Hélène Grimaud, accessible étoile

 

1. Il y a peu d’interprètes classiques dont le dernier disque éveille un intérêt médiatique comparable à la sortie du nouveau livre d’Amélie Nothomb ou de Houellebecq. En opéra, il y a Cecilia Bartoli, qui réussit à créer un événement en chantant des oeuvres du passé autour d’un thème. Au piano, c’est Hélène Grimaud. En reliant plusieurs pièces apparemment disparates avec un fil mystérieux, qui semble sortir du sable mais que l’on devine continu en profondeur selon une évolution artistique et spirituelle souterraine, la pianiste attire l’attention au delà du noyau musical.

En vingt-cinq ans de carrière (vingt-cinq ans déjà), Hélène Grimaud aura provoqué autour de son activité la plus grande fascination et des réactions négatives récurrentes. Mais elle est toujours là, bien présente. Ceux qui ne voyaient en elle qu’un phénomène de mode passager en sont pour leurs frais. Petit à petit, elle a gagné le respect de ses pairs et la reconnaissance de sa singularité d’artiste.

Ceux qui la connaissent bien savent également qu’elle est une bonne camarade, jamais prise en défaut de critiquer un collègue, étrangère à tout sentiment d’envie ou de frustration.

2. Un poème humoristique pour participer à la conversation sur ce blog autour des toux intempestives en concert.

Les tousseurs de Cologne

se sont unis aux applaudisseurs de la ville

en une Société de la toux et de l’applaudissement

dont l’objectif avoué

est de faire valoir les droits

des auditeurs de concerts colonois

à la toux et aux applaudissements

La tentative d’artistes et organisateurs obtus

pour remettre en cause de tels privilèges

ne pouvait que donner le jour

à une association de défense

de la toux et des applaudissements

Les membres de la Société de la toux et de l’applaudissement

doivent avoir une connaissance très précise des morceaux de musique

afin d’applaudir immédiatement après les finales solennels

et de pouvoir tousser distinctement

pendant les passages silencieux

surtout dans le silence paralysant des pauses générales

Car la toux doit être bien audible

c’est la règle suprême de l’association

la cacher pudiquement

ou pire encore se torturer en réprimant un processus aussi naturel

vaudrait l’exclusion immédiate

Les toux en quintes ou en séries répétées

sont récompensées par la médaille du Tousse-fort

Le contact récemment établi par la STA colonoise

avec les éternueurs de New York

et les jeunes siffleurs de Francfort

permet les plus grands espoirs

y compris pour l’avenir

de la vie musicale à Cologne

Alfred Brendel : une aile blanche et l’autre noire (Christian Bourgois éditeur, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, 544 pages, 26 €)

Voici le programme d’Hélène Grimaud :

Hélène Grimaud : Mozart : Sonate n° 8 – 1er mvt

Madeleines

Beethoven Symphony no. 7, slow movement conducted by Karajan

. Ravel L’enfant et les Sortiléges (any recording)

. Prokofiev Peter and the Wolf (any recording)

Programme.

Shostakovich Symphony no. 15 conducted by Kurt Sanderling – 1er mvt

. Miles Davis on the album « Kind of Blue »

. Stravinsky Firebird conducted by Gergiev

. Mahler Symphony no. 1 – 1er mvt conducted by Leonard Bernstein

. Brahms Lieder und Gesänge op.32, no.1 with Quasthoff « In Der

Nacht »

Deux ou trois « mélodies d’amour » en lien avec une rencontre amoureuse

(musique de mariage, d’une rencontre, d’un amour disparu…).

Dichterliebe de Schumann either with Quasthoff or

Fischer-Dieskau

Secret Marriage, Sting (from « Nothing like the Sun »)

Enfin

Hélène Grimaud : Liszt : Sonate en si mineur (extrait)