Immigration : Agnès Buzyn juge « indispensable » l’aide médicale d’Etat

Agnès Buzyn était l’invitée de Guillaume Durand ce jeudi 7 novembre 2019, à 8h15. La ministre des Solidarités et de la Santé nie toute « politique de soin attractive » en faveur des migrants et souhaite redonner confiance en l’aide médicale d’Etat.

 

Immigration : « L’A.M.E fait l’objet de plein de fantasmes »

« L’accès au soin des migrants fait l’objet de plein de fantasmes. Beaucoup pensent que l’immigration en France est liée au fait que notre politique de santé vis-vis des migrants est très attractive : c’est faux »  rappelle Agnès Buzyn. Après les annonces par l’exécutif d’un contrôle renforcé de l’accès à l’Aide médicale d’Etat , la ministre des Solidarités et de la Santé souhaite mieux lutter contre les abus, les fraudes et le dévoiement pour redonner confiance en l’Aide Médicale d’Etat qu’elle estime être un « droit humanitaire ». Alors qu’un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) pointe les dérives de cette prestation sociale, elle estime qu’il est « indispensable » de garder l’A.M.E pour des raisons « humanitaires », « médicales » et « financières » : « Plus on traite tard les gens et plus ça coûte cher. Réserver l’A.M.E aux soins urgents est une hérésie sur le plan médical ». Alors que certains membres de l’opposition dénonce le tourisme médical, Agnès Buzyn assure vouloir combattre les abus tout  en maintenant en l’état en terme de paniers de soins » l’aide médicale d’Etat. Elle explique que sa suppression conduirait à un afflux supplémentaire de malade vers les urgences, secteur en pleine crise.

 

Santé : « le malaise global de l’hôpital public français »

« Il y a clairement un malaise global dans l’hôpital public français » reconnait la ministre. Au moment où une partie du secteur est en grève pour obtenir notamment une revalorisation salariale, elle déclare qu’elle fera des annonces d’ici la fin du mois de novembre pour présenter un plan. La ministre dit en effet entendre « la nécessité de réinvestir dans l’hôpital public » notamment en revalorisant le salaire des débuts de carrière et de certaines « professions en tension ». Elle rappelle qu’elle est arrivée au gouvernement avec pour objectif de restructurer le système de santé pour sauver l’hôpital public. Il s’agit selon elle de faire en sorte que l’hôpital ne soit pas le seul à payer la contrainte financière pour que « la médecine libérale prenne en charge un certain nombre de malades chroniques qui n’ont pas vocation à être suivis à l’hôpital » explique-t-elle.

 

Arthur Barbaresi 

 

 

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