La Revue de Presse du jour – 05/10/2018

La revue de presse… Avant d’entrer dans quelques articles de fond, une brève a retenu votre attention…

Quelques mots qui rapportent la déclaration de l’avocat du braqueur Redoine Faïd…
« Mon client reste combatif », a déclaré Maître Raphaël Chiche…
C’est assez surprenant… De quel combat s’agit-il ?
Je ne sais pas comment les gardiens de la prison de Vendin-le-Vieil (dans le Pas-de-Calais) vont interpréter cet état d’esprit qui serait celui de Redoine Faïd…
Durant sa cavale, raconte Le Parisien, il a cherché à vendre « un plan fourgon ». Comprendre : il a tenté (il y passait toutes ses soirées, au téléphone), il a tenté de recruter une équipe en leur vendant un projet de braquage à plusieurs millions d’euros…

« Combatif », Redoine Faïd… serait aussi séduisant !

C’est ainsi qu’il est décrit par les personnels pénitentiaires ayant déjà eu affaire à lui, lit-on dans La Voix du Nord qui présente la prison de haute sécurité de Vandin, réputée pour accueillir des détenus difficiles…
Placé à l’isolement, Redoine Faîd sera accompagné de 4 agents vêtus de tenues pare-coups pour chacun de ses déplacements…
« Il est affable, voire aimable. Toujours dans le charme. Mais il est malin, ce qui le rend encore plus dangereux », commentent des surveillants…

A la Une de La Voix du Nord, cette question terrible : Assiste-t-on à la disparition de la République ?

Question sans rapport avec les 60 ans de la Constitution de la Vème République… Anniversaire qui a permis au Chef de l’Etat de souligner la solidité du texte fondateur qui a résisté à une multitude d’épreuves…
Non, assiste-t-on à la disparition de la République, comme l’a proclamé Martine Aubry ?
« On n’est plus en République ! », a lancé la maire de Lille la semaine dernière, évoquant certains quartiers de sa ville, vision confirmée par Gérard Collomb qui a prononcé des phrases similaires lors de son départ de la place Beauvau…
La Voix du Nord s’est rendue dans ces quartiers pour… confirmation ! Le président du bailleur social de la métropole explique presque benoitement: « Il n’est pas normal que des dealers fassent la police aux entrées, fouillent les gens… et prennent en otage les habitants ».
Il se dit impuissant. La police agit, mais pas assez souvent à son goût.

Article qui entre en résonnance avec un autre dans Le Figaro…

Le Rassemblement national prospère toujours dans ses bastions des Hauts-de-France, auprès d’une population qui se sent abandonnée…
Manchette principale du Figaro : « Un an après Weinstein, ce qui a changé entre les hommes et les femmes… »
La parole s’est libérée, les plaintes pour violences sexuelles sont en nette augmentation, MeToo a permis de mettre en lumière de terribles comportements, attention toutefois à la tentation de certaines féministes « victimaires » de faire la peau des hommes : voilà la position du Figaro…

Me Too n’a pas d’effet sur un homme dont le visage apparait à la Une de Libération et de L’Humanité…

Jaïr Bolsonaro, le candidat d’extrême-droite favori du premier tour de la présidentielle au Brésil ce week-end…
Il est misogyne (d’une députée de gauche, il dit qu’il ne la violerait pas car ‘trop laide’), homophobe (il préfèrerait avoir un fils « mort dans un accident de la route plutôt qu’homosexuel »), raciste…
Père de 4 garçons, il qualifie la naissance de sa fille d’ « instant de faiblesse »…
Pro-dictature aussi. Et pourtant il séduit en se présentant comme anti-corruption…
« Comment passer du carnaval au film d’horreur », résument Les Echos dans leur portrait…

Changeons de visage, avec celui qui s’affiche sur de nouveaux magazines ce matin…

Après Paris-Match, après Le Point… (Il était la voix de la France…. Parti de rien, il chantait la vie, l’amour faisait vibrer le monde entier de sa poésie entraînante…)

Charles Aznavour !!! (A qui un hommage national sera rendu aux Invalides tout à l’heure)

Demain encore… sur la couverture du Parisien week-end…
Le géant… sur la couverture du Figaro magazine… « Le grand Charles »…
Le Fig mag souligne que d’origine arménienne, il se rêvait « plus français que les Français »…
Le grand Charles, prénom qui n’était pas le sien à la naissance, il en a changé ou plutôt l’infirmière de la maternité l’a changé pour lui…
Eric Zemmour, qui a lancé une polémique sur les prénoms d’origine étrangère, s’en félicite, comme Charles Aznavour lui-même en son temps : « J’aimerais rencontrer cette infirmière pour la remercier, disait le chanteur qui avait aussi coupé son nom d’origine Aznavourian…
« A l’époque, écrit l’essayiste qui sent le soufre, les immigrés rejoignaient un pays et pas une diaspora. L’assimilation avait des règles qu’aucun immigré ne refusait au nom d’une identité tyrannique et d’une individualité capricieuse ».
Fin de citation d’Eric Zemmour…

On termine en chanson ?

Dans votre salle de bains ou en voiture, continuez d’écouter la radio…
La voiture qui déplace les foules au Mondial est plus qu’un moyen de locomotion, plus qu’un plaisir, c’est… « un huis clos existentiel »… qui « crée un rapport à soi-même » !
Interview dans Libération d’un sociologue pour qui l’innovation technologique va dans le sens d’une complicité toujours plus grande entre l’usager et son véhicule…
On va être déchargé de la conduite, dont on pourra encore plus facilement y faire, je cite,
« l’expérience de nombreux états d’être intérieurs »… Comprendre : y être détendu, stressé, y écouter ses musiques préférées, sa radio préférée, y laisser aller sa colère…
« Je peux y exprimer plusieurs pans de ma personnalité, ce qui n’est pas toujours possible dans mon logement, du fait de la présence des enfants, de la proximité des voisins… »
Vive les bouchons qui prolongent le huis clos existentiel… Mais attention, l’innovation technologique, avec les voitures collectives demain (dossier dans Challenges) pourrait aussi briser ce huis clos existentiel…
Le progrès a toujours deux faces.

 

Michel Grossiord