Jean-Claude Kella, bandit de bonne volonté

Fallait-il inviter Jean-Claude Kella dans Passion Classique ? Qu’a-t-il fait d’admirable qui justifie cette exposition médiatique à part cambrioler des banques et faire vingt-cinq ans de prison ? Regrette-t-il sa vie ? Non. A-t-on cédé à la fascination pour la canaille ? Je pose la question avant qu’on ne me la pose. Pour moi, Jean-Claude Kella est intéressant sur le plan humain. Son destin fait partie de la vie. Il nous renvoie à des figures de la pègre tout droit sorties d’un roman d’Auguste Le Breton ou d’Albert Simonin. Sur un plan moral, il serait dangereux de le présenter en exemple, mais je doute que les auditeurs de Radio Classique aient envie de braquer des banques et profitent de la confession de Kella pour passer à l’acte. Il est intéressant (parfois drôle) d’entrer dans sa tête, de comprendre ses motivations, d’écouter le récit de sa vie. Dans l’anecdote de la pièce de dix francs, certains y retrouveront un parfum des Misérables, d’autres ne voudront pas se laisser prendre à ce romantisme trop facile. A chacun de réagir en fonction de sa sensibilité. Son programme musical reflétait assez bien le personnage dans son mélange de violence, de sentimentalité et de sincérité.
Le voici :

Classique :
– « Caruso » par Luciano Pavarotti et Lucio Dalla.
– La chevauchée des walkyries de R. Wagner
– « Con te partiro » par Andrea Bocelli et Sarah Brigthman.

Moderne :
– « Milord » par E. Piaf
– « My way » par F. Sinatra.
– « El Rey » par Vincente Fernandez