Hélène Grimaud, la musique dans l’instant

Mozart est un compositeur qui intimide les plus grands musiciens. Tant d’expression en si peu de notes. Lorsque son ami Dinu Lipatti était dans la salle, Clara Haskil (qui en était pourtant une immense interprète), retirait Mozart du programme et jouait plutôt Beethoven de peur de n’être pas à la hauteur.
Avec sagesse, Hélène Grimaud a attendu le moment où la vie l’a rapprochée de l’essentiel. Plus besoin de se cacher, de feindre, de biaiser quand la maladie vous a rappelé à votre simple condition d’humain. Or l’humanité chez Mozart s’exprime sans masque (comme l’a justement rappelé la pianiste), sans fard et sans pathos.
C’est peut-être pour cela qu’il plaît tant aux enfants et aux vieillards (comme le disait Artur Rubinstein) et aux animaux. Car la simplicité de Mozart est incompréhensible pour ceux qui ont l’esprit encombré de choses inutiles. Il faut retrouver son innocence, se délester de ce qui ne compte pas vraiment et accepter le lâcher-prise. Bienvenue dans le monde de l’instant présent.
Voici ses madeleines ; pour le programme, Hélène m’a laissé carte blanche :
Mozart : Requiem
Jean Ferrat : La Montagne
Georges Cziffra : Etude de Chopin
et
Concerto n° 19 de Mozart (Hélène Grimaud)
Divertimento KV 563
Symphonie n° 29