La Revue de Presse du jour – 08/03/2019

La revue de presse… Histoires de femmes !

Femmes confrontées aux inégalités (emploi, salaire, diplôme, politique…)
L’égalité ? Il y a encore du boulot, lance Sud-Ouest, rejoint par La Voix du Nord, Le Courrier Picard, Le Midi libre, tous les journaux en fait…
Femmes encore entravées, mais femmes en combats, titre L’Humanité. Là encore, consensus pour s’engager plus avant sur les fronts de l’émancipation…
8 mars… Journée des droits des femmes… Cela pourrait faire sourire. Ou pas, observe Le Parisien. Cette journée internationale est coincée entre la Journée mondiale du tennis, lundi dernier, et la Journée mondiale de la plomberie, lundi prochain…

Deux lundis qui ont quand même moins de retentissement…

Et ce 8 mars ne doit pas s’arrêter pas à une journée !
Le Midi Libre a confié la réalisation de son numéro à 3 femmes de la région, mais précise « nous entendons bien donner une importance haute aux femmes tout au long de l’année »…
La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, obtient en ce 8 mars une couverture médiatique qui ne tranche pas avec sa ration quotidienne…
Une tribune dans Libération co-signée par Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères. « Pour une diplomatie féministe », celle que met en œuvre la France pour la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, pour l’émancipation économique des femmes à travers le monde…
Une Une ! Celle du Parisien. « Les combats de Marlène Schiappa ». PMA pour toutes (débat avant l’été, affirme-t-elle). Volonté d’allonger le congé paternité… un allongement pour lequel milite le magazine Marie-Claire…

Ce congé paternité est aujourd’hui de 11 jours…

Il doit passer à 4 semaines, plaide le mensuel, convaincu que le congé de paternité est une clé puissante de l’égalité hommes – femmes, qu’il permettrait aux femmes de ne pas être ralenties dans leur vie professionnelle et allégerait leur charge mentale…
A propos de congé, autre article dans Marie-Claire. Rencontre avec une femme politique qui n’imagine pas de prendre congé, qui « persiste là où d’autres ont renoncé depuis longtemps »… Une femme politique qui répond « Je ne m’interdis rien » lorsqu’on évoque devant elle la présidentielle à laquelle elle a déjà concouru…

Ségolène Royal ?

Elle balance…
Elle raconte dans son livre récent comment des ministres n’avaient d’yeux que pour une ministre italienne… « T’as vu celle-là ? Elle serait meilleure à faire autre chose que de s’occuper de son ministère ! »
Pourquoi ne pas donner les noms de vos anciens collègues ? lui demande Marie Claire.
-Vous voulez les connaître ? Alors très bien, après tout…

L’ancienne ministre de l’Environnement de balancer Bernard Cazeneuve, Michel Sapin et Jean-Marie Le Guen… tous contactés par le mensuel. Ils démentent…
Marie Claire n’épargne pas Ségolène Royal (à l’instar de Jean-Marie Le Guen qui juge qu’il serait temps qu’elle quitte la scène) : son égo est souligné…
Ségolène Royal considère que l’écologiste Yannick Jadot « a commis l’erreur de sa vie » en ne la prenant pas comme numéro 2 sur sa liste aux Européennes. Elle assure : « Je suis connue dans le monde entier », « J’ai un bilan extraordinaire. La masse de choses que j’ai faites, c’est quand même incroyable… » « Pourquoi Laurent Fabius a été nommé au Conseil Constitutionnel et pas moi, alors que j’ai une formation de juriste ? »
Ségolène Royal sera d’accord avec la Une de L’Opinion : « En politique, une parité en trompe-l’œil » (4 villes sur 5 sont administrées par des hommes, et les postes de responsabilités dans les communes leur échappent)…

On peut faire le lien entre ce que subissent les femmes en cas de violences et la condamnation du carnaval de Lyon…

Combien de temps en effet les vérités ont été tues ?
Institutions passives. Silence des autorités. La prise en compte des victimes d’atteintes sexuelles ou sexistes a pris du temps, déplore La Charente Libre.
Silence coupable, titre Libération champagne sur une photo de Monseigneur Barbarin… Un cardinal en sursis, soulignent Les DNA… Le Progrès, Ouest-France consacrent leurs manchette à la démission historique, la chute dit Le Journal de Saone et Loire…
Le choc, à la Une de La Croix qui relève que le cardinal n’a pas su accueillir « comme il aurait fallu » la parole des victimes… Il n’a pas su… « Erreur colossale de jugement », « défaite du discernement », écrit Ouest-France quand Libération appuie aussi là où ça fait mal en parlant de « faute » imputable à une « rigidité archaïque »…
Il aurait fallu choisir la protection des victimes plutôt que la protection de l’institution, souligne aussi Le Figaro…

Enfin, dans la presse, un article qui sans doute n’aurait pu être écrit que par une femme…

Une femme critique de théâtre, Fabienne Darge, qui dans Le Monde éreinte Isabelle Adjani, et son jeu factice dans Opening night, le film de John Cassavetes adapté pour la scène à Angers…
Opening night s’annonçait comme l’événement théâtral de la saison, notamment car le spectacle marque le retour sur scène d’Isabelle Adjani, mais aussi parce que le film est une réflexion sur le rôle dévolu aux femmes dans la société…
Mais Isabelle Adjani n’assume pas le rôle comme il conviendrait, selon la critique, s’obstinant à 63 ans d’une couverture de magazine à l’autre à afficher le même visage qu’il y a 30 ans…
Je lis, « Rien ne bouge dans ce visage que l’actrice a abîmé à force de vouloir le conserver intact dans sa jeunesse »…
C’est raide… mais la comparaison est cruelle avec Gena Rowlands chez qui pas un centimetre du visage ne frémissait en permanence de multiples émotions et sensations…

 

Michel Grossiord