Jouir avec Dominique Hervieu

Pour cette merveilleuse danseuse et chorégraphe, associée à José Montalvo : « Danser, c’est jouir. » Mais pas jouir comme Don Giovanni, cruellement, égoïstement, non ! jouir comme Mozart : ensemble, les yeux dans les yeux, à l’écoute de l’autre.
Une autre phrase de Dominique Hervieu m’a frappé : « Plus on est soi-même, plus on peut être à l’écoute de l’autre. » Ce n’est pas un mélange par le bas, mais une intégration par le haut. Une danseuse africaine parle son langage avec son corps, un danseur de hip-hop développe sa propre virtuosité, une danseuse classique fait ses pointes, etc. Et chacun joue sa propre partition, avec les autres.
Aujourd’hui, on nous bassine avec le « modèle allemand ». Aurait-on honte de ce que nous sommes ? Au lieu de penser avec candeur à exporter nos valeurs ailleurs, à rayonner niaisement sur le monde, tâchons d’être nous-mêmes, fidèles à notre idéal, et nous n’en serons que mieux à l’écoute des autres.
On copie maladroitement le système américain, en oubliant au passage la rigueur anglo-saxonne qui va avec. C’est trop facile et trop enfantin.
Si Ravel avait voulu imiter le « modèle allemand », il aurait fait du mauvais Wagner. Non, il a écrit de la belle musique française, en restant fidèle à ses maîtres (Fauré, Chabrier, etc.), ce qui ne l’a pas empêché d’intégrer dans son langage le jazz, la musique tzigane, l’idiome espagnol, sans cesser d’être lui-même et d’écrire du Ravel. Soyons français, en évitant les pièges du nationalisme aveugle et stupide, mais aussi la sotte manie de nous dénigrer et de vouloir imiter les autres.
José Montalvo et Dominique Hervieu font une danse bigarrée, colorée, inventive, traversée de mille influences, mais dans un art qui reste profondément français, c’est-à-dire subtil, équilibré, clair, limpide et léger.
Voici son programme :

Vivaldi : Orlando furioso par Marylin Horne
Madeleines
– Valse triste op.44 de Sibelius
– Psyché Rock, Messe pour le temps présent, Pierre Henry &
Pierre Schaeffer
– « Les fesses », les Frères Jacques
Programme
« un aura amoroso », Cosi fan tutte par Topi Lehtippu
– « Red headed woman » de G. Gershwin/ in Porgy and Bess dirigé
par Sir Simon Rattle est édité par EMI music (2005).
– Les Indes Galantes, Rameau (passage non precisé)
– Concerto pour piano n°1, Rachmaninov – 1er mvt
– Valse masquerade d’Aram Khachaturian

Mélodies d’amour :
– « In paradisum », Requiem de Fauré
– « A logical song », Supertramp
– « Ruby my dear », Theolonius Monk