La Revue de Presse du jour – 04/02/2019

La revue de presse… Bonne idée ? Fausse bonne idée ? L’idée d’un référendum n’emballe pas les journaux…

Option d’Emmanuel Macron pour sortir de la crise, la tentation d’un référendum avec des questions multiples ne recueille guère de suffrages parmi les éditorialistes… Mises en garde et avertissements…
A manière avec précaution, avertit Le Figaro… Le référendum pourrait ouvrir la porte aux réponses les plus démagogiques…
Le risque de voir l’enjeu européen escamoté voire sacrifié inquiète Le Républicain lorrain et Le Journal de la Haute-Marne, Sud-Ouest et Le Midi libre qui parle carrément d’une « erreur stratégique »…
A relever dans Le Midi Libre, à l’occasion de son déplacement aujourd’hui à Montpellier, une interview de Christophe Castaner…

Le Ministre de l’Intérieur défend la loi anti-casseurs qui sera votée demain…

Les casseurs, ou les « brutes » (mot qu’il utilise à plusieurs reprises), sont les cibles de ce texte, et en rien la liberté de manifester, explique Christophe Castaner…
Nous ne sommes pas face à une situation de maintien de l’ordre, samedi après samedi, mais à de « l’émeute urbaine », dit le ministre de l’Intérieur qui défend une loi de protection et non de répression…
Mais, il convient de le relever ce matin, des journaux aussi opposés que L’Opinion et L’Humanité dénoncent cette loi, particulièrement l’interdiction administrative de manifester entre les mains du préfet !
Le journal libéral et le journal communiste jugent cette mesure indéfendable…
Un proche d’Emmanuel Macron, l’avocat et écrivain François Sureau, signe un véritable réquisitoire dans Le Monde contre cette loi anti-casseurs, avançant qu’elle menace la démocratie…
Le texte a été jugé digne du régime de Vichy par le député centriste Charles-Amédée de Courson, et François Sureau d’évoquer son serrement de cœur quand il a vu, je cite, 50 nains de jardins ricaner en entendant le député les mettre en garde… « Une assemblée de suce-pieds », écrit-il encore…

Lui n’est pas suce-pied avec Emmanuel Macron dont il est proche…

François Sureau l’avait déjà critiqué en termes aussi vifs sur la politique migratoire, sujet au cœur de l’entretien croisé dans Libération d’Edgar Morin, 97 ans, et Alain Touraine, 93 ans, « une humanité de pensée » écrit Libé.
Autre sujet en lien avec le chef de l’Etat : sa vision de l’information.
Surprise : dans Le Point, journal qui soutient les réformes et dénonce le chaos des gilets jaunes, Etienne Gernelle prend la plume pour dénoncer, je cite, la tentation de la Pravda chez le chef de l’Etat…

Il s’agit d’une allusion à des propos tenus par le Chef de l’Etat jeudi devant une demi-dizaine de journalistes…

Semblant réfléchir à haute voix, Emmanuel Macron s’est lancé dans une analyse des médias. « Le bien public, c’est l’information… Il faut s’assurer qu’elle est neutre… Et peut être que c’est ce que l’Etat doit financer… »
L’idée que des subventions publiques aillent à la vérification de l’information fait bondir Etienne Gernelle, le directeur de la rédaction du Point, hebdomadaire qui dénonce régulièrement les bêtises colportées par la presse et la paresse intellectuelle de certains journalistes, mais qui rejette toute idée d’un programme de tutelle d’Etat…
Pour beaucoup, l’information passe désormais par Facebook… Un chiffre : 27 millions de Français connectés chaque jour à ce réseau social…

Une puissance colossale…

Facebook n’a pas l’intention de se transformer en censeur, « ce n’est pas le rôle de Facebook de dire ce qui est vrai ou faux »… assurait Laurent Solly hier dans le JDD tout en assurant que Facebook « doit tout faire pour empêcher que ce qui est faux se répande sur notre service ».
Sur Facebook et les autres réseaux sociaux, l’avis (en réponse) du journaliste et écrivain Philippe Val dans Le Figaro : ils ont créé un monstre hors sol, et vérolent l’Etat de droit…
Ancien directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val ciblé par al -Qaida après avoir signé une pétition contre le nouvel antisémitisme, est interrogé sur le retour des djihadistes…
Il ne croit pas à leur rédemption, et compare la situation avec la fin de la seconde guerre mondiale : on n’a pas dit aux nazis qu’on allait les déradicaliser, on les a chopés, jugés au procès de Nuremberg, traqués jusqu’au dernier…

Enfin, pom pom pom pom…

Ce sont les premiers mots de l’article du Figaro sur Beethoven superstar. L’an prochain on célèbrera les 250 ans du compositeur. Concurrence de toutes les villes, de toutes les salles de concert pour cette « anniversaire monstre », écrit encore Le Figaro… Risque d’embouteillage… avec cette question : trop de Beethoven risque t-il de tuer Beethoven ?
Toutes les symphonies seront au programme… mais on y revient toujours… Pom pom pom pom…

 

Michel Grossiord