La Revue de Presse du jour – 08/04/2019

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

La revue de presse… Une petite entorse à la Journée Mozart que vous propose Radio classique…

Un détour par un compositeur censé illustrer la cacophonie des ministres (ceux de droite, ceux de gauche) durant ces dernières semaines de grand débat…
L’épidémie de prises de paroles (sur les impôts, l’âge de la retraite…) ressemblait, si l’on suit Les Echos, à la musique dodécaphonique de Stockhausen…
Cacophonie… Dodécaphonisme…
Les Echos jugent sans risque que la cacophonie ministérielle ressemblait plus à une envolée dodécaphonique d’un Stockhausen qu’aux chants triomphants de la nativité de Bach…
Ces références musicales sont glissées dans le portrait d’Edouard Philippe dans Les Echos : Sans doute n’est-il pas mécontent de clore pour de bon le grand moment de défoulement démocratique voulu par Emmanuel Macron, en tentant d’en esquisser l’impossible synthèse…

Exercice auquel il va se livrer sous la verrière du Grand Palais à Paris…

Synthèse, dites-aussi « restitution »… Mais le premier ministre ne prononcera qu’un discours d’une petite vingtaine de minutes, précise Le Parisien.
L’objectif, c’est d’entendre la parole des citoyens, pas de se pousser du col…
Détail : la barbe !
La barbe d’Edouard Philippe.
« La barbe, pour mieux affirmer sa colère ». Sous ce titre, les pages Santé du Figaro rapportent les enquêtes menées par des chercheurs en psychologie de plusieurs universités américaine et australiennes…
Leur objectif : savoir si le poil au menton aidait à mieux faire passer le message… Il semblerait que oui (Je suis en colère, ne me cherche pas ou sinon gare à toi…)
Avoir le menton fourni, cela signalerait l’homme viril et redoutable…
Quant à la personnalité, elle semble s’affirmer davantage lorsque soutenue par une barbe… (est-ce vrai aussi pour les activistes en jaune Maxime Nicolle et Eric Drouet ?)

Ce que la presse attend, c’est moins la « restitution » que les mesures…

Edouard Philippe dévoile les attentes des Français, mais c’est Emmanuel Macron qui donnera la tonalité de la sortie du grand débat…
Ce lundi, c’est donc « la fin… en attendant la suite », souligne L’Opinion.
Coup de pression du Midi Libre qui titre : « Soyez à la hauteur ! », « Evitez-nous l’enfumage ! »…
Le Midi libre attend des mesures pour le pouvoir d’achat, Sud Ouest des baisses d’impôts (sans dire lesquels), Ouest-France suggère un référendum (sans préciser quelle question) et un remaniement avec la création de nouveaux ministères « chargés de traiter des problématiques directement liés à ce qu’ont exprimé les Français » (Ouest-France n’avance pas d’intitulés pour ces nouveaux ministères)…

Vous avez cité cet article sur la barbe dans Le Figaro Santé… Il y en a un autre qui évoque les solutions expéditives pour ne plus soigner nos aînés…

Question : « Faut-il intégrer le facteur d’âge pour les traitements coûteux ? »
En d’autres termes, faut-il priver de soins les personnes âgées, la barrière des 85 ans étant avancée ?
Le Figaro rebondit en fait sur un article du journal belge Le Soir qui a posé la question récemment… s’appuyant sur un sondage : 40% des Belges songent sérieusement à conserver l’équilibre de la Sécu « en n’administrant plus de traitements coûteux qui prolongent la vie des plus de 85 ans » »…
La Belgique a légalisé l’euthanasie, alors que Le Soir observait l’évolution des choses aux Pays-Bas voisins où l’on ne place déjà plus de stimulateur cardiaque aux plus de 75 ans, et où une députée des Verts a fait de la diminution des traitements aux plus de 70 ans un thème de négociations…

Monstrueuses solutions expéditives !

C’est le modèle anglo-saxon, où l’âge des patients détermine l’accès aux soins…
Une vision « plutôt » utilitariste, explique le docteur François Blot, président du Comité d’éthique de l’hôpital Gustave-Roussy…
La vision utilitariste amène à décider des soins « en fonction du retour sur investissement pour la société. Une vision qui peut laisser sur le côté les personnes âgées ».
A l’opposé, la vision française demeure, pour le moment, plutôt bienveillante et humaniste… Tous les spécialistes confirment qu’une personne âgée ayant besoin d’une thérapie coûteuse en bénéficie si ça a un sens clinique…
« Pour le moment ». La précision revient à deux reprises dans l’article fort documenté du Figaro qui ajoute : « Mais demain ? »: en 2.050, 5 millions de Français auront plus de 85 ans…

En tout cas, et c’est heureux, nous ne pensons pas comme les Belges !

Nous leur sommes même diamétralement opposés : quand 4 Belges sur 10 envisagent donc de ne pas prolonger la vie des plus de 85 ans quand ça coûte cher, nous sommes convaincus à 85% qu’il ne faut pas arrêter de soigner les personnes atteintes d’un cancer à partir d’un certain âge…
Nous sommes 72% à juger que les seniors doivent pouvoir bénéficier des meilleurs traitements…
On critique souvent la France, voyons là une raison de croire en notre pays et de ne pas désespérer de ce que nous sommes…

 

Michel Grossiord