Jean d’O oui ! Mc Do non !

Les années se suivent, les lustres s’empilent, et notre Jean d’Ormesson national reste fidèle à lui-même : fin, léger, piquant, gai, charmant. Il demeure un rempart fleuri aux donneurs de leçons et aux procureurs médiatiques pour qui le monde est blanc ou noir, rouge ou bleu, sans tenir compte de ses nuances.
Sa bienveillance naturelle n’est pas un manque de lucidité, sa bonne humeur n’est pas insoucieuse des tragédies de la vie. Et s’il reconnaît – suprême coquetterie – ne pas être à l’abri d’une certaine vanité, il pourrait ajouter comme Sacha Guitry : « Tous ceux qui se moquent de ma façon de dire Moi ne savent pas de quelle manière je dis Toi« .
Comme tous les hommes de lettres, il a surtout besoin de silence pour être à l’écoute de sa propre musique et avoue connaître moins Mozart que Châteaubriant, mais son oreille ignore le mauvais goût et il entre dans le monde des sons avec l’air émerveillé d’un moine qui regarde la taille d’une jolie fille en remerciant le Créateur d’avoir si bien fait les choses, même si, par choix ou par nature, il s’est interdit d’y goûter.
Voici son programme :
– Andante du 21° Concerto de Mozart
– Bach, Cantate du café
– Le Voyage d’hiver de Schubert

les madeleines :
– « Mamãe eu quero » de Jararaca-Vincente Paiva (chanson brésilienne)
– O Tannenbaum. (Chant de Noël, Allemagne)
– Edith Piaf : Les Amants d’un jour