Jean-Yves Clément au secours de Franz Liszt

Le pianiste Alfred Brendel a écrit quelque part que Liszt et Haydn étaient deux compositeurs mal aimés, mal compris du public parce que leur biographie laissait peu de place à la compassion.
Pourtant, en ce qui concerne Liszt, on n’a que l’embarras du choix : la mort de ses deux enfants, sa fille Cosima (l’épouse de Wagner) qui l’a laissé crever comme un chien, absorbée qu’elle était par la préparation du Festival de Bayreuth, et peut-être surtout les moqueries, voire le mépris, que sa musique a suscitées auprès des compositeurs qu’il avait défendu avec un désintéressement absolu : Chopin, Schumann, Berlioz, Wagner… Saint-Saëns fait figure d’exception.
L’autre raison tient à la diversité de son oeuvre. Liszt a inventé tant de formes, a adopté tant de styles qu’il donne le tournis. « Liszt, le malentendu tragique de l’Allemagne », a dit Richard Strauss qui a avoué sa dette envers le compositeur de Mazeppa. Heureusement, aujourd’hui, le disque lui rend largement justice, mais cette année du bicentenaire de sa naissance, et le beau livre de Jean-Yves Clément (Actes Sud / Classica) permettent de rappeler quel géant il demeure dans l’histoire de la musique et quel homme admirable il fut.
Voici son programme :

Madeleines de Liszt

Beethoven : 9ème symphonie – Ode à la joie (L. Bernstein)
Schubert/Liszt : Ständchen/Sérénade (B. Engerer)
Liszt : « Die Zelle in Nonnenwerth » pour violon et piano (CD Liszt-Smetana Trio Wanderer)

5 musiques

Liszt virtuose : Réminiscences de Norma (G. Belluci)
Liszt tzigane : Rhapsodie n° 10 (N. Freire)
Liszt littéraire : Lied « Cloches de Mahrling » (D. Fischer-Dieskau – Barenboim)
Liszt mystique : Christus – Stabat mater speciosa (CD 1 Pl 3) – (A. Dorati)
Liszt total : Sonate en si mineur (K. Zimerman)

Vie : Berlioz – Symphonie Fantastique, dernier mt (Songe d’une nuit de sabbat) (M. Tilson Thomas)
Amour : Wagner – Duo d’amour 2ème acte de Tristan et Iseult (L. Bernstein)
Mort : Chopin – Sonate funèbre 1er mt (E. Kissin)