La Revue de Presse du jour – 03/12/2018

La revue de presse… Avec cette inquiétude : jusqu’où pourrait nous conduire « le désastre national » ?

Le désastre national, c’est ainsi que Le Figaro définit ce qui s’est passé samedi en France.
Ce 1er décembre restera comme « une blessure nationale », écrit Alexis Brézet.
Mais la blessure est loin d’être refermée…
Et la cicatrisation pourrait attendre: « plus le temps passe, plus notre démocratie trépasse », met en garde Le Midi Libre.
Course vers l’abîme. Pulsion suicidaire, déplore Ouest-France après le chaos de samedi.
Notre démocratie est menacée, soulignent Les Echos pour qui les violences sont des attentats contre la démocratie. Les Echos fustigent les coupables ambiguïtés de certains responsables politiques… La Dépêche du Midi cible les Mélenchon-Le Pen qui entretiennent le désir d’en découdre ce qui mène forcément au pire…
La Dépêche assure que c’est la chute assurée de toute la cordée républicaine si l’escalade se poursuit… Escalade de part et d’autre, précise le journal de Toulouse… Du côté des gilets jaunes comme du pouvoir…

Comment donc éviter « le pire » ?

Le « pire », risque souligné aussi par Libération qui voit Emmanuel Macron « submergé » (c’est sa manchette et sa Une avec le visage du chef de l’Etat recouvert de jaune)
Comment l’éviter?
En optant pour des gestes forts, toute la presse en convient, quelle que soit son orientation politique. Un consensus se dégage donc. Pas forcément sur la nature de ces gestes, mais sur la nécessité d’en faire, au minimum suspendre la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier.
Il est assez frappant que constater que L’Opinion, qui soutient les réformes lancées depuis 18 mois, voit désormais Emmanuel Macron dans l’impasse.
Un article recense même ses 7 erreurs qui l’ont conduit là.
L’Opinion énumère. Une ambition réformatrice sans adhésion suffisante. Le refus de s’appuyer sur les forces sociales. L’incapacité à corriger sa politique (par exemple quand des économistes proches de lui s’étaient inquiétés de mesures déséquilibrées). Un mode opératoire défaillant (en faisant passer les hausses d’impôts avant les baisses). L’insoutenable légèreté de la parole présidentielle (un député La République en marche assure dans Le Figaro que 80% du « bordel des gilets jaunes est le résultat des petites phrases du chef de l’Etat depuis 6 mois). La sous-estimation du mouvement des gilets jaunes. L’impasse stratégique (plus le temps passe, plus les enchères risquent de monter)…
N’en jetez plus, voilà pour L’Opinion « les 7 erreurs qui ont conduit à l’impasse »… alors que Les Dernières nouvelles d’Alsace jugent, je cite, que c’est à Emmanuel Macron de neutraliser la grenade qu’ll a lui-même dégoupillée »…

Le Chef de l’Etat est directement interpellé par toute la presse…

Demande d’une prise de parole, à côté de « mesures concrètes ». L’urgence est là, clame La Voix du Nord qui estime qu’Emmanuel Macron cherche à gagner du temps en demandant au premier ministre de rencontrer les chefs de partis.
Monsieur le président, à vous d’agir, lance Le Midi Libre.
Le Parisien se fait pressant : Monsieur le président, il faut des réponses.
Les Echos notent que pour l’instant, c’est Emmanuel Macron qui veut des réponses judiciaires et policières fortes après les heurts sans précédent. Une réponse pour l’heure essentiellement sécuritaire risqué, ajoutent Les Echos. Quelle autre réponse ?
Le moratoire ? Insuffisant.
La hausse du Smic ? Impossible pour les PME…
Le rétablissement de l’Impôt sur la fortune ? Ce serait tuer le quinquennat Macron.
La ligne de crête est difficile à trouver sans compromettre la capacité de réforme du chef de l’Etat, souligne aussi Ouest-France.

Tout faire pour éviter un 4ème samedi noir, c’est un autre impératif partout cité…

On a connu des événements inouïs à Paris, mais aussi dans de nombreuses villes, comme en témoigne la presse régionale…
Dijon. Le Puy en Velay, où le préfet dénonce une volonté de tuer des manifestants. Narbonne. Là encore des pompiers ont été pris à partie à un péage en flamme.
Narbonne. Scènes de guerre, assure L’Indépendant.
Le Progrès de Lyon assure que parmi les casseurs il y avait des gens ordinaires, ajoutant cette précision : Des hommes et des femmes qui ont laissé les enfants aux grands parents pour lancer des pavés contre les CRS… Ou applaudir les casseurs quand ils défonçaient une vitrine.
Il y a le feu, disent Les Dernières nouvelles d’Alsace… Et les images partout en témoignent…

Il y a le feu, on parle maintenant de la planète…

Le feu… On en vient à oublier la COP 24 qui s’ouvre en Pologne à Katowice, alors que la planète carbure toujours aux énergies fossiles…
A lire dans Les Echos : les émissions de CO2 n’ont jamais été aussi élevées l’an dernier.
On ne voit pas comment la planète pourra rester sous le degré et demi de réchauffement stipulé dans l’accord de Paris.
Autre article des Echos : une espère d’animal ou une variété de plane disparaissent de la planète toutes les vingt minutes. La disparition massive des grands mammifères et de la biodiversité annonce-t-elle la fin de notre propre civilisation ? Plusieurs études convergent en ce sens…

 

Michel Grossiord