Jean-Yves Le Drian craint que « le monde d’après ressemble à celui d’avant, en pire » – La Revue de Presse de David Abiker

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, s’est ému dans les colonnes du Monde d’une possible « amplification des fractures » internationales et d’une « lutte entre les puissances » après la pandémie. A ce jeu, la France pourrait perdre, tant elle parait affaiblie économiquement.

 

La Chine « exploitera toutes nos faiblesses » anticipe Bruno Le Maire

L’Opinion prend l’exemple du secteur de la Chimie pour nous éclairer sur le ralentissement disparate de l’économie en Europe. Il fonctionne à 100 % en Allemagne, en Italie, au Royaume Uni et aux Etats-Unis. Mais à 80 % en France. Idem pour le fret, qui fonctionne à 100 % en Allemagne, à 90 % en Italie mais à 60 % en France.

 

à lire aussi

 

En fait, ce qui inquiète l’Opinion est résumé dans le dessin de KAK à la Une : Merkel, Trump et Macron sur la ligne de départ de la relance économique sont prêts à s’élancer, chacun sur son lit d’hôpital.

 

 

Et les différences de rythme de reprise en Asie, aux Etats-Unis et en Europe pourrait bouleverser l’ordre des puissances, a souligné mercredi dernier Bruno Le Maire à l’Assemblée nationale et a ajouté que la Chine en a parfaitement conscience et « exploitera toutes nos faiblesses dans ce domaine ».

 

Jean-Yves Le Drian partage le voeu d’un nouveau monde, sans y croire

L’on redoute que la 2e puissance du monde relance déjà son économie et n’opère des investissements dans les entreprises stratégiques européennes. Cela inquiète tant Jean-Yves Le Drian, habituellement taiseux, qu’il donne ce matin une interview au Monde.

 

à lire aussi

 

Le journal pose ainsi cette question au ministre des Affaires étrangères : Pékin essaie-t-il de prendre la place des Etats-Unis dans le concert des nations ? Voilà la réponse de Le Drian : « Je lis et j’entends que le monde d’après n’aurait rien à voir avec le monde d’avant. Je partage ce vœu, mais c’est de l’ordre de la prédiction ».

 

 

« Ma crainte est que le monde d’après ressemble furieusement à celui d’avant, mais en pire ». Et le ministre poursuit. « Nous assistons à une amplification des fractures qui minent l’ordre international depuis des années. La pandémie est la continuation par d’autres moyens de la lutte entre les puissances ».

 

David Abiker

 

Retrouvez l’actualité du Classique