Henri Guaino « Fillon risque de mettre hors-jeu la droite »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Henri Guaino, député LR des Yvelines et candidat à l’élection présidentielle

Invité de Guillaume Durand

« Fillon risque de mettre hors-jeu la droite. »

Extraits :

A propos de Fillon

« Il est le seul à pouvoir décider de son retrait. Aucune procédure n’existe à cet effet. Son retrait rendrait service à tout le monde, d’abord à lui-même et sa famille et ensuite à sa famille politique car il risque de mettre hors-jeu la droite.»
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« On ne peut pas le débrancher. Lui seul peut le faire. S’il ne le fait pas, c’est la pression politique et psychologique qui conduira à son retrait. Indépendamment de la décision de justice, il y a les conséquences politiques de cette affaire. Et au regard du pouls de l’opinion, elles sont ravageuses. Il s’agit d’un contexte extrêmement délétère, celui du « tous pourris. »
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« Les complots en politique sont très rares, plus qu’on ne le croit. »
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« Le vrai sujet ce n’est pas le cas Fillon, mais les affaires de la France. Si on continue comme ça, il n’y aura pas de candidat de droite et nous aurons un face à face catastrophique Macron / Le Pen. »
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« On ne peut être battu aux primaires après en avoir accepté le principe puis prendre le second de la liste. Ils sont – perdants comme gagnants – prisonniers du résultat de ces primaires. Le plan B est une formule désastreuse. Juppé a refusé mais cela ne veut pas dire qu’il refuserait pour autant qu’on vienne le chercher. L’impression donnée de magouilles de parti n’est pas présentable aux Français. »
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« Le problème majeur de Fillon est qu’il ne peut actuellement plus faire campagne pour défendre son programme. »

A propos de la préférence nationale prévue par Marine Le Pen

« Ce n’est pas raisonnable. On ne peut interdire ou sanctionner tout emploi de ressortissants étrangers. La France ne peut être un pays fermé sur le monde. On a besoin des entreprises et de recruter de la main d’œuvre ailleurs. Mais en dépit du fait que cela soit déraisonnable, tout est faisable. Trump le démontre actuellement. »
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« Le gaullisme ça a été la Nation avant tout certes, maisDe Gaulle a également été celui qui a mis en œuvre le Traité de Rome. Il était pour une France ouverte, tourné vers le grand large. Je suis contre la religion du libre-échange mais il ne s’agit pas d’aller à l’exact opposé et de se renfermer. Il faut simplement se protéger et ne pas être naïf. Le libre-échange doit être limité et certains éléments de préférences nationales sont bons. »

A propos de sa candidature

« Le commencement des parrainages est dans quelques jours. Pour le moment on a que des promesses, sauf les grands partis qui bénéficient du verrou des investitures. »
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« Si je ne peux pas être candidat, si d’autres ne peuvent pas l’être, le débat démocratique va être amputé. On va se retrouver avec tout un pan du corps électoral qui ne sera pas représentée. Une partie votera Macron, une autre FN et une autre qui restera chez elle. Une immense partie du corps électoral ne voudrait pas avoir à choisir entre Macron et Le Pen. »