La Revue de Presse du jour – 03/10/2018

La revue de presse… Voltaire, toujours revenir à Voltaire !

« Gardez moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge »…
Citation parfaite dans le contexte que rappellent Les Dernières nouvelles d’Alsace et Le Journal de la Haute-Marne…
Mes amis… Plus que cela, le père spirituel, celui qui lui apporta le soutien des élus pour emporter la course à l’Elysée…
Tragi-comédie ou « psychodrame », mot choisi par Le Parisien?
Pour Le Figaro, Gérard Collomb et Emmanuel Macron ont pulvérisé les plus belles performances surréalistes… Après Voltaire, André Breton…
La presse dans son ensemble évoque une farce, un vaudeville, « du grand guignol », écrit L’Opinion, la palme de la trouvaille revenant à Libération…
Photo pleine page d’un Gérard Collomb hilare (vraiment emporté par un rire énorme), et cette manchette : « Le gag des Lyonnais »…

En vrai, on ne rit pas…

Les DNA parlent de débandade, la Voix du Nord juge que la présidence jupitérienne est foudroyée…
Avec un pouvoir qui ne parvient pas à endiguer, les crises, il y a péril en la demeure, vraiment, insiste Ouest-France qui constate que Jupiter n’est plus le maître des horloges.
Un vaudeville ? Oui, mais affligeant, désolant, navrant, précise Le Parisien inquiet de l’affaiblissement de l’exécutif…

Beaucoup de questions sur le thème « Comment et Pourquoi en est-on arrivé là ? »

Pourquoi Emmanuel Macron a manqué d’autorité d’emblée, tombant brusquement de l’Olympe ? Pourquoi n’a-t-il pas accepté la démission de son ministre ?
Cécile Cornudet des Echos évoque sa dualité, racontant le dîner à l’Elysée lundi soir, qui a suivi l’entretien Macron-Collomb… Pas un dîner politique, non… Les grands patrons de l’automobile étaient conviés, et tous sont sortis médusés par la connaissance des dossiers du président. « La maîtrise, la séduction, pour ne pas dire selon certains la vision sur un sujet économique aride. Et puis, l’inexpérience politique qu’il paie aujourd’hui cash »…
L’Express consacre sa Une au « commando Macron », sa garde rapprochée, plutôt des trentenaires… Contre-publicité pour ces fidèles soudés par la campagne censés être l’appui dans l’aversité…

Autre question : pourquoi Gérard Collomb a pris la fuite, si brutalement ?

Pourquoi le grognard de la macronie est devenu grognon, comme se demande La Provence ?
Beaucoup d’interrogations sur ses raisons « nébuleuses » (dit La Voix du Nord), sur d’éventuelles « failles » (Libération)…
Le Progrès de Lyon cite plusieurs points de rupture avec le président : les 80 kilomètres heure, l’affaire Benalla, le manque d’humilité du nouveau pouvoir, la rupture avec les élus locaux ou encore le traitement infligé aux retraités…
Et puis, Gérard Collomb a senti qu’un putsch couvait à Lyon, glisse Le Parisien.

Il y aurait eu une goutte d’eau !

L’attaque de Daniel Cohn-Bendit, proche d’Emmanuel Macron, qui s’en est pris à son âge, celui de la retraite, le temps de s’occuper de ses petits enfants et des pâquerettes…
Cocasse quand on observe que Daniel Cohn-Bendit a 73 ans, et Collomb… 71 ans (seulement, est-on du coup tenté d’ajouter)…
L’âge : un domaine où il ne compte pas, c’est la recherche… J’ouvre une parenthèse pour saluer Gérard Mourou, notre dernier Prix Nobel de physique pour ses travaux sur les lasers…
74 ans !
Le Figaro et Le Parisien l’ont cherché hier, il se trouvait dans son laboratoire de l’école Polytechnique… Gérard Mourou n’entend pas prendre sa retraite… Hier, il était doublement heureux hier : le Nobel, et il avait aussi reçu sa nouvelle carte de piscine !)
Je referme la parenthèse…

Retour à Gérard Collomb qui avance aussi des raisons esthétiques à son départ !

D’abord, comme il le proclame dans Le Figaro, « il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens »…
Ensuite, c’est vrai, dans Le Progrès, il se livre à un petit comparatif entre Lyon, son immense beauté, son attrait, et… Paris, « beaucoup plus minérale, moins variée dans son architecture »…
On va lui faire visiter le bois de Boulogne, avec un arrêt à la Fondation Vuitton qui présente aujourd’hui une double expo : Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat…

Faites le guide Guillaume, vous avez vu cette rencontre organisée entre deux artistes rebelles, ils avaient leur révolte en commun, « la même fureur de peindre », « la rage de vivre »… Supplément du Monde, numéro spécial de L’œil, interview dans Le Figaro de Bernard Arnault, le président de LVMH qui avait découvert Basquiat dans une petite galerie de Manhattan dans les années 80… « Casser les codes, le propre des grands artistes. »

Deux choses à signaler encore dans la presse…

Un : les 7 pages de La Croix qui démontrent que les passeurs relèvent d’organisations criminelles à caractère mafieux… des filières qui vont jusqu’à susciter des candidatures dans les pays de départ. Des passeurs dépeints comme les nouveaux esclavagistes des travailleurs migrants…
Deux : il faut lire la Lettre à Madame Jacqueline Sauvage publiée par Le Monde.
L’avocat général lors du procès de cette femme victime de violences conjugales, Frédéric Chevalier, prend la parole de façon exceptionnelle pour dresser de Jacqueline Sauvage un portrait plus complexe de l’interprétation de Muriel Robin sur TF1 lundi soir…
Lui fustige une image faussement véhiculée par le gigantesque café du commerce des réseaux sociaux, mais il cible bien les artistes, intellectuels, journalistes.. qui ont décrit comme un enfer la vie commune (47 ans) de Jacqueline Sauvage avec son mari qu’elle finira par abattre de 3 coups de fusil dans le dos…
Campagne de communication d’un côté (aux objectifs louables, la lutte contre les violences faites aux femmes), de l’autre tribune contradictoire sur bien des points énoncés comme une évidence…
Lecture recommandée aux 9 millions de télespectateurs de TF1

 

Michel Grossiord