La Revue de Presse du jour – 05/03/2019

La revue de presse… Parole d’Evangile…

Je ne vous parle pas de la parole qui emplit les pages des journaux : la parole présidentielle pour une renaissance européenne… La tribune d’Emmanuel Macron est reproduite dans presque tous les journaux, et déjà abondamment commentée…
Non, parole d’Evangile : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu »…
Lu dans La Croix. Question à la Une du quotidien: Qui est riche ?
Réponse. Le riche, c’est toujours l’autre… D’une certaine manière, La Croix corrige donc l’Evangile… (aucune définition statistique ne fixe un niveau de revenu ou de patrimoine délimitant la fin de la classe moyenne et le début des ‘riches’. Cette frontière poreuse crée des confusions, note La Croix…)
Pour les Français particulièrement, le riche c’est toujours l’autre, mais c’est une blague américaine (pays supposé détendu sur le sujet) qui dit qu’un homme heureux est celui qui gagne davantage que son beau-frère…

Rares sont les paroles décomplexées sur l’argent…

Pour les entendre, adressez-vous à Fabrice Luchini…
Justement, c’est ce que fait Le Figaro… Photo à la Une du comédien et annonce d’une interview où il sera question des amours littéraires de Luchini, de son amitié avec François Hollande (« Quelqu’un de monstrueusement plaisant. Il est du côté du rire ») et d’argent…

Pas d’interview de Fabrice Luchini où il n’en soit question…

Il faut dire qu’il joue toujours au théâtre son spectacle sur l’argent…
-Vous n’avez pas honte de gagner de l’argent ? lui demande Le Figaro.
-Vous savez, à côté d’un Bolloré, ma fortune est dérisoire. J’ai, disons, la situation d’un gynécologue niçois. Vu de là où je viens, c’est un miracle. Cela ne m’empêche pas de réfléchir… Mais pour en avoir manqué, j’ai une attitude très respectueuse vis-à-vis de l’argent. Une chose est sûre : je ne ferai jamais rien gratuitement… J’ai besoin qu’on me paie pour mes efforts…
Curiosité, lors de cet entretien réalisé dans un bar huppé du 8ème arrondissement de Paris, un homme installé au fond s’est levé, poussant devant lui une poussette… En passant, il salue le comédien : « La dernière fois qu’on s’était vus, c’est à votre spectacle, dans une loge, avec le patron ! »
Luchini s’en souvient très bien.
-Vous l’avez reconnu ? demande le comédien à Bertrand de Saint-Vincent du Figaro qui répond « il me semble », et n’imaginais pas Alexandre Benalla en bon père de famille…
Benalla qui parle toujours du « patron »…

Le patron Macron qui est donc à la Une…

L’Europe rêvée de Macron, titre L’Alsace. Ouest-France salue son appel pour l’Europe. Tout comme Les DNA : contre-attaque dans une Europe en danger. Son appel est une manière de revenir à la charge, pour L’Opinion, après le début de quinquennat marqué par des ambitions fortes… et des réalisations plus modestes faute de rallier des partenaires…
Le Figaro montre de la distance, évoquant des « incantations » : « On ne voit pas ce qui dans ce texte pourrait être propre à séduire des Européens pestant contre la complexité, l’immobilisme et la bureaucratie de l’appareil communautaire !

En matière de bureaucratie, la France est-elle en mesure de donner des leçons ? A l’évidence non, si l’on suit Sud Ouest…

Manchette du quotidien régional : Aides européennes, va-t-on perdre des millions ?
Il y a là, à portée de main, 687 millions d’aides communautaires pour aider les territoires ruraux dans leurs projets de développement. Belle enveloppe !
Eh bien, à cause de la bureaucratie française, et d’un logiciel défaillant, seuls 4% des ces fonds européens ont été distribués… Des milliers de porteurs de projets (artisans, maisons de santé, festivals…) attendent de toucher leur aide… Il faut faire vite maintenant pour ne pas perdre cette manne, qui sera perdue si elle ne trouve pas preneur avant 2020…
Sud Ouest nous raconte comment cette opportunité est enrayée au moment même où quand monte la plainte de l’abandon des territoires…

Une plainte que l’on entend beaucoup en effet lors du grand débat…

Il y a aussi une soif de justice…
Or, j’aimerais vous parler d’un privilège d’ancien régime…
Depuis Louis XVI, la famille du duc de Choiseul (qui avait offert un bout du parc de son hôtel particulier) bénéficie d’une loge perpétuelle à l’Opéra comique à Paris…
Mais en 2017, des travaux ont réduit sa taille de moitié. Un affront pour ces privilégiés, raconte Le Monde qui raconte l’histoire depuis 1781 de cette enclave de l’Ancien Régime dans la République, enclave restée la propriété des héritiers du duc…
Ces derniers (une vingtaine) y sont chez eux, se distribuent les places… mais de 12 places la loge est passée à 5 ! Car il a fallu faire passer, à cet endroit, une gaine d’aération…
Les héritiers dénoncent « une voie de fait », menacent d’un procès… Lors de précédents procès, ils ont même invoqué la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 !… qui déclare que la propriété est un droit inviolable et sacré !
L’affaire fait toujours actuellement l’objet d’une médiation discrète…

 

Michel Grossiord