La Revue de Presse du jour – 02/10/2018

La revue de presse… Les plus belles Unes, on laisse Charles Aznavour les chanter…

MUSIQUE…

Hier encore… Titre de Libération et du Midi Libre qui consacre un cahier spécial au chanteur désormais en haut de l’affiche pour l’éternité… à jamais formidable…
For me, formidable… Manchette du Figaro. Référence au formidable destin de Charles Aznavour
Et à ses chansons bien sûr (1.400 au total)… Si formidables que l’on ressent à sa mort, comme le note La Voix du Nord, une nostalgie pour ce temps où l’on se retrouvait un peu tous dans les chansons de Charles Aznavour, parce qu’il parlait de notre destin commun…

C’est d’abord un destin singulier que les journaux racontent : celui des Aznavourian…

Ses parents, réfugiés arméniens fuyant le génocide, viennent d’arriver en France en provenance de Turquie via la Grèce, lorsqu’ils donnent naissance à leur fils le 22 mai 1924…
Apatrides, les Aznavourian sont en attente d’un visa pour les Etats-Unis, mais ils se prennent d’amour pour Paris, où ils restent.
Et où ils résistent en abritant des communistes, les Manouchian,héros de L’Affiche rouge… Episode relaté par L’Humanité, qui titre à la Une « Le Grand Charles »
Résumé du Monde : « Charles Aznavour, c’était la France. Pas celle d’Edith Piaf (le réalisme, les faubourgs), ni celle de Maurice Chevalier ou de Charles Trenet. Aznavour, c’était la France internationaliste, terre d’accueil, qui sait enseigner aux enfants de la République les valeurs fondamentales, mais aussi le charme, le romantisme sexy, et une forme de légèreté en équilibre constant entre le Nord introverti et le Sud extravagant »…
Libération le voit avec ses souffrances et ses succès comme un symbole de l’émancipation républicaine, un rêve qui trotte toujours dans la tête des Français, celui d’un étranger qui s’impose par son ambition et son abnégation, d’un petit homme qui parvient au sommet…

Plus de 70 ans de carrière, la bohème, on écoute cette chanson que tout le monde est capable de fredonner…

MUSIQUE…

La bohème, le succès enfin… Mais ce que retient aussi la presse, c’est Aznavour devenu indissociable de l’Arménie…

Le passé allait le rattraper en 1988, lors du terrible tremblement de terre à Erevan… Son pays d’origine, il l’avait découvert vraiment en 19­­63, au cours d’une tournée en URSS… Mais en 1988, il s’est vraiment senti concerné…
Il chante en Arménien en 1988…

MUSIQUE

Fidélité à sa terre d’origine, mais Charles Aznavour savait aussi ce qu’il devait à sa terre d’accueil, souligne Le Figaro…
Sa mort rend la journaliste Valérie Toranian orpheline… Elle l’écrit dans La Revue des deux mondes… Auteur de L’Etrangère, qui évoque le destin de sa grand-mère débarquée en France avec les survivants du génocide dans les années 20, Valérie Toranian, écrit : « J’ai perdu quelqu’un de ma famille ».
Elle raconte une anecdote… Un jour, elle interviewe, anxieuse, impressionnée, son idole pour le magazine ELLE…
Je lui dis : « Cela doit être formidable d’être la femme d’un homme qui sait si bien parler d’amour ».
Il m’avait rétorqué l’œil froid et (presque) sans malice : ‘Les mots d’amour pour moi, c’est le boulot. On ne parle pas boulot à la maison ! » J’étais restée sans voix…

« Je suis 100% Français et 100% Arménien », disait Charles Aznavour…

« Quelle réponse à tous ceux, identitaires, fondamentalistes, indigénistes qui veulent nous assigner à une identité, nous circonscrire, nous définir, nous essentialiser », écrit Valérie Toranian… « Voilà, Charles a réglé le problème une fois pour toute. Nous sommes absolument totalement des êtres aux racines complexes et au destin unique »…
Aznavour, chanteur universel, dit Le Monde…

D’autres sujets ce matin ?

Faux départ à la Place Beauvau. Gérard Collomb présente sa démission de ministre de l’Intérieur, mais Emmanuel Macron l’a rejeté, lui renouvelant sa confiance… révèle Le Figaro…
Le ministre a confié à ce journal qu’il ne souhaitait pas que son ministère et la police soient déstabilisés… alors que Matignon est suspecté de pousser la candidature de Gérald Darmanin…
Egalement à la Une, Carlos Ghosn…
Manchette des Echos
(…)
On parle de la technologie ultime pour la voiture en ce 2 octobre 2018… alors qu’il y a 70 ans exactement (c’était le 7 octobre 1948), l’îcone de la démocratisation de l’automobile était présentée au Salon automobile de Paris sous la verrière du Grand Paris…
Une voiture lancée par Citroën…

La 2 chevaux !

La deudeuche qui souffle ses 70 bougies…
C’est la 203 Peugeot ou la Ford Vedette qui attirent alors l’attention…
La deudeuche paraissait déjà vieillotte à l’époque.. Les premiers commentaires n’étaient pas flatteurs, raconte Le Monde… On surnomme la 2CH la balançoire…
Comme quoi, arriver en haut de l’affiche, ça prend du temps… parfois

 

Michel Grossiord