La Revue de Presse du jour – 10/12/18

La revue de presse… Où est la sortie ? Sera-t-elle trouvée ce soir à 20 heures ? C’est LA grande question de toute la presse…

Quelle issue pour Macron ? Comment peut-il reprendre la main, éteindre une colère qui flambe toujours ? Où est la sortie ?
Voilà quelques-unes des manchettes du jour…
Prise de parole sans filet, sans possibilité de se rattraper ! Pas de droit à l’erreur ! L’avertissement est unanime, il s’agit d’un exercice de haute voltige, avec cette impératif : Emmanuel Macron va 1, devoir parler au cœur des Français et 2, lâcher du lest…
Sur le premier point, reconnaître ses erreurs de style pour apparaître plus proche des Français (il ne peut plus être Jupiter mais va devoir se montrer empathique), un macroniste ose ce mot, rapporte Le Parisien : « Macron a un problème de fin de moi » (moi, m. o. i.)

Pour une partie des journaux, il doit carrément « tout changer »…

On efface tout et on recommence, résume L’Opinion… Relancer de zéro ou presque son quinquennat…
Changer tout, dit aussi La Provence qui choisit de titrer en gros Le vertige, évoquant un président au bord du gouffre…
Changer tout, sans détricoter les réformes réalisées depuis le début du quinquennat, c’est le dilemme, la quadrature du cercle aussi bien pour La Croix et Sud-Ouest…

Est-ce mission impossible ?

Est-ce Macron impossible, s’interroge Le Parisien. Comment le Chef de l’Etat peut-il encore se faire entendre par ces Français en gilets jaunes persuadés qu’il est l’unique responsable de tous leurs maux ?
Le journal conclut : s’il échoue, la France entrera dans une dangereuse période d’instabilité politique…
Ce risque est pointé par plusieurs observateurs… Citons le politologue Dominique Reynié (L’Opinion) pour qui des ruptures économiques et sociales pourraient provoquer un effondrement de notre appareil d’Etat, profondément dégradé……
Citons le philosophe Pascal Bruckner (Le Figaro) pour qui, malgré les dégâts samedi à Paris comme à Saint-Etienne ou Bordeaux, c’est la police qui a avec sang-froid sauver la République…

Opinion qui nous conduit à ouvrir le débat sur le maintien de l’ordre…

Deux journaux sont critiques sur l’action de la police : L’Humanité, qui parle d’un « dispositif répressif disproportionné », Libération, qui juge que les arrestations préventives sont inquiétantes pour les libertés publiques… « Interpeller pour prévenir, au risque d’une dérive », écrit Libé.
Le Parisien et Le Figaro nous éclairent sur ce qui a été saisi avant même la manifestation lors des contrôles : des matraques télescopiques, des lance-pierres, des bouteilles de peintures pour aveugler les policiers, des bidons d’essence, des boules de pétanque, des fioles d’acide, des harpons, des boulons, des couteaux…
Le Figaro de saluer un dispositif de sécurité plébiscité, mieux adapté à la dynamique des casseurs…

Le Parisien précise que les commerçants ne sont pas les seuls à avoir été terrorisés…

Certains habitants du XVIIème arrondissement de la capitale ont vu, notamment avenue de Wagram, des pilleurs qui tentaient de pénétrer dans des halls d’immeuble !
Le reportage de Libération dans une AG d’une centaine de gilets jaunes hier à Grenoble (femmes, hommes, jeunes, vieux, tous milieux sociaux) mentionne l’un des axes évoqués par l’assemblée : agir sur le terrain « des rupins » dans les quartiers favorisés de l’agglomération…
Dans Les Echos, Etienne Lefevre dénonce la complaisance collective pour les actes de violence, et l’irresponsabilité des gilets jaunes qui appellent à mobiliser chaque samedi dans le désordre le plus compet… Les voir ensuite se plaindre des violences et de la présence des casseurs est un comble. Fin de citation de l’édito des Echos qui soulignent que la crise est une catastrophe pour l’économie… avec des commerçants à l’agonie.

Reprenons l’analyse de Pascal Bruckner…
« Celui qui commet des violences n’est plus une victime, c’est un barbare » déclare t-il dans Le Figaro.
Le philosophe rappelle que la haine de l’argent chez les Français est surtout la haine de l’argent des autres, et suggère : on devrait ériger un mur de la honte où seraient exposées les photos de tous les factieux, putschistes, nazillons de comptoir, bolcheviques de salon, intellectuels nauséabonds… « Les professeurs de haine se ramassent à la pelle cet automne ».
Pour conclure, on peut relever avec L’Opinion et Le Figaro le comble de l’ironie…
Les surréalistes leçons de maintien de l’ordre de Trump, Poutine ou Erdogan… tous soucieux de protéger les manifestants… Erdogan, celui qui a fait embastiller des centaines de journalistes et universitaires.
Les « démocratures » donnent donc des leçons d’humanisme à la France d’Emmanuel Macron. Oui, écrit Georges Malbrunot, « le comble de l’ironie ».

 

Michel Grossiord