Islamistes et jeunes désœuvrés se lient pour « prendre le pouvoir », selon François Pupponi

François Pupponi était invité de la matinale de Guillaume Durand ce jeudi 13 février. L’ancien maire de Sarcelles a appelé à lutter contre « l’islamo-gauchisme » de La France Insoumise et contre « ceux qui veulent imposer la charia » en France. Il a aussi invité Emmanuel Macron à parler aux musulmans de France, « premières victimes de l’islam radical ».

 

Les islamistes et les jeunes désœuvrés sont « en train de se rapprocher pour prendre le pouvoir »

« On va vous tuer. Mort aux juifs ». A l’occasion de la sortie de son livre Les Emirats de la République (Cerf), l’ancien maire de Sarcelles François Pupponi, qui avait succédé à Dominique Strauss-Kahn à ce poste, a rappelé sur l’antenne de Radio Classique un épisode marquant de sa carrière. En juillet 2014, environ 1.000 personnes « essayent d’attaquer la synagogue » de Sarcelles, après une manifestation pro-palestinienne et lancent des cris antisémites. Ils s’en prennent finalement à des « commerces juifs et chaldéens » tandis que « ceux de la communauté musulmane sont épargnés ».

 

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Un symbole du séparatisme galopant dans cette ville de 60.000 habitants pour son ancien maire, qui y distingue deux types d’émeutiers. « Il y a ceux qui n’ont pas réussi et qui ont [la] haine de la France.  Et ceux qui sont proches de l’islam radical. Les deux sont en train de se rapprocher pour prendre le pouvoir », a-t-il affirmé. François Pupponi a aussi relevé de grandes réussites parmi les personnes issues de la diversité née à Sarcelles. Il a par exemple cité Riyad Mahrez, capitaine de l’équipe de football d’Algérie et joueur à Manchester City.

 

L’ex-maire de Sarcelles accuse La France Insoumise d’islamo-gauchisme

Mais « beaucoup de ceux qui ont réussi ne reviennent plus dans la ville », car ceux qui ont échoué « leur en veulent ». Au-delà du cas local de Sarcelles, François Pupponi a élargi sa vision de l’islam radical à l’ensemble de la France. « Ceux qui veulent imposer la charia […] sont des gens formés et qui ont des financements », explique-t-il. La question du financement qui est un « vrai sujet » pour le député du Val-d’Oise. « J’ai souvent alerté le préfet, je n’ai jamais eu de retour », a-t-il regretté, fustigeant le manque de transparence de l’Etat sur ces enquêtes ; Etat qui « estime qu’il ne doit en référer à personne ».

 

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Il s’est aussi attaqué, comme sa collègue à l’Assemblée nationale Brune Poirson hier, à La France Insoumise, dont il pointe les « contacts » avec l’islamisme. « J’avais contre moi aux dernières législatives Samy Debah, qui a crée le Collectif contre l’islamophobie en France, et dont on dit qu’il serait proche Frères musulmans ». François Pupponi, qui a rappelé que LFI « a soutenu » Samy Debah. « C’est ce que l’on appelle l’islamo-gauchisme », a-t-il taclé. « LFI n’avance pas masquée, elle ne se cache pas ».

 

Emmanuel Macron aurait dû lancer son plan contre le séparatisme « bien avant »

Il a ensuite pris un pari : « ils soutiendront [les islamistes] dans les municipalités où ils veulent gagner ». Concernant le plan contre le séparatisme, qui devrait être présenté la semaine prochaine par Emmanuel Macron selon les informations du Parisien, il « aurait dû [être] fait bien avant ». « Le président a raison de parler de séparatisme et pas de communautarisme, a-t-il souligné. Ce ne sont pas les communautés qui posent problème« , mais celles qui affirment que leurs lois sont supérieures à celles de la République.

 

 

Parallèlement, François Pupponi a cherché à distinguer les musulmans radicaux de « la quasi-totalité des musulmans de France [qui] vivent tranquillement ». Il a ainsi invité le président Emmanuel Macron à leur parler pour que « l’islam s’intègre à notre pays » tout en luttant contre l’islam radical. A ce sujet, il a conclu en regrettant à la fois « la naïveté », « l’angélisme » et « la complaisance » d’une partie des médias, comme le Bondy Blog, et celles de certains intellectuels de gauche qui ont défendu des « individus borderline » ayant « pris des positions antisémites ».

 

Nicolas Gomont

 

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