La Revue de Presse du jour – 08/01/2019

La revue de presse… Si l’on se met en quête d’un peu d’optimisme, en trouve-t-on ?

Le pire n’est jamais sûr mais Le Parisien a tenté de se projeter dans l’année qui vient de s’ouvrir…
« Ce qui nous attend en 2019 »
« Pouvoir d’achat, emploi, conso »
Paradis ou purgatoire ? Disons une France au ralenti… Les perspectives sont assez maussades pour ne pas dire terribles, selon Le Parisien qui relève tout de même un secteur qui redonne confiance et ouvre de belles perspectives : le numérique…
Les start-up françaises entament l’année tout sourire…

On le constate d’ailleurs en ce moment à Las Vegas…

Les start-up tricolores sont plus nombreuses que les américaines au grand salon des nouvelles technologies : nos pépites (381 ont fait le déplacement) brillent, rapportent Les Echos…
Les Dernières nouvelles d’Alsace célèbrent les 6 jeunes pousses alsaciennes qui ont « investi » Las Vegas…
Le numérique, pour retrouver l’optimisme… Autre option, le vintage, c’est-à-dire la nostalgie, pour fuir un contexte d’incertitudes et faire front contre les peurs existentielles…
« Pourquoi la mode rétro fait recette », titre Sud-Ouest qui note le retour du formica, du plastique et des pattes d’eph’… Les objets vintage s’arrachent à prix d’or, Sud -Ouest cite entre autres « la moumoute synthétique colorée » (celle qui recouvre les tabourets des années 50, 70…), et évoque un « mouvement de fond ».

Dans ce climat de craintes existentielles, les cahiers de doléances se remplissent…

Ils sont ouverts dans les mairies, avant même le lancement du grand débat national…
La longue liste de doléances, constate L’Union qui a parcouru ces cahiers d’expression citoyenne dans la Marne…
Un viticulteur d’Olizy-Violaine réclame entre autres la « tolérance zéro pour les casseurs, fauteurs de troubles, les agresseurs des forces de l’ordre »…
Une autre personne liste 26 propositions : « Rétablir l’ISF, le Smic à 1.500 euros, ne plus prendre pour des jambons les Français… 40 ans d’exagération, il y en a marre »…
La demande se répète : « Tapez pas sur le dos des personnes pauvres, tapez sur les gros… »
Mais Les Echos mettent en garde contre le ras-le-bol fiscal… des fameux 20% des Français les plus aisés qui pourraient voir leur échapper la suppression de la taxe d’habitation. Si ces contribuables ne sont pas les plus à plaindre, ce sont eux qui payent déjà de lourds impôts sur le revenu tout en étant exclus de quantités d’aides. Cette catégorie de Français est la grande perdante, fiscalement, des années d’après-crise.
« Mais aucun de ceux-là n’a jamais brûlé de voitures ni frappé sauvagement des policiers », ajoute L’Opinion…
La taxation des hauts revenus revient au centre des débats, confirme Le Monde… Il n’y a pas de tabou, dit-on à Bercy…
Le tabou de l’argent : enquête intéressante de La Croix sur l’impôt à la source qui oblige les couples à reparler d’argent (qui paye quoi et combien, taux neutre ou taux individualisé ?)

Stop la violence ! L’urgence est soulignée par la presse qui multiplie les titres sur une nouvelle loi anti-casseurs…

Stop la violence, édito du Midi Libre. La rue ne peut pas être laissée à des hordes sauvages adversaires de la République, pour Le Journal de la Haute Marne.
Rien ne garantit que les annonces du premier ministre mettent fin aux violences, souligne La Nouvelle République du Centre-Ouest…
Dans Les Echos, Jean-Francis Pécresse estime que le tour de vis sécuritaire contre les ennemis de l’ordre républicain ne suffira pas : il faudra bien s’armer aussi (écrit-il) contre ces ir-responsables politiques qui sans vergogne, aux deux extrêmes de l’hémicycle et parfois assis au centre, dans la lumière de la respectabilité, invitent à demi-mot ou par leur silence, à prendre les armes contre la République. « Avec eux, la loi est trop tendre ». Fin de citation…

De nouveaux éléments sur le discrédit envers les institutions que révèlent les gilets jaunes ?

Une crise qui vient de loin… Gérard Courtois rappelle dans Le Monde la promesse de Jacques Chirac de réduire la fracture sociale en 1995… Il n’en fit rien une fois à l’Elysée. Premier coup de semonce…
En avant-première, quelques chiffres du baromètre réalisé en décembre du Cevipof, le Centre de recherche de Sciences Po, sur la fracture politique, démocratique même…
Il ne se trouve que 28% des Français pour faire confiance à la présidence de la République, 22% au gouvernement, 23% à l’Assemblée nationale et 9% aux partis politiques…
Quant à l’Etat lui-même, 3 Français sur 4 jugent que ses affaires sont conduites dans l’intérêt de quelques-uns et non dans l’intérêt général…
Deux autres indicateurs donnent le vertige : quand on demande aux Français ce qu’ils éprouvent quand ils pensent à la politique, 37% répondent de la méfiance, 32% du dégoût contre 9% de l’intérêt et 5% de l’espoir…
Terrible réquisitoire…
On retiendra un dernier chiffre encourageant de l’enquête de Science Po : pour 80% des Français, « la démocratie peut poser des problèmes, mais c’est quand même mieux que n’importe quelle autre forme de gouvernement…
80%. Plus deux points en un an. L’aspiration démocratique du pays reste profondément enracinée.

 

Michel Grossiord