La Revue de Presse du jour – 07/01/2019

La revue de presse… Les grandes figures de 2018 toujours très présentes dans la presse de 2019…

En ce lundi 7 janvier, les journaux évoquent un jour sans viande ni poisson (Gros titre du Parisien) mais toujours avec les gilets jaunes et Alexandre Benalla, sujets de nombreuses manchettes…
On commence par ce qu’on met dans nos assiettes ? Ou plutôt que l’on est invité ce lundi à ne pas mettre par 500 personnalités au nom de la protection de l’environnement : du poisson, de la viande, bref de la chair animale…
Chiche ! dit Le Parisien… car c’est bon pour la planète, pour la santé, pour la cause animale…
Pour la planète… c’est à nuancer. Si l’élevage émet des gaz à effet de serre, les vaches nourries à l’herbe entretiennent les prairies qui contribuent à stocker le carbone, précise Pascal Canfin du WWF. Un chercheur à l’INRA confirme dans L’Opinion : nous avons besoin des ruminants, arrêtons les discours simplistes.

Vous vous êtes intéressé aussi aux poissons…

La surpêche est une réalité, illustrée d’ailleurs par un article du Figaro Economie sur le nouveau marché aux poissons de Tokyo… On y lit que la demande mondiale de poissons explose : + 19% d’ici à 2026 selon l’OCDE. Ce alors que les stocks de poissons sont pour certaines espèces terriblement bas : ainsi ne reste-t-il que 2,6% des stocks historiques de thon de l’océan Pacifique.
Les abattoirs ne sont pas les seuls lieux de la souffrance animale, pour Allain Bougrain-Dubourg dans Le Parisien : les poissons n’en sont pas exonérés, dit-il…
Cet argument de la souffrance animale est contesté dans Le Monde par le politologue Paul Ariès qui accuse les végans de mentir sciemment sur leur véritable projet : la souffrance animale comme la prédation est inhérente à la vie, « il faudrait donc réduire le vivant, en vidant par exemple les océans car il ne serait plus possible de laisser encore les gros poissons manger les petits, ou en empêchant un maximum d’animaux de naître »…
Paul Ariès se défini donc comme anti-végans non pour défendre son bifteck mais la biodiversité bien au-delà de son assiette…

Avant d’évoquer les gilets jaunes, un détour par la case Benalla…

« Les amitiés louches de Benalla », annonce Libération qui explore les nouveaux réseaux sulfureux de l’ancien « collaborateur » d’Emmanuel Macron… (il n’a pas chômé depuis l’été dernier)
« Des suspicions, non sans réseau »…
Réseau d’intermédiaires controversés et sulfureux dans le demi-monde géopolitique africain et moyen-oriental…
Etrange réseau de personnages hâbleurs, furtifs ou ostensibles…
Rien d’illégal à ce stade de l’enquête dans cette natation en eaux saumâtres, précise Libération, et l’Elysée ne saurait être tenu pour responsables des agissements d’Alexandre Benalla après qu’il a été remercié pour ses errements… Mais des questions sur l’art et la manière de cet apprenti surdoué de la relation sulfureuse…

Les gilets jaunes : où va-t-on ?

Question posée par La Voix du Nord sur toute sa première page, ou encore par Sud- Ouest (par ici quelle sortie ?)…
La Voix du Nord voit le mouvement et l’Etat dans l’impasse, et souligne aussi que la plupart des radars sont hors service dans la région… Seule une poignée de radars sont encore en état de marche dans les Hauts de France en ce début d’année…
« Et s’il me plait de risquer ma vie et celle de mes semblables, nous sommes en démocratie, non ? » ironise Jacques Julliard dans Le Figaro, journal qui titre sur les violences et le regain de tension samedi.
Jacques Julliard écrit : « Combien de morts ces nouveaux bœufs auront-ils sur la conscience ? »… Et il pointe ce que la crise des gilets jaunes a cassé net ce qu’il y avait, selon lui, de plus positif et de plus prometteur dans la démarche d’Emmanuel Macron : la volonté, devant la dérobade américaine, de prendre la tête d’une Europe indépendante. D’où la jubilation de tous les vieux croûtons du nationalisme, les Marine Le Pen, Dupont-Aignan, Philippot à droite, les Mélenchon et consorts à gauche…
Pour Jacques Julliard, le souverainisme, avec toutes ses rodomontades, n’est que le nom pompeux de notre impuissance…
L’Opinion souligne de son côté non pas la dérobade américaine mais le travail de sape de Trump en Europe : ses ambassadeurs à Londres, Berlin et Bruxelles n’hésitent pas à faire ouvertement campagne contre l’Union Européenne…

Il n’est pas question pour autant de ranger tous les gilets jaunes sous la bannière des nouveaux bœufs ?

Des colères et une demande de plus de justice sociale et fiscale s’expriment, notamment dans les cahiers de doléance que Sud Ouest a lu en Gironde…
La Voix du Nord a relevé la rupture entre les Français et les institutions, un désamour entre les citoyens et leurs représentants… Demande de référendums d’initiative citoyenne. De reconnaissance du vote blanc… Cette dernière revendication traduit, pour le journal de Lille, une autre rupture : il s’agit d’ajouter à une offre politique pourtant large et pléthorique un refus de choisir, analyse Jean-Michel Bretonnier… On rompt ainsi avec un vote pour celui qui nous est le moins éloigné au profit d’un vote d’adhésion totale qui n’existe pas, où qui, lorsqu’il existe, ressemble à du fanatisme.
Autre fait du jour : le 4ème anniversaire de la tuerie de Charlie Hebdo : La Provence souligne que l’équipe du journal dénonce aujourd’hui en France un obscurantisme grandissant…

 

Michel Grossiord