La Revue de Presse du jour – 05/12/2018

La revue de presse… sur le mode « trop peu, trop tard »…

Les 3 mesures pour éteindre l’incendie n’apaisent pas la colère : constat unanime de la presse, qui ne se montre pas surprise… Des miettes, dit L’Humanité, largement rejoint…
Pour Les Dernières nouvelles d’Alsace, le pouvoir ne trouve décidément jamais le bon langage.
Trop peu, trop tard ? titre en gros La Voix du Nord.
Il y a un point d’interrogation, mais le constat est bien celui-là…
Mais l’exécutif qui ne parvient pas à convaincre n’est pas le seul à être critiqué : Trop ? Trop nulle ! Qui ? L’opposition politique. Elle est nulle, s’emporte L’Union qui dénonce la surenchère dans l’excitation des foules.
De Mélenchon à Le Pen, en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel (Dupont-Aignan, Wauquiez, Olivier Faure et sans oublier pour la palme d’or François Hollande, ils ont tous brillé dans l’hypocrisie, réclamant n’importe quoi sous couvert de comprendre ces Français qui travaillent et qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts). Charge signée Sébastien Lacroix de L’Union…

Il n’est pas le seul à être dans ce registre…

Jeu dangereux. C’est le titre de l’édito du Figaro. Les critiques fusent de toutes parts et rivalisent d’outrance et de démagogie, y compris parmi les partis politiques qu’il est convenu de qualifier ‘de gouvernement’ en raison de leur prétendu sens des réalités. Peut-être faudra-t-il se raviser sur ce point, avance Yves Thréard.
Ouest-France, sous la plume de Patrice Moyon, dénonce la volonté d’en découdre des casseurs, mais aussi des oppositions qui tentent de de pousser leur avantage.
Dominique Seux, des Echos, fustigent ces partis politiques qui jettent de l’huile sur le feu et jouent la politique du pire, les uns parce qu’ils jubilent à l’idée des troubles ou de la révolution qu’ils croient enfin advenir, les autres parce qu’ils tiennent leur revanche de 2017.

La politique du pire, ou le pire de la politique ?

Le pire de la politique, dénonce Guillaume Goubert de La Croix, journal qui ouvre ses colonnes à Laurent Berger. Le secrétaire général de la CFDT salue une volonté de discussion, tout en mettant en garde contre « un jeu de dupes ». Mais lui aussi se dit consterné par le manque de cohérence de la classe politique : « On ne peut pas un matin dire qu’on est pour la transition écologique et le lendemain faire mine de s’offusquer de l’existence d’une fiscalité verte ».
J’ajoute un assaut contre les « tartuffes », selon le mot choisi par Yann Marec du Midi Libre.
Si l’exécutif est responsable des dégâts dans la rue, les tartuffes spécialisés en pyromanie seraient bien inspirés de la boucler », écrit-il, visant en particulier François Ruffin, député de la France insoumise qui, ceint de son écharpe tricolore devant l’Elysée, a lancé : « Macron va terminer comme Kennedy » ou bien « Vous voyez la croix sur le terre-plein ? Il va finir pareil »…
Ruffin de mandat, écrit Le Canard Enchaîné qui épingle à la Une le député de la Somme…
Puisqu’on évoque les menaces de mort, avec l’Acte IV qui pourrait être encore plus tragique, s’inquiète Le Courrier Picard, citons l’un des gilets jaunes qui serait plus brun que jaune, selon Le Canard Enchaîné.
Le médiatique Christophe Chalençon, l’un des plus visibles porte-parole venu du Vaucluse, a lancé hier soir sur BFM TV qu’il faut redouter plusieurs morts samedi à Paris…

Il poursuit une intense tournée médiatique…

Le Canard retrace son parcours entre volonté de rejoindre le Front national en 2015 avant en 2017 de devenir… macroniste ! Il avait tenté d’obtenir un poste de suppléant aux législatives… Fin novembre, il s’en prenait à la référente des gilets jaunes à Bollène, une certaine Shirelle David, (ouvrez les guillemets) « de confession… on va dire… vous vous en rendrez compte »…
L’escalade irrationnelle de la violence, y compris chez les gilets jaunes, est analysée par l’historien Jean-Marc Berlière dans L’Opinion. Désaccord vaut menace de mort…
Le déferlement de haine sur les réseaux sociaux écorche l’idée même de fraternité, se désole Ouest France…

Pour le reste, la presse analyse bien sûr le recul d’Emmanuel Macron…

Libération, qui évoque le vertige insurrectionnel auquel pourrait céder la France rebelle, ironise sur Macron en marche arrière… « Le président vertical se retrouve à l’horizontale, allongé sur le tapis »…
Quelle suite prépare t-il ?
Selon Le Parisien, de nouvelles mesures sont étudiées…. Comme une revalorisation de la prime d’activité dès le 1er avril… Le retour de l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires pourrait advenir plus tôt…
La taxe d’habitation pourrait être supprimée intégralement de manière anticipée…
Hier, observe L’Opinion, Edouard Philippe a annoncé le moratoire au cours d’une prestation oratoire un peu raide.
Le Figaro, qui raconte les coulisses du revirement (les 3 jours qui ont fait basculer le quinquennat), assure que le premier ministre s’était dans un premier temps opposé au moratoire.
Quelle suite ? La question est posée au sujet d’Edouard Philippe qu’Emmanuel Macron laisse seul monter au front… laisse aussi endosser pour la première fois dans sa plénitude son rôle de chef de gouvernement. Et, ajoute Libé, de paratonnerre…

 

Michel Grossiord