosceptiques, contre la « caste » des partis, des banques, des journalistes- sont très décidés eux : ils veulent des gilets jaunes dans leur manche (surtout pour se relancer en Italie), raconte Libération.
En Italie, l’opposition a trouvé le moyen d’ironiser sur la dernière loi sur la sécurité approuvée par la majorité : elle prévoit que toute personne bloquant la circulation sur un rond-point où toute portion de route est passible de 6 ans d’emprisonnement…

En France, les villes se préparent à l’Acte 9…

Bourges déménage son mobilier urbain.
Le Havre sera demain sous haute surveillance.
Le Mans redoute une opération coup de poing comme l’évoque un tract…
Voilà ce qu’on lit dans les journaux de ces villes… alors que Le Télégramme pose à son tour la question : Gilets jaunes, jusqu’à quand ?
Et le ton monte dans plusieurs journaux…
« Les gilets jaunes en colère n’ont plus guère envie de s’asseoir autour d’une table de négociations, car parmi la France en colère on ne négocie pas, Monsieur, on exige. » (La Presse de la Manche).
« A force de prédire le chaos, ceux qui y croient sont intoxiqués et happés par la spirale infernale conduisant à la chute finale » (L’Union)
« Halte au feu », lancent Les Dernières nouvelles d’Alsace alors que la répétition des samedis violents fait plus qu’inquiéter désormais… « Ce n’est plus une crispation de classe qui s’exprime, c’est plus douloureusement une vague de haine qui ne cesse de monter »…
Oui, il y a péril, lit-on à la Une de Ouest-France qui évoque aussi les menaces de mort aux députés et les insultes à tout va… Les journalistes ne sont pas épargnés.

Les médias ne sont pas critiqués que par les gilets jaunes…

Les chaînes d’information qui émettent en direct le compte rendu haletant et affolé des manifestations hebdomadaires sont dans le collimateur de Bruno Frappat de La Croix. Le moindre scooter qui brûle se consume durant un quart d’heure d’antenne.
« Dès qu’un représentant des autorités s’est exprimé, 20 micros se tendent vers 20 anonymes en jaune qui peuvent proférer n’importe quelle baliverne sans correctif, ou insulte sans réplique ».
« Audience ou conscience, il faut choisir ».
Bruno Frappat cible aussi Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Hamon, Wauquiez qui entretiennent le feu, oubliant qu’une part leur revient dans le désastre social qui a conduit à la crise des gilets jaunes… Bernard Henri Lévy, dans Les Echos, estime que la vraie faillite des élites est celle de Mélenchon, Le Pen et Dupont-Aignan, qui attise la haine…
(BHL contesté par Ivan Rioufol du Figaro qui juge lui que si BHL sait défendre un peuple quand il est kurde, il lui promet les poubelles de l’Histoire quand il réclame sa place dans son propre pays… Pour Ivan Rioufol, ceux qui mettent en danger la République ne sont pas les gilets jaunes mais leurs procureurs déchaînés. Fin de citation dans Le Figaro).

La haine… Décidemment ce sentiment est très souvent évoqué…

La France va-t-elle enfin être fatiguée de la haine, pour paraphraser Gandhi ?
Une haine qui corrode la démocratie, et laisse place libre à ces régimes sectaires et autoritaires qui gagnent du terrain dans le monde…
Le Monde lance aussi un Halte au lynchage, évoquant l’intimidation, la menace, la violence, les insultes, la vindicte inacceptable, le déferlement d’attaques contre les élus e les journalistes. Le pilori permanent…
Le Monde de souligner que tout ceci est révoltant dans un pays qui jusqu’à nouvel ordre est une démocratie.
Jusqu’à nouvel ordre, a jugé utile de préciser ce journal.

 

Michel Grossiord