LA MUSIQUE SOUS L’OCCUPATION

La musique est-elle vraiment apolitique? Est-elle ce langage universel qui rassemble les hommes ou une bannière qui divise les groupes? À partir d’un long travail de recherche sur les sources, Karine Le Bail dresse un tableau précis de la vie musicale en France sous l’Occupation. De la mainmise de l’Allemagne sur les moyens de diffusion (Radio Paris) à l’actualité des concerts (les tournées de l’emblématique Orchestre philharmonique de Berlin avec Böhm, Karajan ou Krauss) en passant par le quotidien des artistes, elle dresse un tableau précis et vivant de la vie musicale en France durant ces années noires. L’objet de la chercheuse n’est pas d’endosser l’habit du juge et de délivrer des certificats de bonne conduite, même si les idées de certains ne font aucun doute (Lubin, Croizat, Cortot, Schmitt, Cluytens), mais de réfléchir à la portée politique du geste musical en rappelant avec quelle clémence il fut apprécié au moment de l’épuration.
La Musique au pas. Être musicien sous l’Occupation. Karine Le Bail. CNRS Éditions, 440 pages, 27 €.