La Revue de presse du jour – 01/02/2019

La revue de presse… Les commentateurs de l’actualité (comme Maurice Szafran et Nicolas Bouzou que je m’apprête à accueillir) vont-ils devoir aller se rhabiller ?..

La question est posée : Emmanuel Macron aimerait que l’on passe d’une société du commentaire permanent (dont il dénonce les effets délétères) à une société de la délibération permanente…
Le chef de l’Etat l’a dit hier à quelques journalistes (Guillaume Tabard du Figaro, Alain Auffray de Libération, Bruno Jeudy de Paris-Match, Adrien Gindre de TF1 et Emmanuel Beretta du Point,…)
En même temps, appeler à l’instauration d’une société du débat permanent devant des commentateurs conviés à l’Elysée ne vaut pas complète condamnation de ces derniers…
Edouard Philippe n’est pas fermé à l’idée du débat permanent prônée par Emmanuel Macron. Le premier ministre l’a glissé au journaliste du Monde qui l’a accompagné hier soir dans l’Allier pour un débat « hyper rural » comme diraient les technos…

Il a évoqué le débat budgétaire…

« Un peu confiné à un débat d’experts », selon Edouard Philippe. « Il peut être enrichi ».
Avis aux amateurs.
Edouard Philippe la joue tranquille (Emmanuel Macron a dit qu’il n’avait pas vocation d’être un fusible), imperturbable malgré les turbulences à bord du Falcon… A l’aller, l’habitacle vibrait au son des riffs du groupe Dire Straits…

Retour à Emmanuel Macron qui dit vouloir « un nouveau souffle »…

Il se garde bien de lever le voile sur les conclusions qu’il pourrait tirer du grand débat, mais il ne dévie pas, sur le fond, de son projet national et européen d’émancipation… Mais il en remanie la présentation. Au point de reprendre à son compte le slogan du Brexit : reprendre le contrôle de son destin »…
« Je ne me défausse pas » face à la crise des gilets jaunes…
Mais voilà qu’Alexandre Benalla refait parler de lui, et revient dans la presse l’image du sparadrap du capitaine Haddock… Nouvelles intrigues.

Dans un enregistrement audio en juillet (révélé par Médiapart), l’ex-chargé de mission se prévalait du soutien du Chef de l’Etat…
« Bienvenue dans la benallisation », ironise Maurice Bontinck de La Charente Libre : « Benalla ment devant les sénateurs, et alors ? Benalla fait un bras d’honneur à la justice en ne respectant pas son contrôle judiciaire, et alors ? Benalla fait du business avec un milliardaires russe proche de Poutine et de milieux mafieux pendant qu’il avait un bureau à l’Elysée, et alors ? »
La Presse de la Manche estime que le temps est venu pour M. Benalla de se retrouver sérieusement devant des juges…

Deux enquêtes à lire à son sujet…

Le Monde. Benalla a très vite été pris en charge par des intermédiaires de marchés africains à la générosité pas totalement désintéressée, intéressés par ses contacts avec les conseillers de l’ombre d’Emmanuel Macron…
Contacts qui se sont prolongés jusqu’en septembre, voire décembre (Benalla s’en vante), selon Le Point. Article titré « La nouvelle vie d’Alexandre Benalla », un « personnage extravagant » qui donne l’impression que tout glisse sur lui…
C’est en tout cas ce qu’il veut laisser paraître. C’est aussi pour cela qu’il agace. Son mantra : « Dans la vie, il n’y a rien de grave »…
Il reconnait lui-même qu’il lui arrive de dépasser les bornes, et ça le fait marrer comme un gosse qui a fait une mauvaise farce, écrit Le Point
Il aime le bling-bling : il ne va pas de priver de monter sur un Jet-ski, comme aux Bahamas en novembre, d’où il envoie des selfies à ses copains (ou ses anciens amis) de l’Elysée.
Des éditeurs ont déjà proposé à Alexandre Benalla d’écrire sa vie : l’histoire du gamin d’une cité d’Evreux devenu l’homme de confiance du Président avant de se brûler les ailes est digne d’un roman ou d’une série.

Les élections européennes à venir seront-elles celle marquées par les fake news ?

Fake news, fléau des temps modernes contre lequel il convient de protéger les démocraties.
La justice se prépare à traiter les plaintes qui naîtront de la loi votée en décembre, explique Le Figaro qui met en garde les juges au sujet de cette loi à manier avec la plus grande délicatesse…
Facebook promet de mettre en place elle-même des garde-fous contre les ingérences étrangères… mais « rien n’arrête Facebook » titre L’Opinion : malgré les polémiques et les scandales, revenus record, nombre d’utilisateurs en hausse…
Deux INFOS en lien avec l’enjeu européen : la Grande Bretagne du Brexit craint pour ses usines automobiles… Leur production a déjà reculé de 9% l’an dernier. Atmosphère pesante depuis deux ans dans ce secteur…
Et puis, l’Italie en récession 6 mois après les débuts de la coalition populiste… La crise de confiance sape l’investissement et la demande, lit-on lit-on dans Le Figaro et Les Echos dont la manchette est bien sûr consacrée à Carlos Ghosn. Confessions dans sa prison. Joli coup… « J’ai une armée contre moi ». Les déclarations de l’ancien PDG qui se dit victime d’un complot, d’une trahison, pourraient affaiblir l’Alliance Renault-Nissan, elles compliquent la donne, soulignent Les Echos…

Enfin, un dernier sujet de réflexion ?

Je vous pose la question Renaud, et à vous aussi Messieurs de la société du commentaire… Etes vous prêts pour la post-masculinité ?
Les hommes changent, le post – mec est le mec qui cessent petit à petit d’être modelés par une vision de la virilité monolithique et conquérante… MeToo est passé par là pour nous faire accepter une autre masculinité (plurielle, ouverte et positive)…
C’est le mensuel GQ qui publie l’avis de décès du mec à l’ancienne… qui a rangé au placard ses blagues misogynes comme son « virilisme » (je parle comme GQ)
Un exemple de post-mec ? Nicolas Hulot pleurant au moment de quitter son ministère… Ou encore Barack Obama qui aura au moins essuyé une larme par an au cours de ses deux mandats…
Car les larmes révèle le post mec (dommage que ça ne soit pas le jour d’Eric Zemmour)… Osez pleurer, même en public…
Osez ses émotions… GQ donne un exemple qui peut être ne vous concerne pas Renaud : êtes vous capable de pleurer parce que le PSG a gagné ?

Si c’est face à l’OM, peut être…

 

Michel Grossiord