La Revue de Presse du jour – 04/12/2018

La revue de presse… avec le premier geste dans la crise des gilets jaunes…

Le moratoire…
Vite, il fallait faire vite… C’était la demande des journaux… Pour le président et le premier ministre, c’est même une course contre la montre, selon Les Echos et Libération Champagne.
L’Opinion parle d’une urgence absolue à agir.
Mais ce premier geste d’ouverture ou d’apaisement sera t-il de nature à apaiser la colère des gilets jaunes et repousser le spectre d’un nouveau samedi noir qui ferait basculer la France dans une crise de régime ?

Le « moratoire » sur la hausse des taxes sur le carburant est présenté par la presse comme un simple préalable…

Tous les partis d’opposition avaient plaidé en ce sens hier, à l’exception d’Europe Ecologie Les Verts…
Mais ce n’est que le mot d’ordre initial du mouvement des « gilets jaunes »…
Ce moratoire, qui aurait pu désamorcer le mouvement il y a 15 jours, n’est plus qu’un préalable insuffisant, soulignent Les Echos…
Est-ce un signe ? Le patronat se dit ouvert à des gestes pour le pouvoir d’achat. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avance des pistes dans Le Parisien pour résoudre le conflit… Le moratoire, mais aussi de nouvelles indemnités kilométriques (50% de nos salariés n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture, et ils font en moyenne 44 km, dit-il), une hausse du Smic, attention… conditionnée à une baisse des cotisations…
« Nous sommes en état d’urgence économique », dit le patron des patrons…

Cette autre urgence se traduit pas des Unes alarmistes…

En région, l’économie suffoque, alerte Le Midi Libre.
Le chômage partiel est déjà en vigueur à l’usine Royal Canin d’Aimargues dans le Gard, qui encaisse déjà 10 millions d’euros de pertes dues au blocage d’un rond-point d’accès à l’autoroute A9, à deux pas.. Capacité de production réduite à 60%. L’intéressement des salariés aux bénéfices chutera…
En Occitanie, l’impact sur le tourisme est perceptible. Notre clientèle belge, nombreuse, nous dit qu’elle part en Espagne ou au Portugal…
Idem à Paris. Là encore du chômage technique est annoncé après les vagues d’annulation, alors que le tourisme s’était relevé des attentats de 2015, écrit Le Parisien.
Les Echos soulignent la crainte de voir dérailler l’économie française… Hôtellerie restauration, grande distribution, commerce, agroalimentaire, transport aérien…

Il faut aussi compter sur l’image d’impact, pas que pour le tourisme…

Le directeur de l’usine Royal Canin dans le Gard assure que ses actionnaires ne voudront pas moderniser le site français : perte d’attractivité…
Certains se délectent du chaos, observe La Revue des deux monde… Libération qui titre « Des gilets jaunes aux gilets jeunes ? (Les lycéens) mentionne qu’en France « dont l’hymne national est un chant révolutionnaire, la rébellion bénéficie toujours d’une sympathie initiale »
Elle ne recueille pas celle de Renaud Girard du Figaro pour qui la France a le don pour se tirer une balle dans le pied… Elle ne se signale plus au monde que par les images délétères de ses grèves, de ses attentats, de ses émeutes, écrit-il… sans nier les effets, écrit-il, du libéralisme anglo-saxon et de la financiarisation de notre économie qui ont entraîné désindustrialisation et chômage de masse dont les gilets jaunes sont les enfants.
Fin de citation.

Edouard Philippe a donc annoncé un premier geste, mais c’est Emmanuel Macron qui est à la manœuvre…

Le Monde le dépeint à la manœuvre, même s’il envoie son premier ministre en première ligne.
Le Parisien écrit : Tempête sous un crâne. (Celui d’Emmanuel Macron).
Arrimé à son portable jusqu’à des heures tardives, le chef de l’Etat échange avec ses proches et « textoteurs du soir », ces visiteurs du soir du « nouveau monde ».
« Je suis tout seul devant » s’est emporté récemment Emmanuel Macron.
Conséquence : les critiques de la presse le visent directement… dans Le Républicain lorrain, La Montagne, Nice Matin ou L’Alsace qui juge que le candidat vu comme dynamique et volontaire a pris les traits d’un président distant et incapable de la moindre autocritique…
Sa prise de parole est attendue, car seule la parole présidentielle permettra d’en finir avec le mouvement social, estiment certains… Ainsi un proche du président résume crûment dans L’Opinion : « Quand tu as habitué les gens à la coke et tu leur donnes du haschich, c’est moins bon »…

Autre personnalité à la Une ce matin, le baron belge Albert Frère, décédé hier à 92 ans…

Il a marqué le monde des affaires pendant 50 ans… devenant le roi du CAC 40… rassemblent le gratin mondial dans son carnet d’adresses économico politico mondain…
Portraits d’une page dans Les Echos, Le Figaro et Libération, cette dernière à la tonalité critique, mais évoquant aussi l’épicurien… bon vivant, sportif, jovial. Une jovialité qui avait ses limites : devant des syndicalistes envahissant son bureau, Albert Frère était capable de lancer : « Ecoute bien, fils, c’est ma galette à moi, je fais ce que je veux avec… »

Michel Grossiord