Grimaud, les yeux dans les cieux

Le charisme est un phénomène tout à fait inexplicable. Tout Radio Classique était, sans le montrer vraiment, dans un état d’excitation palpable car Hélène Grimaud était dans les locaux. Vous allez peut-être trouver cela totalement ridicule, mais la plupart des hommes et des femmes succombent à son charme. Cela n’a rien de répréhensible sauf que certains critiques perdent tout esprit de discernement lorsqu’elle joue du piano. Ils l’encensent dans une bouffée délirante et, la fois suivante, la descendent en flammes dans un remords. Comme tout le monde, Hélène Grimaud a ses bons et ses mauvais jours, mais c’est une artiste authentique, qui mérite le respect. L’amour, c’est autre chose. Cela ne se mérite pas. Cela se donne, sans compter, sans ratiociner, sinon ce n’est plus de l’amour. Hélène Grimaud en reçoit des caisses, d’amour. La boîte à mails a explosé durant l’émission. Des milliers de gens fantasment sur elle ou se confient à elle. L’une de ces personnes racontait même qu’elle était allée l’entendre en concert avec sa fille, la veille du jour où celle-ci s’est faite assassiner… Le succès ne la rend pas vaniteuse, capricieuse ou folle. Comme si elle se sentait protégée par la mission qu’elle s’est choisie : apporter la musique comme un accès à la transcendance et un allègement de la condition humaine. Evidemment, cela peut agacer des gens. « Mais qu’est-ce qu’elle a cette fille à la fin ! » Le succès ne s’analyse pas. Il se reçoit, s’accepte et s’assume. Mais le succès s’accompagne toujours d’une réaction, parfois très agressive, de la part de ceux qui en sont privés. C’est dans l’ordre des choses. Hélène ne s’en plaint pas, mais on la sent sur la défensive.  Je la connais depuis longtemps. La voir est toujours un moment de joie. Quand je venais l’interviewer autrefois, et que j’arrivais en fin de parcours, elle me glissait souvent : « Ah, le meilleur pour la fin ». J’ai toujours eu la faiblesse et la candeur de le croire… Pas que je l’étais, évidemment, mais qu’elle le pensait à ce moment là. 

Son programme

Brahms : 3e symphonie – 3e mvt 

Madeleines

Pierre et le loup (thème de Pierre)

Carnaval des animaux (aquarium)

Symphonie ° 5 de Beethoven – 1er mvt – par Karajan (1ère version DG)

Programme

Bach : Prélude et fugue n° 2 en ut mineur  Grimaud

Symphonie n° 7 de Beethoven – 4e mvt – Kleiber

Schubert : Voyage d’hiver – Quasthoff « Auf dem Flusse »

Bach : Concerto en ré mineur – 1er mvt – Grimaud

Chostakovitch : Symphonie n° 15 – 1er mvt – Sanderling

Valentin Silvestrov : Silent Song 

Voici maintenant la liste totale des oeuvres qu’elle m’a envoyée. Cela peut intéresser les nombreux fans d’Hélène.

Hélène Grimaud

List of favourite recordings

Brahms Symphony no. 3 conducted by Guilini

Shostakovich Symphony no. 15 conducted by Kurt Sanderling

Parsifal conducted by either Thielemann or Karajan

 “Live from Steinway Hall” – Cornelius Claudio Kreusch

we think this is available on Kreusch’s own label which is called CCK Music

Prokofiev Sonatas 6,7,8 performed by Richter

Schubert Winterreise performed by either Fiescher Dieskau or Thomas Quasthoff

Berg Sonata performed by Glenn Gould

Beethoven Symphony no. 7 conducted by Carlos Kleiber

John Coltrane on the album “My Favourite Thing”

Miles Davis on the album “Kind of Blue”

Rite of Spring conducted by Pierre Boulez

It would be fascinating to play this back to back with Fireworks conducted by Gergiev

Mahler Symphony no. 1 conducted by Leonard Bernstein

Mahler Symphony no. 4 conducted by Michael Tilson Thomas

Wing on Wing – Esa Pekka Salonen’s work composed for the opening of the new Disney Hall

Ravel Left hand concerto performed by Samson Francois