La cote des politiques plonge au plus bas

Aucune personnalité ne profite de la crise des « gilets jaunes » et des difficultés d’Emmanuel Macron, selon le baromètre Elabe.

Isabelle Ficek (Les Echos)

L’exécutif n’est pas au mieux. Mais c’est l’ensemble de la classe politique qui souffre d’un grand sentiment de défiance. Dans le baromètre de popularité des personnalités politiques réalisé par Elabe pour Radio classique et « Les Echos », le niveau moyen de popularité des femmes et hommes politiques testés a atteint son niveau le plus bas depuis un an : 20 %.

Certes, Nicolas Hulot reste largement en tête du classement auprès de l’ensemble des Français, mais il ne bénéficie que de 43 % d’image positive (en baisse de 9 points) Les deuxième et troisième places du podium sont toujours occupées par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, mais ces derniers n’atteignent respectivement que 36 % d’image positive (-5) et 29 % (-3). « Aucun ne déclenche une image positive chez plus de trois Français sur dix », relève Bernard Sananès, président d’Elabe.

Pas d’alternative

Première personnalité du gouvernement dans le classement, à la quatrième place, Jean-Yves Le Drian, à 28 % d’image positive, perd aussi 4 points. Le rejet est généralisé : toutes les personnalités politiques voient ce mois-ci leur popularité baisser, à l’exception de Marine Le Pen (25 %) et d’Anne Hidalgo (20 %) dont la popularité est stable.

« La crise est née certes sur le terreau d’un mouvement contre les injustices et de défiance vis-à-vis d’Emmanuel Macron mais elle embarque aussi derrière elle une forte défiance vis-à-vis de toutes les personnalités politiques, poursuit le sondeur. Personne n’en profite, il n’y a pas de phénomène de vases communicants. Seulement une grande fragmentation. Les Français ne trouvent pas, aujourd’hui, d’alternative dans les personnalités politiques. » Voilà qui confirme pour lui « l’ampleur de la crise de la représentation, de la défiance, du doute sur la sincérité des politiques. C’est à la fois un atout pour Emmanuel Macron mais aussi une faiblesse ».

Remontée de Wauquiez à droite

Une faiblesse car le chef de l’Etat est très seul. Auprès des sympathisants de La République En marche et du Modem, certes le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (65 %, +1), celui de l’Intérieur Christophe Castaner (63 %, +1) ou la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa (46 %, stable) tirent à peu près leur épingle du jeu, mais d’autres dévissent : c’est le cas du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer (45 %, -10) et de la ministre du Travail Muriel Pénicaud (32 %, -13).

« C’est comme si une partie de l’électorat d’Emmanuel Macron reprochait à ces ministres de ne pas être très présents », analyse Bernard Sananès. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, fait même l’objet dans cet électorat d’un certain rejet, avec une chute de 19 points, à 33 %. Quant au ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, il ne profite pas du passage jusqu’ici sans dégât au prélèvement à la source, puisqu’il perd 8 points, à 45 %.

Auprès des sympathisants de droite, le président de LR Laurent Wauquiez connaît lui une certaine embellie, avec la plus forte remontée du mois auprès d’eux, de 6 points. Il reste toutefois sous la barre de la majorité, à 46 %. « Il a mieux trouvé le ton, plus républicain qu’au début de la crise des « gilets jaunes ». Il a aussi, souligne Bernard Sananès, été plus présent. »

Sondage réalisé par Internet les 5 et 6 février 2019, auprès d’un échantillon de 1.000 personnes, selon la méthode des quotas. 

Isabelle Ficek (Les Echos)