La Revue de Presse du jour – 09/01/2019

La revue de presse… « Le président a la patate »

« Le président a la patate »… C’est un proche qui l’assure, lit-on dans Le Monde…
A écouter ses proches, Emmanuel Macron serait rentré ragaillardi de ses vacances de Noël au fort de Brégançon dans le Var où il a pu s’offrir quelques promenades privées à Saint-Tropez et à Borme-les-Mimosas malgré la menace des gilets jaunes…
Un chiffre peut lui donner des raisons d’espérer : selon l’IFOP, sa cote a repris 5 points en janvier pour atteindre 28% d’opinions positives…

Mais il a aussi bien des raisons de s’inquiéter…

Le « grand débat » dont il voulait faire l’outil de sa reconquête de l’opinion sera-t-il un nouvel épisode de son annus horribilis ?
Chantal Jouanno, qui devait piloter la consultation, a préféré jeter l’éponge après la polémique sur son salaire, 14.666 euros bruts par mois, que Le Midi Libre qualifie de « rémunération de complaisance »…
Le Figaro, pessimiste, pointe de son côté le risque d’un débat tournant à la foire d’empoigne dans une France qui -souligne Yves Tréard-, n’est pas l’Athènes de Périclès ni un canton suisse…

Une France qui offre un bien triste visage, juge ce matin les journaux…

C’est simple : il y a quelque chose de pourri, lâche Franz-Olivier Giesbert dans La Provence… « Quelque chose de pourri quand on voit comment l’abruti du mois (le boxeur qui a frappé deux gendarmes) est rapidement devenu une sorte de héros populaire »…
Il y aujourd’hui deux France face à face : l’une émeutière et solidaire, l’autre légitimiste et consternée…
Se déclarer consterné, peine perdue pour Le Parisien : On en est arrivé à un stade où « prétendre expliquer pourquoi une cagnotte en faveur d’un casseur qui aurait pu tuer un policier a quelque chose de choquant est un combat perdu d’avance », laisse tomber Nicolas Charbonneau.
Même si pour Le Canard Enchaîné, le problème c’est moins le boxeur que le boxon, La Croix, sous la plume de Guillaume Goubert, se lamente d’une triste inversion des valeurs : c’est un agresseur qu’on vient soutenir…
La cagnotte aberrante fait donc la Une de plusieurs journaux, mais il en est un autre, aussi polémique…

Celle des dividendes des entreprises du CAC 40 qui retrouvent un niveau record…

57 milliards d’euros versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires l’an dernier. Le chiffre barre la Une des Echos qui affichent cette belle performance, signe que les groupes phares de la Bourse de Paris ont retrouvé confiance en l’avenir.
Mais le journal économique reconnait que les chiffres qu’il révèle ce matin risquent évidemment de tourner en boucle autour des ronds-points. « Puisque le CAC 40 n’aime rien tant que d’opprimer ses salariés ou brûler toutes les ressources de la planète pour servir des actionnaires toujours plus rapaces », ironise Guillaume Maujean pour qui il n’en est évidemment rien comme le montre l’analyse des chiffres d’un peu plus près.
Mais les cahiers de doléances le montrent comme la lecture du Midi Libre qui analyse la parole libérée, comme celle du mensuel Society : « Où est passé le pouvoir d’achat ? Les Français racontent : On se sent tous pauvres aujourd’hui »…

Y a-t-il des saines colères ? Question philosophique…

C’est logiquement Philosophie magazine qui s’interroge sur le retour de la colère : le retour d’une passion enfouie…
La colère. Méprisée par les sages de l’Antiquité, tenue soigneusement à l’écart des mœurs démocratiques, ce régime qui entend neutraliser le débordement des passions par la délibération.
En démocratie, la colère, la haine, le désir de vengeance n’ont théoriquement pas droit au chapitre… C’est ce tableau enchanteur d’une tranquillisation des passions par la rationalité démocratique qui vient de se déchirer sous nos yeux, de façon spectaculaire, constate Philosophie magazine.
Mise en garde de La Dépêche du Midi : l’acte 9 des gilets jaunes de toute évidence n’annonce rien de bon pour qui veut croire encore aux vertus de la démocratie…
J’évoquais le retour de la colère, évoquons celle de l’antisémitisme. La rabbin Delphine Horvilleur déclare dans Libération que « l’antisémitisme n’est jamais une haine isolée, mais le premier symptôme d’un effondrement à venir. »
Elle raconte qu’une question la hante depuis la tuerie à l’école juive de Toulouse en 2012 : pourquoi la France n’était pas dans la rue lorsque furent assassinés des enfants ? Etaient-elles anesthésiés, aveuglée ou indifférente ? L’absence de réaction collective reste une énigme insurmontable.
A lire sur une double page dans Libération qui la psychiatrie à cran dans notre pays… Décidément, y a-t-il un secteur, un domaine qui ne l’est pas ?

On changera complètement de sujet… pour regarder un peu ailleurs ?

Installons-nous dans le premier et seul restaurant parisien où l’on dîne nu.
Ouvert il y a un an dans le 12ème arrondissement de la capitale, il va fermer, faute de clients… Un responsable associatif explique que Paris compte 88.000 naturistes mais ils pratiquent durant leurs vacances…
Ben oui…
A la plage. Pas forcément à table…
Ne vous dépêchez pas Guillaume, le restau cessera définitivement de servir 30 couverts chaque soir le 16 février et tout est réservé… Précipitation avant fermeture…
De toute façon, Le Parisien qui nous dit tout ça consacre aussi une page à l’hygiène au quotidien. Pourquoi il faut traquer les microbes partout sur soi et partout à la maison… du paillasson au tapis de bain, je passe les détails. Prudence là où on s’assoie.

 

Michel Grossiord