Julia Fischer, le violon en liberté

Comme l’émission avec Julia Fischer était enregistrée à l’avance, j’ai pu l’écouter tranquillement chez moi, tout en me préparant un sauté de lapin avec des champignons, des lardons, du concentré de tomates, du beaujolais nouveau, des carottes de sable et un bouquet garni. J’ai été charmé par sa personnalité et passionné par ses propos si intéressants sur le violon. En particulier lorsqu’elle a parlé du legato (à la main gauche !), du caractère trop sérieux des concerts d’aujourd’hui (un peu plus de Sarasate, et un peu moins d’intégrales Bach, s’il vous plaît !), du style des violonistes d’autrefois. Avec beaucoup de franchise, d’intelligence et de subtilité. N’ayant pas utilisé toute la bouteille de beaujolais pour le lapin, j’ai fini la bouteille en buvant ses paroles.
J’ai été particulièrement touché par le violon de Mischa Elman (qui connaît encore le nom de ce violoniste aujourd’hui ?) et par le jeu d’Artur Rubinstein dans la Ballade en sol majeur de Chopin. Si je n’avais pas peur d’être taxé d’immodestie et de parti-pris, je dirais que ce fut une émission magnifique. Félicitons surtout notre réalisateur Yann Lauvray qui s’est surpassé en rendant le tout très fluide et naturel.
J’en profite pour apostropher amicalement notre cher Roberto. Taxer d’inintéressant le programme de la plupart des invités me chagrine de la part d’un auditeur aussi fidèle. Il n’ a quand même pas que Beethoven et Brahms dans la vie ! Que Roberto n’aime pas Chostakovitch, c’est son droit, mais traiter aussi légèrement l’un des plus grands génies du XXe siècle m’étonne de la part de l’auteur éclairé d’une consciencieuse histoire de la musique sur son site.
Voici le programme de Julia Fischer :
1) Memory music: (madeleines)
Grieg piano concerto with Richter
Brahms violin sonata d-minor (Miltein/Horowitz)
Sibelius violin concerto with Oistrakh
+
2) Bach concerti and/or Paganini Caprice (Julia Fischer)
Chopin Ballade g minor
Carnaval des animaux by Saint-Saens
Et
Concerto n° 3 de Mozart (Bronislaw Huberman)
Mouvement lent du Concerto pour violon de Tchaïkovski (Mischa Elman)
Zigeunerweisen de Sarasate (Jascha Heifetz)