Grève : sur un plan économique, qui va le plus souffrir de ce mouvement social ? 

La liste des victimes est connue. Il y a déjà les entreprises de transport comme la SNCF et la RATP. Là, on a à la fois une perte de recettes, des cartes Navigo ou des abonnements qu’il va falloir en grande partie rembourser et il y a, au-delà des tensions internes qui peuvent laisser des traces, un vrai impact négatif sur l’image de marque.

 

Grève : un manque à gagner immédiat et à moyen terme pour Air France

Chez Air France, il n’y a quasiment pas de grévistes, mais le mouvement social chez les contrôleurs aériens affecte le trafic et là aussi, même si Air France n’est pas directement responsable, il y a un manque à gagner immédiat et à moyen terme car cela pèse sur les ventes et il y a un effet d’image désastreux. Les autres grands perdants se sont bien sûr tous les commerces.

 

 

Dans quelles proportions le commerce va être affecté ?

C’est difficile à chiffrer et il faut faire la distinction entre deux types de commerces. Il y a ceux qui souffrent aujourd’hui à cause des blocages et des clients qui ne peuvent pas venir et qui ne consommeront pas plus demain. Dans la restauration, les spectacles, l’hôtellerie… le chiffre d’affaires perdu en ce moment ne sera sans doute jamais rattrapé. On ne va pas aller deux fois plus au restau en janvier, parce qu’on sera moins sorti en décembre. Dans le commerce, tout va dépendre de la durée du mouvement social. Si le mouvement s’arrête assez vite, une bonne partie du chiffre d’affaires perdu sera rattrapé. Mais si les blocages persistent, il y a des ventes qui ne se feront jamais ou qui se feront via les plateformes digitales comme Amazon.

 

Est-ce que ce mouvement va peser sur la croissance française ?

Au niveau macroéconomique, l’impact sera sans doute faible. Les usines qui ont fait des stocks tournent, l’économie dématérialisée fonctionne, le télétravail permet de réduire la casse. En région on se déplace avec difficultés mais on se déplace. Par contre ce genre de mouvement peut avoir de vraies conséquences micro-économiques sur certains secteurs ou certaines entreprises. Les commerçants qui ont déjà raté Noël l’an dernier à cause des gilets jaunes ont beaucoup à perdre dans les 10-15 jours qui viennent. Pour eux, il ne faudrait pas que la grève s’éternise.

 

David Barroux

 

 

Plus d’articles sur le décryptage économique de David Barroux