Garouste est venu d’art d’art

Hier, je suis allé à l’Olympia applaudir Laurent Gerra. Formidable spectacle avec un orchestre de cuivres de premier ordre. Sketches hilarants, imitations au rasoir, très brillant. Comme Muriel Robin était à ma gauche, j’en ai profité pour lui renouveler mon invitation à l’émission. Malheureusement, je n’ai recueilli qu’une réponse fort peu engageante. A la fin, Roberto Alagna, Julie Depardieu, Laurent Korcia, Claude Lelouch, Bernard Giraudeau, Thomas Dutronc sont allés le féliciter. Pour ma part, je lui ai offert un disque de Friedrich Gulda jouant Bach (il était ravi !) pour l’encourager à venir dans L’Invité Classique. Réponse très encourageante !

En sortant, texto de Carole Bouquet, qui devait venir le lendemain. « J’ai honte, mais je ne suis vraiment pas prête pour parler musique. Je t’en prie, remplace moi. » Comment peut-on résister à un message pareil. J’ai tout de suite répondu qu’il n’y avait pas de problème, qu’on allait s’arranger. Par chance, j’avais enregistré le peintre Gérard Garouste, quinze jours auparavant. J’adore ce peintre et j’avais obtenu son numéro, je ne sais plus comment. Régulièrement, j’appelais et personne ne répondait jamais. Mais je continuais à appeler. Un jour, quelqu’un a décroché et a parlé d’un ton rogue. Surpris, j’ai balbutié un compliment improvisé et exposé ma requête. A ma grande surprise, il ne m’a pas raccroché au nez et nous avons même parlé musique. Trouver une date n’a pas été facile. Il a annulé le premier rendez-vous. Moi le deuxième. Finalement, on a trouvé un jour, un studio libre et deux micros. Je savais que Brigitte Engerer avait une passion pour Garouste. Par chance, elle était libre pour lui parler pendant l’émission. J’espère qu’ils vont se revoir ces deux-là.

Quand un grand pianiste annule un concert, on lui propose généralement le nom de celui qui va le remplacer. J’ai trouvé tout naturel de faire de même avec Carole : « J’ai trouvé Garouste pour te remplacer. Ça te va ? » Aussi sec, elle m’a répondu : « Merveilleux. Voilà un beau cadeau pour les auditeurs. Merci mon Olivier. Et pardonne moi encore, mais j’aurais été la cruche de la semaine et même de l’année ». Carole Bouquet est non seulement une artiste merveilleuse à qui l’on ne refuse rien, mais c’est aussi une femme incroyable qui ne perd jamais son sens de l’humour même dans les situations les plus critiques. 

Voici le programme de Gérard Garouste

Chopin : Nocturne op. 37 en sol majeur – A. Weissenberg

Madeleines

Jean Sablon : Rhum and Coca Cola

Programme

Partita en ré majeur – Courante – David Fray

Mozart Les Noces de Figaro : « Esci omai, garzon malnato (finale Acte II)

Monteverdi : Zefiro Torna

Kishori Amonkar

Charles Ives : three pages sonatas

Gavin Bryars : Jesu my blood

Chopin : Nocturne op. 62 en si majeur