Guy Carlier, haut les masques

« Je ne suis pas ce que l’on pense, je ne suis pas ce que l’on dit », chantait Yvonne Printemps. Maintenant qu’il prend le risque de faire payer pour qu’on l’écoute, Guy Carlier aimerait bien qu’on oublie toutes les vacheries qu’il a pu dire sur les uns et sur les autres. Sitôt qu’il est sorti de l’anonymat, il a fait la cour aux personnalités qu’il admirait et a descendu en flammes celles qu’il détestait, ulcéré qu’elles puissent encore occuper l’espace public qu’il avait mis si longtemps à conquérir, oubliant que si elles étaient encore présentes dans le coeur du public, c’est peut-être qu’elles avaient des qualités et une utilité.
Confondant souvent méchanceté et talent, selon une habitude bien parisienne, il rentrait ses crocs et regardait l’oeil humide et le poil lustré tous ceux qui pouvaient lui être utile dans la poursuite de sa carrière. Ni Julien Lepers ni Elisabeth Teissier étaient à même de lui permettre d’escalader les marches de la célébrité, sinon en les transformant en cibles faciles de son ironie aiguisée.
Sauf si l’on a le courage de s’attaquer à des mythes, comme fait Laurent Gerra par exemple avec une verve époustouflante, s’attaquer aux faibles ou tracer une ligne entre l’axe du chic (dans lequel on veut s’inclure évidemment) et l’axe du bête (dans lequel on tombe malgré soi, car la bétaillère est indissociable des feux de la rampe) m’a toujours paru suspect.
A ce propos, une anecdote irrésistible : un jour Thierry Ardisson dit à Jean-Luc Godard : « Je vous adore, c’est grâce à vous que je fais de la télévision. » Et le cinéaste du Mépris et de Pierrot le fou de répondre : « Si vous m’adoriez autant que ça, vous ne feriez pas de télévision. »
Cela étant dit, Guy Carlier est une personne charmante, un grand affectif et quelqu’un avec lequel on ne s’ennuie pas. S’il lit ces quelques lignes, j’espère qu’il en rira, car l’humour devrait aller théoriquement dans les deux sens.
Voici son programme :

4 oeuvres classiques :

1) suite pour violoncelle de Bach par Rostropovitch enregistrée à Vézelay
2) John Dowland au choix
3) Das Veilchen de Mozart
4) Requiem de Mozart

madeleines

1- Pierre et le Loup Prokoviev
2 – Ouverture de Coriolan Beethoven
3 ‘ Air de la reine de la nuit Mozart
4 – Mouvement lent de la 7ème de Beethoven