Jean-Philippe Goude, very Goude !

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1. Rarement le programme d’un invité n’aura été à ce point le reflet fidèle de l’esthétique de l’artiste qu’il est. Je m’explique : le choix des musiques de chaque invité témoigne toujours de ses passions, de ses découvertes du moment, de l’état de ses connaissances musicales à l’instant I (comme on dit). Il révèle toujours des détails intéressants sur sa sensibilité, de ce qu’il est profondément (parfois de manière inconsciente), mais avec Jean-Philippe Goude, nous avons eu la chance de découvrir, de manière presque scientifique et sensible à la fois, la radiographie de son oreille interne, la coupe chirurgicale et émotionnelle de son cerveau musical.
Si Richard Wagner avait participé à l’émission (science-fiction radiophonique), on aurait trouvé de la même manière un mouvement d’une symphonie de Beethoven, une scène du Freischütz de Carl Maria von Weber, un air d’un opéra de Bellini, un poème symphonique de Liszt…
Le compositeur Jean-Philippe Goude nous a fait remonter le temps de son itinéraire musical, de ses obsessions auditives, de ses chocs fondamentaux dans le domaine de la musique classique. Dès lors, il paraît déplacé ou secondaire de dire si l’on a aimé ses choix ou pas. Ils sont l’incarnation sonore de ce qu’il est au fond de lui. On ne peut que le féliciter d’une telle sincérité et d’une telle lucidité sur lui-même, car il faut une belle dose d’humilité, finalement, pour accepter de dévoiler quels sont les grands chefs-d’oeuvre qui vous ont construit tout en sachant que, toute sa vie, on essaiera patiemment, désespérément, joyeusement, d’en approcher l’esprit et la forme, avec sa propre personnalité, ses contraintes, ses ambitions et ses limites. C’est aussi ce qui nous touche tant dans le rapport à la musique classique de Serge Gainsbourg. Rendez-vous ce soir avec son biographe Gilles Verlant.
Voici le programme de Jean-Philippe Goude :

Les 5 oeuvres classiques :
– John Adams : « Nixon in China » – Acte 1 Sc. 1 « News has A kind of mystery »
(version Sanford Sylvan, Carolann Page, etc…, Orchestra Of St. Luke’s
direction Edo De Waart)
– Johann Sebastian Bach : « Passion selon Saint Mathieu – « Ich will bei Dir
stehen » (version Paul Esswood, James Bowman, etc… Concentus Musicus,
Regensburg Cathedral Boys Choir, direction Nikolaus Harnoncourt)
– Béla Bartók : « Musique pour cordes, percussions et celesta » – 1er
mouvement « Andante tranquillo » (version Herbert Von Karajan – Berlin
Philharmonic Orchestra)
– Jean-Baptiste Lully : « Atys – Prologue. Ouverture » (version William
Christie et les Arts Florissants)
– Olivier Messiaen : « Quatuor pour la fin des temps – 5ème partie « Louange
à l’éternité de Jésus »

3 « madeleines » :
Philip Glass : Einstein on the Beach – Knee Play 2
Ludwig van Beethoven : « Symphonie n°5 en do mineur » « 1er mouvement –
Allegro con brio » (version Herbert Von Karajan – Berlin Philharmonic
Orchestra)
Penguin Cafe Orchestra : « Perpetuum mobile »

La vie :
Henry Purcell : « Ô Solitude » (version Alfred Deller)

L’amour :
John Bennet : « Venus’ Bird »

La mort :
Gabriel Fauré : « Requiem – In paradisium » (version Corboz)