Gilles Bernheim en réflexion

Grand rabbin de France, Gilles Bernheim nous a offert un moment d’une rare profondeur et un programme d’une beauté à couper le souffle.
Le hasard veut que la veille, en me rendant à la radio à pied, j’ai croisé deux jeunes qui criaient : « Vive la Palestine ! A mort Israël ! » C’était dit d’un ton joyeux, comme on crie : « Vive le PSG ! A bas l’OM ! » Si ces deux jeunes avaient été mieux informés, ils auraient dû crier : « Vive la Palestine ! Vive Israël ! A bas Washington qui ne respecte pas sa promesse d’accompagner le réveil de tous les peuples arabes ! »
A propos de la Palestine, Gilles Bernheim nous a parlé d’écoute de l’autre, de respect de sa culture. C’est écrit dans le texte des pères fondateurs de l’Etat d’Israël, mais loin d’être appliqué. Ce que fait Daniel Barenboïm pour rapprocher les deux peuples est admirable, mais loin d’être suffisant. Comment s’intéresser à la culture de l’autre quand son territoire est occupé, que les frontières sont ignorées, que le droit est bafoué et qu’on est considéré par l’autre comme un citoyen de seconde classe, voire un sous-homme, sinon pour chercher à le détruire ? C’est impossible ! Les Israéliens ont le droit de vivre en sécurité, mais ils ne le pourront que lorsque les Palestiniens auront leur Etat. Ce qu’un enfant de cinq ans peut comprendre, les gouvernements refusent de l’admettre.
Nous avons besoin de la pensée juive, comme de la pensée chrétienne, comme de la philosophie, comme de la poésie pour mieux comprendre le monde et enrichir notre vision de l’existence, mais nous avons aussi besoin de justice sans quoi les pensées les plus élevées se perdent dans le désert.
Voici le programme de Gilles Bernheim :

Ses quatre oeuvres musicales:
Mozart sonate en la K 526 pour piano et violon: adagio (Grumiaux / Haskil)
– Beethoven: 12ème quatuor: l’adagio
– Schubert: Voyage d’hiver – début Hans Hotter
– Schumann: sonate en fa dièse mineur (le début)

Ses trois madeleines:
– Mozart: concerto 23 – 2ème mouvement
– Liszt: 2ème rhapsodie hongroise (Cziffra)
– Schumann: l’Humoresque (Lupu)